Dernières nouvelles de Syrie

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Entre des propos xénophobes envers les gens du voyage, un déraillement de train et un accouchement royal, elle est la grande oubliée de cette été: la Syrie, cette terre déchirée par une terrible guerre civile depuis maintenant plus de deux ans. En plein mois de Ramadan, les combats entre rebelles et forces pro-Assad continuent. Retour sur les derniers évènements du « pays des alaouites ».

« Depuis le début du conflit, plus de 100 000 personnes ont été tuées et des millions ont été déplacées ou ont dû se réfugier dans les pays frontaliers » a affirmé cette semaine Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU, lors d’une conférence de presse à New-York. Le chiffre fait froid dans le dos alors qu’aucune solution politique ne semble envisagée et que Bachar el-Assad persiste à vouloir garder les rênes du pouvoirs. Lors d’un entretien avec John Kerry, secrétaire d’État américain, Ban Ki Moon a par ailleurs réaffirmée son opposition à toute mise en place d’une force militaire onusienne en Syrie.

L’avenir de l’opposition syrienne

Une critique récurrente de la couverture médiatique du conflit syrien par les médias occidentaux est leur reprise systématique des chiffres et données proposées par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) et son fondateur Rami Abdel Rahmane. Pourtant, il demeure l’une des seules sources indépendantes d’information en Syrie. Alors, dans ce contexte, quel avenir pour l’opposition syrienne, accusée tour à tour d’être un nid d’islamiste ou pro-occidentale?

Début août, la Coalition Nationale Syrienne, organe représentatif de l’opposition syrienne doit se réunir à Istanbul. Son but: mettre en place un gouvernement provisoire qui puisse peser dans les négociations internationales, afin d' »ôter la légitimité de Bachar el-Assad » pour reprendre les termes de Suheir Atassi, vice-présidente de la Coalition. Auparavant, Ahmed Jarba, président de la Coalition s’est rendu cette semaine à Paris  pour rencontrer François Hollande, l’occasion d’inciter la France à livrer des armes aux rebelles syriens.

Livraison d’arme, Russie et ingérence

Les armes, point de dissension dans les négociations autour de la Syrie. En effet, depuis le début du conflit, la solution de la livraison de la livraison d’armes n’a jamais pu être mise en place du fait du veto de la Russie, membre permanente du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Dans le même temps, les parlementaires américains serait en train d’aller dans le sens de la proposition de Barack Obama visant à fournir une aide militaire aux rebelles syriens, après la confirmation de l’utilisation par les forces pro-régime de gaz chimiques.

Malgré un intense lobbying de la France et de la Grande-Bretagne pour le vote d’une résolution prévoyant la livraison d’armes aux rebelles syriens à l’ONU au printemps dernier, les chances de voir une telle décision se concrétiser s’amenuisent. Après l’épisode libyen qui avait vu Nicolas Sarkozy obtenir la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, la France poursuit sa stratégie d’ingérence militaire. Face à cela, il semble bon de citer Rony Brauman, membre-fondateur de Médecins Sans Frontières, qui commentait ainsi la position française en mars dernier: « On a le choix qu’entre le pire et le moins pire. La question est : quel est le moins pire? (…) Donc, est-ce que l’on livre des armes pour plus de violence ou, au contraire, pour parvenir à contenir la violence? ».

La question des armes chimiques

Barack Obama a toujours employé l’expression de « fil rouge » pour définir l’emploi d’armes chimiques en Syrie. Mais, pourtant, malgré l’existence de preuves de l’utilisation de gaz sarin depuis le mois de décembre, Washington ne s’est pas empressé de le reconnaître ni d’envisager des sanctions à l’égard du régime syrien, alors que des soupçons pèsent aussi sur les rebelles.

Mercredi dernier, des experts mandatés par l’ONU sont arrivées à Damas afin d’obtenir des responsables politiques syriens l’accès à tout le territoire pour trancher si oui ou non il y a bien eu usage de gaz chimiques dans le conflit. «En réponse à une invitation du gouvernement syrien, Mme Kane et M. Sellstrom sont arrivés en Syrie pour une visite officielle de deux jours au cours de laquelle ils rencontreront des hauts responsables syriens» a affirmé à l’AFP Khaled al-Masri, conseiller de l’ONU en Syrie. Néanmoins, leur mission risque d’être hardue: le régime souhaite que les experts ne se penchent que sur un incident mettant en cause les rebelles près d’Alep dans le Nord du pays. La situation de la Syrie reste donc actuellement au point  mort : la diplomatie se consume, les morts se succèdent.

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