Le « people », valeur-refuge d’une télévision en panne de concept

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Pour parler cuisine, construire un abris de jardin, partir en mission humanitaire à l’autre bout du monde, ils sont souvent de la partie. Les « people », nom utilisé pour qualifier des individus ayant un semblant de notoriété, sont aujourd’hui un argument de vente largement utilisé par les chaînes de télévision pour promouvoir le lancement de nouveaux programmes. Fléau? Utiles? Enquête.

À y voir de plus près de plus près difficile de se faire un avis tranché sur la question. La présences de « people », de personnalités au sein d’une émission de télévision n’est pas à elle seule un signe d’inintérêt du concept. En revanche, lorsque celui-ci ne se justifie qu’avec la présence de célébrités qui y participent, la réponse est claire.

« Splash, le grand plongeon », où comment toucher le fond

Un cas est particulièrement représentatif du vide sidéral qui anime ce type d’émissions: « Splash, le grand plongeon ». Diffusé par TF1 depuis février 2013, présenté par la journaliste Estelle Denis, le principe est simple: faire participer des célébrités à une compétition dont le but est de réaliser le meilleur plongeon face à un jury de professionnels. Ce que l’on peut voir comme une parfaite déclinaison de « Danse avec les stars », diffusé par la même chaîne, s’attire rapidement les critiques de la presse et des internautes. Les principaux reproches sont les suivants: des célébrités sorties de nulle part (Sheryfa Luna ou Jean-Luc Lahaye pour ne citer qu’eux), un concept repris de la télévision suédoise (« Celebrity Splash »). Si « Libération » n’hésite pas à qualifier l’émission de « bouse subaquatique », Patrick Poivre d’Arvor affirme: « Quand je pense qu’on était il y a encore quelques années avec Ushuaïa, on est maintenant dans Splash !, là, vraiment, on a fait un grand plouf, une grande dégringolade et encore plus si c’était possible ».

Le « people », vecteur d’intérêt

Alors, le « people », cache-misère? Rien n’est moins sûr. Dans certains cas, il peut permettre de mettre en lumière qui ne pourrait l’être sans son aide. En témoigne le concept de l’émission « Rendez-vous en terre inconnue » diffusée sur France 2 et présenté par le journaliste Frederic Lopez: si l’on peut critiquer la bien-pensance de l’ensemble, l’émission a la mérite, au travers d’un voyage proposé à une personnalité, de mettre en lumière un peuple peu habitué aux prime-time d’une chaîne de télévision française. Ainsi, depuis la première saison de l’émission, ont pu être présentés les nénètses de Sibérie, les Raïka du Rajhastan ou encore les Dogons du Mali.

Un compromis possible

La « voie de la rédemption » est sans doute à chercher à proximité de l’émission de Frédéric Lopez: un concept mixant la présente attrayante de personnalités et un vrai sujet de fond. Mais pour cela, il faut une réelle volonté des entreprises de l’audiovisuel et ce n’est pas gagné. En effet, actuellement, les chaînes préfèrent racheter des concepts d’émissions ayant fait leur preuve à l’étranger comme c’est le cas pour le « Splash » de TF1. Dans un contexte où la réticence envers la création est à son comble, c’est sans-doute à la télévision publique de montrer l’exemple, ce qu’a déjà commencé à faire France 4 avec « TV Lab » qui propose à des jeunes de lancer leurs propres pilotes d’émissions. À coup sûr, l’avenir de l’audiovisuel est à chercher là: un mix de pop’ et de culture.

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