Rêverie #1: Dias Logos

Un soir, l’orage guettant, deux êtres se confient.

Odilon

Lui: Tu le vois?

Elle (interloquée): Quoi?

Lui: Ce précipice dans la pénombre.

Elle: Non. Je ne vois que deux ombres inertes, immobiles.

Lui (décidé): Regardes bien.

Elle: Écoutes, je te promet que d’ici, je ne sens que le crépuscule s’appesantir.

Lui: Une lueur te fais pourtant face, brève mais accessible si tu cherches à la cerner.

Elle: Je ne te comprends plus.

Lui (gêné): Pourquoi?

Elle: Hier, tu es revenu essoufflé de la forêt. Enivré par je ne sais quelle plante, tu m’as délivré un discours aussi décousu qu’aujourd’hui. Je sens comme un barrage, un mur entre nos deux paroles.

Lui: Essaie de me comprendre.

Elle: Comprendre quoi? Ta parole n’est plus qu’un bruit sourd envahissant un espace vide de son et de sens. Je te sens. Distant.

Lui: Je suis pourtant tout proche.

Elle: Là, c’est toi qui ne me comprends pas. Je n’évoque pas une distance physique mais bien existentielle. Ta parole te terre dans l’oubli, le déni de l’autre. Ton être n’est plus que le seul centre de ta réflexion.

Lui (inquisiteur): Tu insinue de ma part une propension exagérée à une certaine forme de narcissisme?

Elle (tout en lenteur): En un certain sens, oui.

Lui: merci, tu signes mon arrêt de mort.

Il est face à elle, lui demandes de fixer ce point à l’horizon. Elle, ne voit pas. Elle ne voit que l’ombre de deux êtres. Pourtant, il insiste. Elle sent venir une nuit pâle et blême et ne saisit plus ce qu’il lui dit. Lui, ne doute pas un instant de la clarté de son propos. Elle lui rappel son incompréhension face à ses propos à son retour de voyage. Il tente de l’amener à cerner ses dires. Échec. Elle, ne distingue plus sa parole de son environnement sonore, éprouve une sensation d’éloignement face à un être chéri. Lui, ne le ressent pas. Elle, lui reproche son intérêt propre, détruisant une faible lueur d’altruisme. Lui, comprends le reproche et le lui fait répéter. Elle, réitère. Lui, ne s’en remet pas.

Un Homme voit une chose qu’une Femme ne voit pas

L’Homme le lui reproche

La Femme ne comprend pas

Une étrangeté secoue une vie inerte

Et c’est tout un désir qui se voue à la perte

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