Revue de presse #8: la tragédie syrienne vue d’ailleurs

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  • Algérie: « Washington examine les options d’une intervention en Syrie », El Watan

Les Américains seraient-ils tentés d’intervenir militairement en Syrie ? C’est en tout cas un des périlleux scénarios mis sur le tableau de guerre du président Barack Obama. Le président américain, qui a convoqué, hier, une réunion du Conseil de la sécurité nationale à la Maison-Blanche, a examiné d’éventuelles options militaires contre la Syrie, si les accusations d’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar Al Assad étaient avérées. Après une première réunion jeudi dernier à la Maison-Blanche, le président Obama a de nouveau convoqué «son équipe de sécurité nationale ce matin (samedi) pour discuter des allégations d’attaque aux armes chimiques par le gouvernement syrien en Syrie, plus tôt cette semaine», a indiqué un responsable de la Maison-Blanche cité par le Washington Post.

Barack Obama avait ordonné à ses services de renseignement de «regrouper faits et preuves afin de déterminer ce qui s’est passé en Syrie dans la journée de mercredi» où pas moins de 1300 personnes ont été tuées dans un massacre imputé au régime de Damas. «Une fois que nous aurons vérifié tous les faits, le Président prendra une décision avisée sur la manière d’y répondre», a indiqué le responsable américain, rapporte Washington Post. D’après lui, Barack Obama dispose «d’une palette d’options sur la table. Nous allons agir de façon réfléchie afin de prendre des décisions en accord avec nos intérêts nationaux ainsi qu’avec notre évaluation de ce qui peut faire avancer nos objectifs en Syrie», a-t-il ajouté.

  • Russie: « Syrie/attaques chimiques: Moscou soupçonne une provocation », Ria Novosti

Moscou estime que les informations faisant état de la récente utilisation d’armes chimiques en Syrie pourraient constituer une action préméditée et revêtir un caractère provocateur, a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch. « On voit apparaître de plus en plus de témoignages attestant que cet acte criminel revêt les traits d’une provocation », lit-on dans la déclaration.

« Selon des messages circulant sur Internet, des documents consacrés à cet incident et rejetant la responsabilité sur les troupes gouvernementales ont été mis en ligne quelques heures avant l’attaque présumée », a poursuivi M. Loukachevitch. »Il s’agit donc d’une action projetée à l’avance », a constaté le diplomate.

Il a vivement critiqué les appels à faire pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU pour le contraindre à décider d’un recours à la force contre la Syrie. »Nous jugeons inadmissibles les appels émanant de certaines capitales européennes à exercer une pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU pour l’amener à adopter dès maintenant la décision d’employer la force armée », a conclu le porte-parole de la diplomatie russe.

  • Chine: « La Chine s’oppose fermement à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie », Xinhua

La Chine a déclaré vendredi qu’elle était résolument opposée à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. »La position chinoise est claire. Peu importe quelle partie a recours à des armes chimiques, la Chine s’y oppose résolument », a souligné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei, invité à commenter la probable utilisation d’armes chimiques par les forces militaires syriennes près de Damas et la position de la Chine concernant l’ouverture d’une enquête de l’ONU.

Hong Lei a fait savoir que la Chine soutenait la décision du secrétariat de l’ONU de mener une enquête indépendante, objective, impartiale et professionnelle sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques conformément aux résolutions relatives des Nations unies.L’équipe de l’ONU chargée d’enquêter sur l’utilisation des armes chimiques est arrivée en Syrie et la Chine espère qu’elle mènera d’étroites consultations avec le gouvernement syrien afin d’assurer le bon déroulement de l’enquête, a indiqué le porte-parole, notant que les parties devaient éviter de tirer des conclusions avant que l’enquête ne soit achevée.

« La situation actuelle montre une nouvelle fois l’importance et l’urgence d’une solution politique à la crise syrienne. La Chine appelle toutes les parties concernées à unir leurs efforts pour organiser la conférence de Genève II sur la Syrie le plus rapidement possible et lancer un processus politique inclusif de transition », a-t-il déclaré.

  • Liban: « Le chiffre insensé: un million d’enfants réfugiés… », L’Orient Le Jour

Le nombre d’enfants contraints à fuir la Syrie a franchi hier le cap du million, soit la moitié du nombre total de réfugiés syriens chassés de leur pays par la guerre civile, déclarent l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) et le HCR (Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés). En effet, sur les deux millions de réfugiés syriens recensés par le HCR, un million ont moins de 18 ans, dont 740 000 ont moins de 11 ans. Deux millions d’autres jeunes Syriens restés dans le pays n’ont plus de toit et sont souvent attaqués ou recrutés comme combattants en violation des lois humanitaires, soulignent encore les deux agences des Nations unies, accusant la communauté internationale de n’être pas parvenue à protéger toute une génération .

En attendant, un nouveau bateau transportant 140 migrants qui ont déclaré venir de Syrie et d’Égypte est arrivé hier en Sicile, ont indiqué les gardes-côtes et les médias italiens. Dans ce groupe d’immigrés clandestins se trouvaient 29 femmes et 31 mineurs. L’embarcation en bois en mauvais état, d’une quinzaine de mètres de long, a été interceptée par une vedette des garde-côtes au large de Syracuse.

  • Afrique: « Syrie: le grand malaise maghrébin », Jeune Afrique

De l’Orient à l’Occident, le cauchemar syrien, monstrueux avatar d’un rêve de liberté, déchire les consciences et déchaîne les passions. La fragile unanimité des sociétés arabes, révélée par la magie des révolutions de 2011, est en train de voler en éclats sur la dernière d’entre elles. En Afrique du Nord, la question confronte les anciens régimes toujours en place (Soudan, Algérie et Mauritanie) aux gouvernements issus des révolutions (Égypte, Tunisie, Libye), dresse les défenseurs de la laïcité contre les partisans de l’islam politique, divise les gauches et radicalise les engagements, les uns dénonçant un fantasmatique complot impérialiste pendant que d’autres prennent les armes pour aller défendre la foi en danger…

La Ligue arabe, hier club atone pour autocrates vermoulus, s’est soudain muée en terrain de lutte entre anciens et modernes. « Arrêtez de défendre la Syrie, parce que votre tour viendra », lançait, menaçant, le Premier ministre qatari, Hamad Ibn Jassem, au représentant de l’Algérie, qui refuse de reconnaître l’opposition syrienne comme représentante légitime du peuple. Mais comment l’immuable État-FLN pourrait-il soutenir une révolution sans se condamner lui-même ? Pour Alger, le Damas des Assad reste le phare de la résistance arabe au sionisme et à l’impérialisme occidental, et le dernier bastion séculier du Moyen-Orient contre la contagion islamiste.

« Complot ! » a répliqué l’Algérien au parrain qatari du Printemps arabe. Car beaucoup, au Maghreb, ne voient plus dans la crise syrienne une révolution nationale, mais une guerre sale pour les autres, où Turcs, Iraniens, Saoudiens, Américains, Russes se disputeraient à l’arme lourde le contrôle du Moyen-Orient. Victime d’un « axe wahhabo-takfiro-occidentalo-sioniste » pour les gauches panarabes anti-impérialistes, Assad est pour leurs adversaires islamistes le chien de garde de l’alliance chiite qui s’étend de Téhéran aux fiefs libanais du Hezbollah. Du Caire à Nouakchott, les adversaires les plus farouches de l’islam politique ont fini par faire leur le combat d’Assad contre une insurrection aux teintes jihadistes de plus en plus prononcées.

  • États-Unis: « Les prisons syriennes, un mélange explosif de chaos et de contrôle », The New-York Times

Ahmed Hamadeh a passé un an dans une prison de la banlieue de Damas. Un jour, les gardes l’ont enchaîné avec ses codétenus, les faisant défiler à un poste de contrôle militaire périphérique, leur ordonnant de creuser des tranchées pour les soldats.  Pour Ahmed Hamadeh,  le gouvernement aurait «perdu la tête», du fait de l’exercice d’une violence arbitraire.

Il précise que des groupes de cinq prisonniers sont restés enchaînés, même pour dormir  et satisfaire leurs besoins. Les plus épuisés ont été fusillés. M. Hamadeh, qui avait été ramassé à un point de contrôle pour les grandes manifestations antigouvernementales, affirme qu’il a été obligé de ramasser des corps sans vie.

Affaibli par un régime de coquilles d’œufs, d’écorces de melon d’eau et deux maigres morceaux de pain quotidien, il a attendu pendant 12 jours avant qu’un gardien l’avertisse qu’il serait le prochain sur la liste. Le lendemain, en pleine nuit de Ramadan, lorsque les prières sont soupçonnés avoir une force spéciale, M. Hamadeh et ses quatre codétenus utilisent pelles et  roches pour briser leurs chaînes avant de s’enfuir. Quelques jours plus tard, il se retrouvent de nouveau dans des manifestations et considèrent leur évasion comme « un miracle. »

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