Kronik Kultur #2

Au sommaire de cette deuxième Kronik Kultur: un film israélien, « Le Congrès » d’Ari Folman; une bande-dessinée française, « Freud », de Corinne Maier et Anne Simon.

Cinéma: Le Congrès/Ari Folman (Israël/États-Unis)

Le congrès

Après Valse avec Bachir, qui avait agité la Croisette et retenu l’attention des critiques en 2008, le réalisateur israélien Ari Folman revient cet été avec Le Congrès, bien loin du massacre de Sabra et Chatila évoqué dans son précédent long-métrage mais avec la constance d’un rapport à la mémoire quasi-obsessionnel.

Ici, Robin Wright joue Robin Wright, choix éminemment symbolique du réalisateur . Le studio Miramount lui propose d’être scannée afin de créer un alias qui pourra librement être utilisé dans les studios. Le deal: pendant vingt ans, l’actrice accepte de disparaître de toute production cinématographique afin de laisser la place à son alias. Ce temps écoulé, Robin Wright est invitée au congrès Miramount-Nagasaki, dans un monde non réel mais rêvé, aux allures de trip au LSD.

Si certains critiques considèrent le découpage du film entre prises de vue réelles et animation peu naturelle, il apparaît pourtant légitime. La première partie du film s’attache au choix de Robin Wright d’accepter ou non d’être scanner, c’est-à-dire de renoncer à sa vie d’actrice, à sa liberté, au contrôle de sa propre personne, comme si elle tombait dans une schizophrénie où elle n’avait plus de prise avec elle-même. La seconde se penche sur une femme vieillissante dans un monde fictif, où les Hommes ne vivent plus dans le réel mais dans un jeu, un jeu de rôle: situation perverse pour une actrice privée de son métier.

Mais, ce qui constitue le liant du film avec Valse avec Bachir, c’est bien cette obsession de la mémoire. Au départ, Robin vit dans le souvenir de sa gloire passée. À la fin, elle regarde évoluer son double, lui façonner une image d’elle-même toute autre, recréant en parallèle sa propre histoire.

Le congrès est un film dense, parfois brouillon, ce qui pourra déplaire à certain. Mais  l’esthétique et la réflexion proposée nous font sortir  de la salle obscure une ribambelle de questions en tête. Là est sans doute l’enjeu du cinéma: nous faire réfléchir.

Bande-dessinée: Freud, Corinne Maier&Anne Simon, Dargaud, France

Freud

Proposer une biographie de Sigmund Freud en bande-dessinée, pape de la psychanalyse, récemment remis sous le feu des projecteur par la médiatique Michel Onfray, est le challenge relevé par Corinne Maier et Anne Simon, à qui l’on doit un premier essai autour de Karl Marx.

Les deux auteurs nous proposent de découvrir les principales étapes de la vie de ce juif de Vienne, de ses premiers travaux à la constitution d’une véritable école de pensée autour de lui. La bande-dessinée se distingue par un dessin soigné, riche des symboles inhérents à la psychanalyse et à Freud lui-même. Abordant les cas les plus célèbre du docteur viennois, de la théorisation de l’Oedipe à Anna O, les auteurs ont le mérite de vulgariser des idées que le format de l’ouvrage permet d’aborder plus facilement.

Avant de se lancer dans la découverte de la bibliographie freudienne et des mystères de la psychanalyse, cette bande-dessinée permet d’aborder sereinement ce personnage si controversé de la pensée actuelle.

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