Kronik Kultur #13

Au programme de cette treizième Kronik Kultur, une série qui décape le monde américain de la pub des années 1960, un clarinettiste qui réveille en nous des joies psychédéliques. 

  • Série: Mad Men, les États-Unis et ses publicitaires

MM

Non, non, votre chroniqueur n’est pas à côté de la plaque. Bien sûr, Mad Men est une série américaine à succès qui a maintenant quelques années derrières elle. L’époque où les réseaux sociaux faisait le buzz autour d’elle est sans-doute désormais révolue, laissant la place au phénomène Game of Throne  (qui sera comme il se doit l’objet d’une prochaine Kronik Kultur). Néanmoins, votre chroniqueur ne la découvre que maintenant, et il faut dire qu’il est accroc.

Créée en 2007 par Matthew Weiner, Mad Men narre les péripéties de Sterling Cooper, agence de communication new-yorkaise au beau milieu des années 1950. On y suit à la fois l’évolution des communiquants (masculins) et celui des employées (féminines). La série entremêle avec une grande aisance petite histoire et grande histoire: on se retrouve aussi bien à suivre la préparation de la campagne de Kennedy que les doutes et remises en question du héros, j’ai nommé le charismatique Don Draper.

Tel La Fontaine dans ses fables quelques siècles plus tôt, Matthew Weiner trouve en Mad Men de délivrer une critique acerbe de la société américaine contemporaine. En premier lieu: la place de la femme. En effet, celles-ci sont reléguées dans la série dans le rôle de séductrices dont le seul espoir de connaître une évolution au sein de l’agence est de coucher avec un des communiquants. Seul le couple formé par Don et Betty Draper  incarne une certaine forme de modernité. On trouve aussi, dans le désordre, l’évocation du racisme, le rapport des États-Unis à Israël, la place de la psychanalyse. Mad Men est donc une série qui donne à réflechir en se projettant quelques décennies en arrière. Utile par les temps qui courent.

  • Musique: Yom, « The Empire of love », Klezmer sous ecstasy

The empire of love

On l’attendait depuis quelques-mois déjà. Il nous avait fait patienter avec la sortie d’un single de trois titres au printemps dernier. Lundi, est sorti le nouvel album de Yom, clarinettiste Klezmer, cette musique juive d’Europe de l’Est qui connaît aujourd’hui un certain renouveau, au nom pour le moins « Bisounours »: « The empire of love ». Alors qu’avec « With love », Yom explorait les affres d’une clarinette rock, il nous offre ici un klezmer littéralement sous ecstasy.

Première impression: l’ensemble a une bonne tenue. Yom, Guillaume de son vrai nom, nous délivre ici des mélodies entêtantes, la partie électro des compositions étant judicieusement équilibrée. Signalons au passage que la même équipe est aux manettes de ce nouvel album: Manuel Peskine aux claviers, Sylvain Daniel à la basse et le chronométrique Emiliano Turi à la batterie.

Mais, si les arrangements sont soignés, une légère déception pointe le bout de son nez: Yom se répète. Pour qui le suit depuis plusieurs années, ceci pouvait amplement se prévoir. Dans ses diverses formations sont souvent utilisés les mêmes motifs rythmiques, l’usage magistral de la respiration continue ou encore des mélodies simples et entêtantes. Malheureusement, le clarinettiste a dû mal a sortir de son inspiration de départ pour nous amener vers quelque chose de réellement différent de ce qui a pu nous enivrer sur « With Love ». En témoigne la présence majoritaire de morceaux courts sur cet album, ne dépassant pas le maximum de 5 minutes. Un seul souhait pour cet artiste que l’on aime: qu’il réussisse à se renouveller. En attendant un seul conseil: courrez le voir en live, c’est autre chose!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s