Notre-Dame des Landes, nouveau Larzac?

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L’actualité, ses stars d’un temps, ses éditions spéciales, ses oublis. Notre-Dame des Landes est de ceux-là: symbole de l’opposition à Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, au début du mandat de François Hollande, sa couverture médiatique s’effrite petit à petit quand la contestation reste indemne. Alors, le rapprochement peut-il être fait entre le lieu des premières heures de militantisme de José Bové et celui où les écologistes tentent actuellement de se donner une seconde jeunesse?

1963, un projet d’aéroport est envisagé à Nantes dans le cadre d’un plan national de décentralisation. Cinq ans plus tard, la préfecture de Loire-Atlantique propose le site de Notre-Dames des Landes pour sa situation géographique stratégique. 1971-1981, le plateau du Larzac, au Sud du massif central, devient le centre de gravité d’une contestation paysanne et ouvrière touchant l’extension d’un camp militaire, défendue par le gouvernement de Valérie Giscard d’Estaing. L’arrivée au pouvoir de François Mitterand met un terme au projet.

Mouvements de protestation collective

« On veut du silence et du temps on veut sortir à la lumière, on veut cultiver nos enfants et on veut cultiver nos terres; Notre-Dame des Landes de terre, Notre-Dame des chemins de long; Notre-dame des oiseaux de terre, notre-dame des livres et des sons » nous chantent Erwan Hamon et Janick Martin, musiciens bretons, dans « Notre-Dame des oiseaux de fer », sorte d’hymne, de « chant des partisans » des opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes: avec les évocations seventies du Larzac, la contestation bretonne a pour similarité de faire émerger un mouvement collectif de protestation qui ne trouve pas ses résonances seulement chez les individus directement concernés (agriculteurs, habitants,…) mais sur un panel plus large de la population, considérant les changements proposés par les pouvoirs publics comme illégitimes.

Un monde désidéologisé

À la différence des années 1970 pendant lesquelles s’est déroulée la protestation du Larzac, l’opposition au projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes peut être qualifiée d’apolitique. En effet, la présence médiatique d’Europe Écologie Les Verts (EELV) lors des différents rassemblements et chaînes, la venue de José Bové ou d’Eva Joly, le militantisme qui émerge là-bas ne peut être catégorisé. D’une part, le projet émane d’un gouvernement socialiste face à des protestataires qui peuvent aussi être de gauche, d’autre part, différentes voix se font entendre, d’opposition ou de soutien, à gauche comme à droite. Pour le Larzac, le constat est proche: malgré la présence de syndicats et de partis politique, le mouvement s’est agrégé à lui une population diverse. Néanmoins, les années post soixante-huitarde était encore bercées d’idéaux que nous avons sans-doute aujourd’hui perdu.

François Hollande, dans les pas de Mitterrand?

Si l’issue du Larzac fut heureuse pour les protestataires, celle de Notre-Dame des Landes est plus incertaine. En cause, Jean-Marc Ayrault, principal promoteur du projet, est aujourd’hui premier-ministre. Mais, la situation est plus complexe qu’elle n’en paraît: François hollande doit se faire à la présence des écologistes au sein du gouvernement, dont l’opposition à l’aéroport est officielle et actée. Avec la montée en puissance de la protestation à l’automne dernier, le premier-ministre s’est vu dans l’obligation d’annoncer un report de la mise en place du chantier: il revient maintenant à François Hollande de choisir ou non la voie de l’apaisement.

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