revue de presse #8: Le chaos égyptien vu d’ailleurs

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  • Liban: « Égypte, vers une dissolution des Frères Musulmans? », L’Orient Le Jour

Le Premier ministre de transition égyptien, Hazem Beblawi, a proposé de dissoudre la confrérie des Frères musulmans, a déclaré samedi un porte-parole du gouvernement cité par l’agence Reuters.

M. Beblawi a soumis cette proposition au ministre des Affaires sociales, dont relève l’encadrement des activités des organisations non-gouvernementales, a précisé Chérif Chaouki. « Elle est actuellement à l’étude », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a d’ailleurs assuré qu’il n’y aurait « pas de réconciliation avec ceux qui ont du sang sur les mains et ont violé la loi », alors que les autorités multiplient les accusations de « terrorisme » à l’encontre des Frères musulmans, la confrérie du président déchu Mohamed Morsi.

Parallèlement, les autorités égyptiennes ont assuré que les islamistes n’ayant pas commis de violences pourraient participer à la transition dans le pays. « Quiconque, issu ou non des Frères musulmans, voulant rejoindre la marche pacifique des Égyptiens vers le futur est le bienvenu », a déclaré Moustapha Higazy, conseiller du président par intérim Adly Mansour.

  • Russie: « Égypte: un photographe de Ria Novosti agressé au Caire », Ria Novosti

Un correspondant photo de l’agence RIA Novosti s’est fait agresser samedi soir par des opposants du président égyptien déchu Mohamed Morsi près de la mosquée Al-Fath, au Caire, où il était en mission.

« J’étais en train de prendre des photos près de la mosquée Al-Fath où étaient bloqués des partisans des Frères musulmans. Des opposants des islamistes (des anti-Morsi), des soldats et des policiers étaient rassemblés devant la mosquée. Du coup, des anti-Morsi se sont jetés sur moi pour me faire passer au tabac », raconte le photographe Andreï Stenine.

Les soldats de la garde nationale sont venus en aide. Ils ont évacué le correspondant à bord d’un véhicule blindé, pour l’emmener à une base militaire.A l’heure actuelle, M.Stenine est dans sa chambre d’hôtel et se porte bien.

Les alentours de la mosquée Al-Fath ont été vendredi le théâtre des affrontements sanglants opposant l’armée aux partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi. Les tensions sont montées lorsque les islamistes ont tenté d’organiser la marche du million. D’après le bilan officiel, les troubles du 16 août ont coûté la vie à 173 personnes à travers le pays. Un millier d’islamistes ont été arrêtés.

  • Algérie: « L’avenir incertain ou le pire scénario », El Watan

«L’armée est en train de nous débarrasser de la confrérie des Frères musulmans et si elle échoue, nous le ferons.» Ces mots sont d’un jeune Egyptien d’une vingtaine d’années, qui se tenait à quelques mètres des forces de police à la place Ramsès au moment de son évacuation ; il résume en une phrase le chaos qui règne en Egypte. A l’heure actuelle, la police a évacué la mosquée Al Fath où s’étaient retranchés des pro-Morsi. De nombreux échanges de tirs ont eu lieu entre la police égyptienne et des membres des Frères musulmans. La place était saturée de gaz lacrymogènes. Les sortants ont été roués de coups par la foule qui attendait en face de la mosquée et apportait son soutien aux forces de l’ordre dans ce qu’ils appellent «la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme».Si la rage populaire est à son maximum à l’encontre des manifestants, elle n’est pas des moindres envers les journalistes. Couvrir l’actualité en Egypte est devenu pratiquement une impasse entre arrestations, confiscations de matériel et intimidations. Patrick Kingsley, correspondant du Guardian en Egypte, a été arrêté hier matin et emmené au poste de police d’Al Azbekaya.

Il explique, sur son compte Twitter, avoir reçu l’ordre de rentrer dans son pays.  Joint par téléphone par El Watan, Mahmoud El Sobky, traducteur cairote ayant travaillé avec plusieurs chaînes de télévision étrangères, confie : «J’ai essayé, en début d’après-midi, d’avancer vers la mosquée quand un groupe est venu vers moi en me criant ‘bande de menteurs, vous, les médias occidentaux, racontez des mensonges’. Tout d’un coup, ils m’ont poussé vers les forces de l’ordre. Ils ont tenté de confisquer ma caméra et mon ordinateur portable, je me suis défendu du mieux que je pouvais avant d’être secouru par des habitants du quartier qui m’ont demandé de quitter les lieux.» Les autorités égyptiennes ont clairement accusé les journalistes d’avoir un parti pris dans la couverture des événements et qu’ils ont contribué à la victimisation de la confrérie des Frères musulmans et la diabolisation de l’armée. «Pourquoi ils ne couvrent pas les événements et les attaques contre les églises coptes ?» s’insurge un policier, qui ajoute : «Pourquoi ils ne parlent pas des victimes policiers ou militaires ? Ces médias ont des agendas, ils sont payés pour salir notre image !»  Il est désormais difficile de circuler en tant journaliste, étranger ou encore barbu. Les histoires d’intimidation sont multiples et se ressemblent.  «Les médias ont complètement mis de côté les horreurs commises par la confrérie et surtout ignoré la volonté du peuple égyptien de mettre fin à ce régime fasciste», a déclaré la Présidence lors d’une conférence de presse hier au Caire.

  • Chine: « L’Égypte examinera toutes ses aides étrangères face aux critiques internationales », Xinhua

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmy, a annoncé dimanche qu’il a demandé un compte rendu objectif et responsable toute l’aide étrangère dont le pays a bénéficié. M. Fahmy a exprimé ces propos lors d’une conférence de presse télévisée tenue au moment où surgissent certaines critiques et pressions internationales sur l’évolution de la situation en Egypte.

« Je ne pense pas que l’aide étrangère soit une ingérence dans les affaires intérieures », a affirmé M. Fahmy, ajoutant que l’Egypte était reconnaissante pour toute aide et coopération internationales.Néanmoins, le chef de la diplomatie égyptienne a annoncé qu’il avait ordonné au ministère des Affaires étrangères de passer en revue l’aide fournie à l’Egypte afin de déterminer « si elle est utile, ou si elle constitue un moyen de pression ».

« Les efforts internationaux sont les bienvenus, mais la sécurité nationale relève des affaires intérieures », a-t-il souligné, avant de réaffirmer que l’Egypte restait ouverte à la communauté internationale tout en s’oppose à toute polarisation à des fins politiques. En outre, le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a appelé tous les organes de presse à être neutres, professionnels et à offrir une couverture équilibrée dans les reportages sur les incidents en Egypte.

  • Afrique: « Égypte: petits arrangements avec la révolution », Jeune Afrique

S´il est une qualité dont les nouvelles autorités égyptiennes ne semblent pas dépourvues pour le moment, c´est l´efficacité. Il faut dire qu´elles n´ont guère le choix. Moins de deux semaines après la destitution du président Mohamed Morsi, le 3 juillet, le pays s´est doté d´un président par intérim désigné par l´armée, Adly Mansour, d´une déclaration constitutionnelle détaillant les étapes de la transition à venir, et d´un gouvernement de technocrates qui a prêté serment le 16 juillet. Quatre jours plus tard, lors de son premier entretien à la télévision publique, le Premier ministre, Hazem al-Beblawi, ne manquait pas de souligner : « Ce gouvernement a la plus dangereuse des missions, il doit conduire le pays d´un ancien à un nouveau régime. »

Certains n´ont toutefois pas manqué de faire remarquer que plusieurs personnalités, parmi ses 33 ministres, étaient liées au régime de Hosni Moubarak, notamment la ministre de l´Information, Dorreya Sharaf Eddine, qui faisait partie du bureau politique du Parti national démocratique (dissous en avril 2011) du dictateur déchu, ou encore le ministre des Finances, Ahmed Galal, proche de Gamal Moubarak, l´un des fils de l´ancien président. Le parti salafiste Al-Nour estime quant à lui que le nouveau gouvernement réitère les erreurs commises par Mohamed Morsi et ses Frères, en ce qu´il est « totalement biaisé » au profit d´une seule formation politique : le Front du salut national (FSN). Principale coalition des partis libéraux et de gauche, le FSN est dirigé par des chefs de file de l´opposition, tel que l´ancien chef de l´Agence internationale de l´énergie atomique Mohamed el-Baradei.

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