sommes-nous vraiment libres sur les réseaux sociaux?

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Drôle d’impression. Ce matin, j’ouvre ma page Facebook, souhaitant modifier certaines parties de mon profil. Et là, c’est le drame: le réseau social de Marc Zuckerberg m’invite à lui indiquer tout un tas d’information concernant plusieurs de mes « amis »: Telle personne est-elle scolarisée à Science-Po? Telle autre a-t-elle bien eu son bac en 2008? Loin de moi l’idée de verser dans la psychose d’un « Big Brother » américain. Néanmoins, l’anecdote a le mérite de réveiller en moi un certain esprit-critique s’agissant de l’usage des réseaux sociaux. Alors, y sommes-nous vraiment libre? Analyse.

Il y eut un soir, il y eut un matin: internet fut créer. Sa spécificité: un espace numérique sans frontière révolutionnant nos pratiques, nos échanges, notre communication. Sur internet, au départ, pas de règles préétablies: pour certains, on peut y voir une espèce de jungle, pour d’autres un énorme espace de liberté. Alors, quand récemment émergent le modèle dit des « réseaux sociaux », la donne change. On passe d’une zone sans contrôles à un espace cadré, où les échanges se limitent au cadre de la « communauté virtuelle », que ce soit d’abord les messageries instantanées (Yahoo, MSN,…), avant d’être reléguées au second plan par les géants Facebook et Twitter.

« Règlements intérieurs » 

Contrairement à l’internet, les réseaux sociaux imposent leur règle du jeu. Lorsque vous souhaitez vous inscrire sur Facebook, la firme de la Silicon Valley vous oblige à signer ses propres consignes, dont peu prennent le temps de les lire du fait de leur caractère souvent incompréhensible et surtout, qui ne cessent d’évoluer. Il y a quelques jours, c’était Linkedin qui m’informait d’un changement de ses règles de confidentialité, me priant bien sûr de les accepter sur le moment.

C’est là que le bas blesse: les fameuses chartes de confidentialité. On sait depuis bien longtemps que Facebook gèle les premières informations que nous lui fournissons lors de notre inscription sur le site sans pouvoir s’y opposer puisque nous l’acceptons de fait en nous y inscrivant. Depuis sa création, le réseau social de Marc Zuckerberg n’a eu cesse de complexifier un maximum sa politique de confidentialité. Si Facebook présente les évolutions successives de ses fonctionnalités comme un moyen pour l’utilisateur de gérer au mieux sa vie privée, il ne cesse en réalité de brouiller les pistes. Vous voulez supprimer votre identification sur une photographie postée par un amie? Avant vous pouviez le faire en vous rendant directement sur la photo. Maintenant, une fonctionnalité spécifique a été créée pour ce type d’action: tout un programme.

Communauté versus liberté ?

Pour les universitaires Andreas Kaplan et Michael Haenlein, les réseaux sociaux se définissent comme « un groupe d’applications en ligne qui se fondent sur la philosophie et la technologie du net et permettent la création et l’échange du contenu généré par les utilisateurs ». Philosophie du net disent-ils? Celle-ci ne serait-elle pas plutôt basée sur le principe de liberté inhérent à l’anarchie primale de l’internet?

De fait, même si les réseaux sociaux demeurent une communauté d’individualités qu’essaient de cacher la présence d' »amis » virtuels, ils se démarquent de l’internet par la présence de règles spécifiques, mais aussi d’un cadre limitant l’espace de l’échange. Quand l’internet n’a de limite que les serveurs sur lesquels elle se construit, les réseaux sociaux imposent d’intégrer la communauté et de ne pas en sortir pour construire ses échanges.

Une question d’usage

Encore une fois, lorsque l’on aborde la question du numérique, il ne faut pas oublier que derrière les machines, il y a des Hommes. Ainsi, les réseaux sociaux à eux seuls ne peuvent être totalement condamnés pour leur absence de liberté, tout étant question d’usage. À chacun d’être conscient de ce qu’il publie sur Facebook, de ne pas divulguer des informations que l’on souhaite voir rester confidentielles. Malgré tout, lorsque les réseaux sociaux empiètent sur nos libertés fondamentales, ceci doit être fermement combattu. Comme le rappelle si souvent le pédopsychiatre Serge Tisseron: tout est question d’éducation au numérique.

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