La stratégie du bouc-émissaire

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Triste semaine. Toujours les mêmes rengaines. On aimeraient qu’ils changent de disque mais il doit être rayé. En 1843, Karl Marx écrivait « La question juive »: aujourd’hui on parle de question Rrom. On me rétorquera: c’est la crise monsieur, les gens ont peur, il faut bien qu’ils s’en prennent à quelqu’un. Objet fétiche des dictateurs en mal d’autorité, pourquoi revient-il cycliquement sur le devant de la scène? Analyse de la stratégie du néant, j’ai nommé le bouc-émissaire.

Oui néant. Le mot n’est pas là par hasard: lorsque le Politique n’a plus de vision pour son pays, il fait intervenir la stratégie si bien nommée. Au fond, qu’est ce que trouver un bouc-émissaire? En quelque sorte cristalliser une problématique globale autour d’une catégorie spécifique de la population. Plutôt que de prendre le taureau par les cornes, de proposer de grandes lignes de réformes, on préfère s’attarder sur de faux problèmes, créés de toute pièce.

20000 contre plus de 60 millions. Le chiffre parle pour lui-même: comment les Rroms migrants peuvent-ils aujourd’hui concentrer l’attention des médias et du politique? En lançant une petite phrase assassine, Manuel Valls a lancé le bal d’un débat de café du commerce. Surtout, une menace pèse: voir la campagne des élections municipales de 2014 être dominée par le sujet. On ne pourrait rêver de pire.

Trompe l’oeil?

Lâche. La stratégie du bouc-émissaire est lâche: on agite une menace pour en cacher une autre. Alors que le chômage des jeunes et des plus de 50 ans atteint des chiffres-records, que le premier CDI se décroche maintenant en moyenne à 29 ans, certains pensent bon de nous abreuver d’un mélange qui fleure bon les heures sombres de l’Europe.

L’Europe d’ailleurs. Heureusement qu’elle est là: à chaque fois que le gouvernement français se prend à remettre en cause la liberté de circulation, l’Union-Europénne est là pour le remettre à sa place. «Si je ne me trompe pas, il y a de l’élection dans l’air en France. À chaque fois qu’on ne veut pas parler de choses importantes comme le budget ou les dettes, on trouve les Roms.» a justement affirmé Viviane Reding, vice-présidente de la Comission Européenne, provoquant l’ire des députés français, de gauche comme de droite.

Épouvantail

Il y a les Rroms, il y a l’Islam. Alors que ces thématiques étaient jusqu’à récemment la chasse gardée du FN, on constate aujourd’hui un populisme trans-parti. Faut-il s’en inquiéter? Il y a de quoi. Voir un gouvernement de gauche tomber à ce point dans la discrimination d’une population donnée est problématique. Qui peut donc maintenant se présenter comme le porte-drapeau de la défense de nos libertés fondamentales? Un doute s’installe.

Alors, Manuel, toi ce fils d’immigré, fait moi plaisir, reprend tes esprits. Ce n’est pas en draguant l’électorat frontiste que la gauche s’imposera aux futures municipales. Même Nicolas, ton modèle, n’était pas allé aussi loin en son temps: c’est dire. Saches d’avance une chose: je ne voterai pas pour toi en 2017, quoiqu’il arrive. Reprends-toi, fait le pour un gouvernement qui, s’il n’a pas de projet pour la France, a tout de même fait passer une réforme sociétale de premier plan. Sinon, tire-toi.

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