Où va l’Égypte?

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Printemps arabe, révolution, place Tahrir, des mots que l’inconscient associe facilement à l’Égypte. Deux ans et demi après la chute d’Hosni Moubarak, qu’en est-il de ce pays divisé depuis un demi-siècle entre pouvoir civil et pouvoir militaire? Une mise au point s’impose.

Le 24 juin 2012, Mohamed Morsi, un civil, est élu à la présidence de la république égyptienne face à Ahmed Chafik, un militaire.  Le 3 juillet dernier Mohamed Morsi est déchu de ses fonctions par un coup d’état militaire faisant suite à un nouvel épisode de soulèvement populaire. À l’heure actuelle, Morsi est maintenu en détention par l’armée égyptienne. Réagissant à ces derniers évènements, John Kerry, secrétaire d’État américain a affirmé hier que l’armée égyptienne avait agit dans le but de sauvegarder la démocratie: « Des millions et des millions de gens ont demandé à l’armée d’intervenir. Tous avaient peur d’une descente dans le chaos et la violence (…). L’armée n’a pas pris le pouvoir, d’après ce que nous pouvons en juger jusqu’à présent. Pour conduire le pays, il y a un gouvernement civil. En fait, elle rétablissait la démocratie. »

Méfiance pour Paris et Bruxelles

À côté de l’enthousiasme des États-Unis, la France et l’Union-Européenne sont plus nuancées. Le 29 juillet dernier, Catherine Ashton, vice-présidente de la commission européenne, a pu rencontrer durant quelques heures le président déchu Mohamed Morsi. « J’ai pu avoir avec lui une discussion  amicale mais franche. Il va bien, il a accès à la télévision et aux journaux » a-t-elle affirmé à l’issue de sa rencontre. Dès le 17 juillet, elle avait appelé à une libération immédiate de l’ancien président.

La France a une position plus tranchée. Mardi dernier, Laurent Fabius, ministres des affaires étrangères français a qualifié Mohamed Morsi de « prisonnier politique », appelant par la même l’armée égyptienne à laisser le pouvoir politique à une gouvernance civile. « Il faut revenir vers un cheminement démocratique et refuser la violence. On n’obtiendra rien par des affrontements entre l’armée et les Frères musulmans » a-t-il ajouté.

Reprise des manifestations

Aujourd’hui, des manifestations pro-Morsi ont eu lieu au Caire, donnant lieu à des échauffourées avec la police, cette dernière répliquant par des jets de gaz lacrymogènes. Dans le même temps, des militants des Frères Musulmans campent sur la place Rabaa al-Adawiya depuis bientôt plus d’un mois. Redoutant un retour du chaos en Égypte, les États-Unis ont annoncé la visite surprise au Caire de William Burns, secrétaire d’État adjoint. Preuve que les manifestations ont de l’impact, plus de 250 personnes ont été tuées depuis le début du mois de juillet.

Une démocratie en danger

Alors que l’intérim de la présidence égyptienne est actuellement assurée par Adly Mansour, ancien président de la Cour Constitutionnelle, le pouvoir militaire, s’il promet la tenue prochaines d’élections présidentielles et législatives, n’a toujours pas annoncé de date définitive. L’Égypte est donc actuellement dans l’impasse, dans un no man’s land puisque la constitution est suspendue de manière temporaire. C’est maintenant vers la rue que les regards se tourne, cette rue qui fait et défait les pouvoirs, malheureusement souvent instrumentalisée par les partis politiques.

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