Kronik Kultur #1

Au sommaire, de cette Kronik Kultur inaugurale: un film suédois, un bande-dessinée sur le zoroastrisme.

Cinéma: Eat, Sleep, Die/Gabriela Pichler (Suède)

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On pourrait se croire dans un film des frères Dardenne: on y est presque, mais sans la maîtrise des deux maîtres belges. Le speech: Raša, jeune suédoise d’origine musulmane, se retrouve du jour au lendemain au chômage après le plan social de l’usine de légumes où elle travaillait jusque là. Confrontée au chômage, Raša se démène pour retrouver un travail, confronté à la lenteur de la bureaucratie et à la discrimination à l’embauche.

Si l’on sent une envie de la réalisatrice, Gabriela Pichler, de bien faire, tout le problème est qu’elle se perd elle-même dans le récit qu’elle nous propose. L’on suit au départ avec intérêt les journées de travail pourtant vides de Raša, mais le film ne peut s’empêcher rapidement de tourner en rond.

Malgré tout, le jeu des acteurs, en grande partie amateurs, sonne juste. Leurs fatigues, leur ennui, leur déprime, leur incompréhension face à un service de l’emploi suédois dépassé par leur situation émeut. Les images, les cadres sont travaillés avec soin: de grandes rues désertes d’une petite ville suédoise, un parc d’attraction peuplé de dinosaures, une fête foraine quasi-surréaliste.

Gabriela Pichler n’arrive peut-être pas à dépasser son admiration pour les réalisateurs de Rosetta mais on sort de la salle obscure en se disant que l’on a tout de même assisté à une belle tranche de vie.

Bande dessinée: Ainsi se tut Zarathoustra, Nicolas Wild, Éditions Arte

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Amateur de « BD-Reportage », ce style apparu dans les années 1990 sous l’impulsion de Joe Sacco et qui connaît aujourd’hui un énorme engouement symbolisé par la consécration de Guy Delisle à Angoulême l’an dernier, ce nouvel opus de Nicolas Wild est fait pour vous.

Ainsi se tut Zarathoustra est le fruit d’une rencontre improbable: en 2007, de retour à Paris après un séjour en Afghanistan, Nicolas Wild fait la rencontre d’immigrés afghans lors d’une promenade sur les bords du canal Saint-Martin. De fil en aiguille, il se rapproche de Sophia Yazdani, la fille d’un brillant universitaire iranien zoroastrien assassiné à Genève en 2006.

Sur proposition de Sophia Yazdani, Nicolas Wild s’embarque pour un voyage en Iran afin d’inaugurer un centre culturel zoroastrien à Yazd. L’auteur nous passionnes en ce qu’il a le dont de croquer des situations du quotidien iranien qui disent beaucoup de la société actuelle, tels ces chauffeurs de taxi qui adoptent tous un point de vue différent sur la place de la France face au régime des mollah.

Mais, le plus intéressant sans doute, est la façon pédagogique de l’auteur de nous présenter les grands traits du zoroastrisme de manière synthétique et vivante, par des dessins que l’on ne peut s’empêcher de rattacher à l’oeuvre de Marjan Satrapi.

Ainsi se tut Zarathoustra est à la fois parfait pour une lecture d’été, sur une plage baignée par un soleil radieux que pour parfaire sa connaissance d’un pays remis sous le feu des projecteurs avec les récentes élections présidentielles.

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