Madiba, les journalistes et la nécrologie

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Qui dit quatre-vingt quinzième anniversaire avec rumeurs intempestives de mort imminente  dit remue-ménage médiatique: la célébration du nonagénaire le plus connu d’Afrique du Sud prend des allures de scoop de l’été. Où la tentation de la nécrologie n’est jamais très loin.

Twitter est un drôle d’endroit: un monde à part entière dirons nous. De la fin du mois de juin à aujourd’hui, il n’a pas été rare de croiser des tweets de journalistes ou de simples twittos annonçant une quelconque évolution de l’état de santé de Nelson Mandela. À chaque fois une même rengaine: la préparation de la nécrologie de l’icône sud-africaine. « Tiens, Bernard #Guetta nous a déjà pondu la nécrologie de Nelson #Mandela Comme ça, c’est fait » pouvait ainsi twitter le journaliste Jérôme Godefroy le 27 juin dernier.

Couvrir l’actualité, le rôle du journaliste

Pour autant, on ne pourrait reprocher aux journalistes,dont l’objectif est de nous rapporter l’actualité, de se préparer à toute éventualité, notamment celle de la mort d’une personnalité politique à rayonnement mondial. Ainsi, à la mort de Margaret Thatcher début avril, la couverture médiatique de l’évènement avait permis un réexamen à posteriori de sa politique, aux britanniques de se pencher sur une partie de leur passé. Pourtant, dans le cas de Madiba, la presse se divise: le 12 juin dernier, le quotidien sud-africain « The Daily Maverick » pouvait titrer « Mandela: les journalistes, des vautours? ».

Le cas Mandela, révélateur de l’accélération de l’information

En sous-main, la situation médiatique due à l’état stationnaire du chef de file de la contestation de l’Apartheid démontre un autre marqueur du « journalisme 2.0 », qui rejoint la logique des chaînes d’information en continu, une constante accélération du rythme de l’information. Quand les journalistes de l’âge de pierre ne pouvaient compter sur le travail de l’AFP, le fil d’actualité que représente Twitter nourrit la sphère médiatique tel de véritables dépêches. Mais, avec la rapidité, il n’est pas rare de voir fleurir rumeurs et démentis: ainsi, la mort de Madiba a pu être annoncé à plusieurs reprises sur le réseau social à l’oiseau bleu.

Nécrologie, éloge, hommage

Institution du « Monde », la nécro’, pour les intimes, est un sport journalistique un peu particulier: Il s’agit de résumer une vie en un article qui tienne dans l’édition-papier ou numérique du journal. Si certains versent dans le dénie de l’héritage de la personnalité décrite, d’autre au contraire se lancent dans une apologie où tout l’art est de donner une cohérence à un parcours de vie qui n’en a peut-être pas. Dans le cas de Mandela, le travail sera simple: une icône aimée de tous ne peut être rangée que dans le Panthéon des grands de ce monde. À l’opposé d’une « Dame de Fer » un peu rouillée.

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