Revue de presse #13: l’enfer de la Centrafrique

Centrafrique

  • Russie: « Situation en Centrafrique: Moscou tire la sonnette d’alarme », 25 septembre 2013, Ria Novosti

La Russie est préoccupée par la situation en République centrafricaine (RCA), a indiqué à RIA Novosti Mikhaïl Marguelov, représentant spécial du président russe pour l’Afrique et chef de la Commission des Affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement). »C’est un Etat en décomposition dirigé par les chefs de guerre de la coalition amorphe Séléka. On est en présence d’une militarisation vertigineuse et d’une +somalisation+ du pays », a déclaré le sénateur russe.

Et d’ajouter que les violences se multipliaient et revêtaient un caractère interconfessionnel, risquant de déborder les frontières de la RCA.M.Marguelov a participé mercredi à New York à une réunion de haut niveau consacrée à la catastrophe humanitaire en Centrafrique, déclarant que Moscou partageait les évaluation.

Livrée à des bandes armées qui terrorisent la population, la Centrafrique s’enfonce dans une spirale sans fin de violences sous les yeux d’un pouvoir impuissant qui place désormais ses espoirs dans l’Onu. 1,6 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, a besoin d’une aide humanitaire d’urgence, selon les Nations unies. Plus de 270.000 personnes ont été déplacées ou se sont réfugiées dans les pays voisins. La situation dans le pays risque d’échapper à tout contrôle.

  • Chine: « Centrafrique: 6 morts et 2000 sinistrés suite à des inondations à Birao », 26 septembre 2013, Xinhua

Des inondations causées par la montée des eaux de la rivière Yata depuis août ont fait 6 morts et dévasté plus d’une centaine d’hectares des cultures vivrières à Birao et ses environs, à quelque 1.078 km de Bangui dans l’Extrême-Nord de la République centrafricaine, ont confié à Xinhua des habitants de la ville. »La situation est difficile. On assiste à la destruction des champs et la mort du bétail. Nous sommes inquiets de ce changement brusque de climat et ses conséquences sur l’agriculture, l’élevage et la santé », a dit Bernard Zacharia, chef d’équipe des réponses aux catastrophes à la Croix-Rouge centrafricaine joint au téléphone depuis Bangui.

« La saison pluvieuse est intervenue tard en juillet. Accueillie par la population, elle est devenue une source de malheur », a t-il indiqué.Pour l’instant, les autorités de Birao, une ville enclavée où il n’y a pas d’accès par route bitumée, n’ont pas encore évalué les dégâts des inondations. Selon M. Zacharia, 27.000 habitants vivent dans cette région qui abrite un site pétrolier en exploration. Sur un rayon de 7 km, les premières évaluations de son équipe font état de 2.000 personnes sinistrées et environ 200 hectares dévastés.

« J’ai perdu mon champ de sorgho et de sésame. C’est le seul revenu qui me permet de vivre. Chaque année, nous ravitaillons les zones diamantifères de la préfecture voisine de la Haute-Kotto et Bangui », selon Michel Bangue, habitant de Birao.Pour Hamadou Hamidou, volontaire de la Croix-Rouge centrafricaine, la situation à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, est « du jamais vu depuis 32 ans ».

  • Liban: « La Centrafrique s’enfonce dans la violence », 15 août 2013, L’Orient le Jour

Près de cinq mois après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles du Séléka, la Centrafrique s’enfonce dans la peur et la crise humanitaire, amenant le Conseil de sécurité de l’ONU à examiner hier d’éventuelles condamnations contre des membres de l’ex-rébellion. Un rapport qui doit être discuté par le Conseil de sécurité dénonce ainsi « un nombre croissant d’exactions et d’incidents attribués à des éléments incontrôlés du Séléka » : pillages, cambriolages, agressions sexuelles, « meurtres ciblés » et enrôlement d’enfants soldats. Le rapport fustige également « l’impunité dont bénéficient largement les responsables de violences », ce qui a conduit le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à demander au Conseil d’« envisager les options appropriées, y compris l’adoption de sanctions ou la mise en place d’un comité d’experts.

De hauts responsables de l’ONU ont donc demandé hier à la communauté internationale de se mobiliser pour éviter que le pays ne devienne un “État failli”, selon les termes de la responsable des opérations humanitaires Valerie Amos ». D’autant que l’insécurité généralisée se double d’une crise humanitaire et sanitaire. Les violences ont en outre déplacé 206 000 personnes dans le pays même et fait fuir 60 000 dans les pays voisins, sur une population totale de 4,6 millions d’habitants.

Le nouveau pouvoir promet pourtant régulièrement de rétablir l’ordre et de cantonner les hommes en armes. Mais à Bangui comme en province, les témoignages d’habitants traumatisés continuent d’affluer, et les rebelles pillent sans distinction, comme en témoigne l’ahurissante scène vécue par le ministre de l’Élevage Joseph Bendounga, issu de l’opposition à l’ancien président Bozizé. « J’étais en train de lire mon parapheur jeudi dernier quand des éléments de Séléka ont fait irruption dans ma résidence. Je leur ai demandé ce qu’ils venaient faire, mais ils ne parlaient que l’arabe. J’ai appelé le ministre de la Justice qui m’a passé celui des Transports qui sait parler l’arabe et c’est lui qui leur a dit qu’ils se trouvaient à la résidence d’un ministre », a-t-il affirmé.

  • France: « Pourquoi la France pousse un cri d’alarme », 27 septembre 2013, Libération

«Nous avons poussé un cri d’alarme, un coup de gueule», a résumé jeudi depuis New York le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Dès l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies, mardi, la France était en effet en pointe pour exiger une mobilisation urgente de la communauté internationale face à la dérive de ce pays, grand comme la France et la Belgique réunies, enclavé au cœur du continent africain.

Après ce «cri d’alarme» de François Hollande mardi, une réunion consacrée à ce pays souvent jugé «oublié» ou «invisible» a été organisée mercredi au siège de l’ONU. Coprésidée par la France et l’Union européenne, elle a surtout permis de définir les besoins logistiques (notamment le renforcement d’une force régionale qui comprend 1 400 hommes déjà sur place) et de donner quelques petits coups de pouce. Paris s’est ainsi engagé a apporté une aide supplémentaire de 10 millions d’euros à cet «Etat néant» comme l’a défini Laurent Fabius.

Les représentants de «l’Etat néant» en question auraient pu se vexer, mais l’actuel Premier ministre, Nicolas Tiengaye, a tenu à remercier «les pays venus au chevet»de la Centrafrique. Il est vrai que les nouveaux maîtres du pays sont les premiers à réclamer de l’aide pour empêcher le pays de sombrer dans le chaos. Depuis qu’une rébellion a chassé du pouvoir le président François Bozizé en mars, le pays est en effet confronté à une double crise auquelle s’ajoute une menace inédite bien qu’encore diffuse.

  • Iran: « Centrafrique: des paysans en arme face aux anciens rebelles Seleka », mercredi 18 septembre 2013, IRIB 

Armés de fusils artisanaux, de machettes, ou de simples gourdins, ils se disent prêts à « mourir » pour défendre leurs villages : exaspérés par les exactions sans fin des combattants de l’ancienne rébellion Séléka, des paysans ont formé des groupes d’auto-défense près de Bossangoa, dans l’ouest de la Centrafrique. « Nos femmes et filles sont violées et certaines en souffrent encore. Ils nous ont tout pris, même nos semences, et on n’a plus rien à manger. Nos enfants n’ont pas d’eau potable. Nous vivons dans la brousse comme des animaux », raconte à l’AFP, la voix mêlée de colère et de peur, un de ces villageois – sous couvert d’anonymat – qui a rejoint un « groupe d’auto-défense » formé par des paysans.

Bossangoa, c’est la région d’origine de l’ex-président François Bozizé, renversé le 24 mars par les rebelles de la coalition Séléka dirigée par Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir. Depuis, les témoignages d’exactions perpétrées par les ex-rebelles ne cessent de s’accumuler et vendredi le nouveau président a ordonné la dissolution immédiate du Séléka.Mais à Bossangoa et dans ses environs, les combattants étaient toujours bien présents en début de semaine.

« Nous souffrons sur notre propre terre et nous ne pouvons tolérer cela, c’est pourquoi nous nous sommes révoltés. On combat les éléments du Séléka, et même tout de suite on vient de les mettre en déroute. On veut le retour de l’ancien président », ajoute le paysan de ce groupe d’auto-défense, surnommés les « anti-balaka » (« anti-machette »).Depuis dix jours, la région de Bossangoa vit sous haute tension. Les 8 et 9 septembre, des affrontements entre des forces du nouveau régime et des partisans auto-proclamés du président déchu avaient déjà fait près de 100 morts, selon la présidence.Selon les ONG humanitaires, environ 18. 000 personnes ont fui leurs villages pour se réfugier dans la ville de Bossangoa.

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