Revue de presse #12: l’inoxydable Angela Merkel

Angela

  • Algérie: « Les pirates envoient un drone à Merkel pour dénoncer la vidéosurveillance », El Watan, 18 septembre 2013

Le Parti pirate allemand a revendiqué, lundi, l’envoi d’un petit drone qui est tombé à deux mètres de la chancelière   allemande Angela Merkel, lors d’un meeting de campagne dimanche, expliquant avoir voulu protester contre la vidéosurveillance policière.

 «Le but de cette action était de faire comprendre à la chancelière et au ministre de la Défense, Thomas de Maizière, ce que l’on ressent quand on est soi-même observé par un drone», a expliqué Markus Barenhoff, vice-président du   Parti pirate, sur le site internet de l’organisation. La manifestation politique se déroulait à Dresde, en ex-Allemagne de l’Est, tout près du fief électoral de M. de Maizière. Un membre du parti, un informaticien de 23 ans, a fait voler un engin à quatre hélices, d’une envergure totale de 40 centimètres, au dessus de la foule lors d’un meeting électoral de Mme Merkel.

Une vidéo amateur mise en ligne sur le site du Spiegel montre l’appareil inoffensif s’écrasant tout près de la chancelière qui semblait plutôt amusée par l’incident. «Contraint par la police, j’ai dû effectuer un atterrissage d’urgence près de la tribune, pour ne mettre personne en danger, ce qui a pu donner l’impression que le drone s’est posé de façon un peu chaotique», a expliqué le   militant, qui souhaite rester anonyme, sur le site internet du Parti des  Pirates.

  • Chine: « Un grec sur deux craint la réélection d’Angela Merkel », Xinhua, 21 septembre 2013

Un Grec sur deux craint la réélection d’Angela Merkel aux prochaines élections allemandes de dimanche, selon un sondage d’opinion publié vendredi à Athènes. Environ 47 % des personnes interrogées dans le cadre d’un sondage réalisé par l’institut Public Issue estiment que la victoire de Mme Merkel aurait un impact négatif sur les efforts déployés par la Grèce pour juguler sa crise de la dette avec l’aide des bailleurs de fonds internationaux.

Seuls 10 % des personnes interrogées pensent que la réélection de Mme Merkel pourrait avoir un impact positif, tandis que 34 % s’attendent à des répercussions ni positives ni négatives pour la Grèce.Ardente partisane des politiques d’austérité face à la crise financière grecque et européenne, Mme Merkel ne jouit pas d’une grande popularité chez les Grecs. Huit Grecs sur dix ont aujourd’hui une opinion négative de la dirigeante allemande.Compte tenu de la politique économique de la chancelière, environ 75 % des personnes interrogées disent avoir une opinion négative de l’Allemagne.

  • Russie: « Merkel, sympathisante des despostes du Golfe? », Ria Novosti, 9 août 2013

Les ventes d’armes allemandes aux pays du golfe Persique ne cessent d’augmenter, selon le quotidien allemand Die Welt qui se réfère à Suddeutsche Zeitung. « Si cette tendance se poursuit, l’année 2013 promet d’être un record. La manière d’agir de Mme Merkel nous contraint à croire qu’elle a oublié l’existence du printemps arabe », a déclaré le députe du Bundestag Jan van Aken.

A ce jour, l’Allemagne a donné le feu vert à la livraison dans les pays du Golfe d’armes pour le montant de plus de 800 millions d’euros. La plupart des transactions ont été conclues avec le Qatar (environ 635M d’euros).Malgré la critique de la part de l’opposition, le gouvernement allemand se dit toujours prêt à exporter des armes vers le Golfe. En 2012, le porte-parole gouvernemental avait justifié les ventes d’armes à l’Arabie saoudite par son rôle stabilisateur dans la région. L’Allemagne est le troisième fournisseur d’armes mondial après les Etats-Unis et la Russie.

  • Liban: « Angie doit sauver le monde: accueil triomphal de Merkel par ses troupes, L’Orient le Jour, 22 septembre 2013

« Angie doit sauver le monde » : les troupes d’Angela Merkel ont fait un triomphe à la chancelière allemande samedi à Berlin à la veille d’élections législatives délicates pour sa majorité.Pour son dernier grand discours de campagne, la dirigeante conservatrice, tout sourire et détendue, a demandé aux électeurs de lui « accorder un mandat fort » afin qu’elle puisse, « pour les quatre prochaines années, continuer à servir l’Allemagne, un pays qui est respecté en Europe (…) qui défend ses intérêts dans le monde mais qui est aussi l’ami de nombreux pays ».Mme Merkel, fêtée par quelque 4.000 militants de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) qui brandissaient des pancartes « Angie », a toutes les chances d’être reconduite dimanche pour un troisième mandat de chancelière.

Pour chauffer les troupes, un groupe de musiciens est venu interpréter « Angie doit sauver le monde » et « You’re simply the best » (« Tu es tout simplement la meilleure »).Au sein de son parti, jamais le culte de cette fille de pasteur d’ex-RDA n’avait atteint un tel niveau.Devant de nombreux journalistes étrangers, cette dirigeante âgée de 59 ans, dont le pays joue un rôle central mais controversé dans le règlement de la crise de l’euro, a longuement souligné l’importance d’allier « solidarité et responsabilité ».

Souvent décriée en Europe du Sud pour sa défense acharnée de l’austérité, Angela Merkel a insisté sur le fait que l’Allemagne, « économie la plus grande d’Europe », avait « besoin d’amis ». Mais elle a une nouvelle fois exprimé son opposition à toute mutualisation de la dette en Europe.

  • Belgique: « La fille du pasteur Kasner », La Libre Belgique, samedi 21 septembre 2013

A moins d’être un passionné d’histoire ou de politique allemande, on s’imagine mal lire une biographie de 800 pages consacrée à Angela Merkel – c’est sans doute pourquoi celle que vient de publier chez Tallandier la journaliste Florence Autret n’en fait que 300, cent de moins que celle de Gerd Langguth, professeur de science politique à Bonn, que la correspondante de « La Tribune » à Bruxelles cite d’ailleurs abondamment. Cette anorexie éditoriale, qui présuppose le manque d’appétit du grand public, révèle d’une certaine façon le problème d’image de la chancelière allemande qui ne se distingue ni par un charisme exceptionnel, ni par un style glamour et une grande élégance vestimentaire, ni par une vie privée fracassante, ni par une carrière émaillée de coups d’éclat et d’audaces médiatiques. Bref, ce n’est pas une femme qu’on a nécessairement envie de mieux connaître.

On a tort, cependant. Si Angela Merkel est, comme Autret l’écrit en sous-titre de son livre, « une Allemande (presque) comme les autres », tout réside dans ce « presque » . Le parcours de cette « fille de l’Est » devenue en une vingtaine d’années « Mutti Merkel », la « maman » d’une Allemagne réunifiée, est, en effet, extraordinaire. Son improbable destin commence dans une famille protestante de Hambourg, où elle naquit, le 17 juillet 1954, aînée de trois enfants (elle a un frère, Marcus, né en 1957, et une sœur, Irène, née en 1964). La mère d’Angela, Herlind Jentzsch, était originaire de Dantzig (aujourd’hui Gdansk). Son père, Horst Kasner, était berlinois, mais de souche récente : ses parents quittèrent Poznan pour s’installer dans la capitale allemande peu après la Première Guerre mondiale. Le grand-père d’Angela raccourcit son nom, Kasmierczak, en Kasner, et tourna définitivement le dos à la Pologne.

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sommes-nous vraiment libres sur les réseaux sociaux?

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Drôle d’impression. Ce matin, j’ouvre ma page Facebook, souhaitant modifier certaines parties de mon profil. Et là, c’est le drame: le réseau social de Marc Zuckerberg m’invite à lui indiquer tout un tas d’information concernant plusieurs de mes « amis »: Telle personne est-elle scolarisée à Science-Po? Telle autre a-t-elle bien eu son bac en 2008? Loin de moi l’idée de verser dans la psychose d’un « Big Brother » américain. Néanmoins, l’anecdote a le mérite de réveiller en moi un certain esprit-critique s’agissant de l’usage des réseaux sociaux. Alors, y sommes-nous vraiment libre? Analyse.

Il y eut un soir, il y eut un matin: internet fut créer. Sa spécificité: un espace numérique sans frontière révolutionnant nos pratiques, nos échanges, notre communication. Sur internet, au départ, pas de règles préétablies: pour certains, on peut y voir une espèce de jungle, pour d’autres un énorme espace de liberté. Alors, quand récemment émergent le modèle dit des « réseaux sociaux », la donne change. On passe d’une zone sans contrôles à un espace cadré, où les échanges se limitent au cadre de la « communauté virtuelle », que ce soit d’abord les messageries instantanées (Yahoo, MSN,…), avant d’être reléguées au second plan par les géants Facebook et Twitter.

« Règlements intérieurs » 

Contrairement à l’internet, les réseaux sociaux imposent leur règle du jeu. Lorsque vous souhaitez vous inscrire sur Facebook, la firme de la Silicon Valley vous oblige à signer ses propres consignes, dont peu prennent le temps de les lire du fait de leur caractère souvent incompréhensible et surtout, qui ne cessent d’évoluer. Il y a quelques jours, c’était Linkedin qui m’informait d’un changement de ses règles de confidentialité, me priant bien sûr de les accepter sur le moment.

C’est là que le bas blesse: les fameuses chartes de confidentialité. On sait depuis bien longtemps que Facebook gèle les premières informations que nous lui fournissons lors de notre inscription sur le site sans pouvoir s’y opposer puisque nous l’acceptons de fait en nous y inscrivant. Depuis sa création, le réseau social de Marc Zuckerberg n’a eu cesse de complexifier un maximum sa politique de confidentialité. Si Facebook présente les évolutions successives de ses fonctionnalités comme un moyen pour l’utilisateur de gérer au mieux sa vie privée, il ne cesse en réalité de brouiller les pistes. Vous voulez supprimer votre identification sur une photographie postée par un amie? Avant vous pouviez le faire en vous rendant directement sur la photo. Maintenant, une fonctionnalité spécifique a été créée pour ce type d’action: tout un programme.

Communauté versus liberté ?

Pour les universitaires Andreas Kaplan et Michael Haenlein, les réseaux sociaux se définissent comme « un groupe d’applications en ligne qui se fondent sur la philosophie et la technologie du net et permettent la création et l’échange du contenu généré par les utilisateurs ». Philosophie du net disent-ils? Celle-ci ne serait-elle pas plutôt basée sur le principe de liberté inhérent à l’anarchie primale de l’internet?

De fait, même si les réseaux sociaux demeurent une communauté d’individualités qu’essaient de cacher la présence d' »amis » virtuels, ils se démarquent de l’internet par la présence de règles spécifiques, mais aussi d’un cadre limitant l’espace de l’échange. Quand l’internet n’a de limite que les serveurs sur lesquels elle se construit, les réseaux sociaux imposent d’intégrer la communauté et de ne pas en sortir pour construire ses échanges.

Une question d’usage

Encore une fois, lorsque l’on aborde la question du numérique, il ne faut pas oublier que derrière les machines, il y a des Hommes. Ainsi, les réseaux sociaux à eux seuls ne peuvent être totalement condamnés pour leur absence de liberté, tout étant question d’usage. À chacun d’être conscient de ce qu’il publie sur Facebook, de ne pas divulguer des informations que l’on souhaite voir rester confidentielles. Malgré tout, lorsque les réseaux sociaux empiètent sur nos libertés fondamentales, ceci doit être fermement combattu. Comme le rappelle si souvent le pédopsychiatre Serge Tisseron: tout est question d’éducation au numérique.

Le plus vieux métier du monde

Métier

Régulièrement, le sujet est mis sous les feux de la rampe. Quand certains crient à l’infamie lorsque des associations prônent la réouverture des maisons-closes, d’autres mettent à mal le système des réseaux qui minerait la « profession ». En Allemagne, la prostitution est depuis quelques années déjà un métier à part entière. Alors si le « plus vieux métier du monde » continuera sans-doute longtemps à en faire jaser plus d’un, quel attitude le politique peut-il adopter face à lui? Est-il bon de le renvoyer à la marginalité? Enquête.

Festival de Cannes, édition 2011. Thierry Frémaux, délégué général de l’évènement l’annonce d’emblée: le film ne va pas plaire à tout le monde. Cette année-là, le réalisateur Bertrand Bonello livre sa dernière oeuvre cinématographique, L’Appolonide: souvenirs de la maison close. Deux scènes, aux connotations claires, font particulièrement polémique: l’une fait un parallèle entre la prostitution qui sévissait en intérieur jusqu’au début du vingtième siècle au sein des maisons closes parisienne et la « prostitution de trottoir »  actuelle; l’autre présente une scène rêvée où une des héroïnes se prend à pleurer du sperme.

À la marge 

Pourquoi telle introduction me direz-vous? Eh bien, c’est assez simple: afin de mettre en évidence « la » spécificité de la profession, à savoir un métier qui existe depuis toujours et qui se maintient avec constance dans la catégorie « cachez ce sein que je ne saurais voir ». Si l’on retrouve sa trace dès l’antiquité, de célèbres fresques retrouvées par exemple à Pompéi attestant de sa présence, la prostitution reste tabou chez le politique comme dans l’opinion. Du moins en France.

Si le « Quartier Rouge » d’Amsterdam est connu dans le monde entier à la fois pour ses coffee shop et ses prostituées qui s’exposent à même des vitrines aux couleurs tapageuses, l’Allemagne se différencie de son côté pour avoir  intégrer la profession de péripatéticienne au code du travail il y a de ça 12 ans. Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le pays compterait environ 200000 prostituées, dont 65 à 80% serait étrangère. De son côté, le syndicat allemand Ver.di indique que, malgré la législation, seul 1% des prostituées seraient en possession d’un contrat de travail.

Réprimer?

Pour l’observatoire Havocscope, spécialisé dans l’étude des marchés noirs, le marché de la prostitution représenterait un revenu annuel mondial de 186 milliards de dollars: autant dire que le chiffre a de quoi attirer les convoitises. L’Allemagne a voulu leur donner un statut, la France n’a pas les mêmes perspectives. Aujourd’hui, la répression des clients a le vent en poupe chez certains politiciens.

Rater sa cible, tel est l’écueil dont on ne saurait se remettre. Avec la répression des clients, d’autres alternatives s’affrontent: encadrer la profession, relancer les maisons-closes, officialiser le métier comme c’est déjà le cas outre-Rhin. La législation actuelle est pour le moins ambigüe: interdiction des maisons-closes depuis une loi datant de 1946, condamnation du proxénétisme, interdiction du racolage passif ou actif mais pas de condamnation claire de la prostitution dans le droit pénal.

Anéantir l’esclavage sexuel

Face à la prostitution, il n’y a pas une solution miracle. Néanmoins, une chose ne fait pas de doute: il faut condamner l’esclavage sexuel. Dès lors que tout être humain est contraint à accepter un rapport sexuel non-consenti, cela s’apparente à la définition juridique du viol. Pourquoi ne pas s’inspirer de cette législation spécifique pour condamner le proxénétisme? En ce sens, il revient au législateur de distinguer la relation sexuelle tarifée consentie de celle non-consentie. Si la tâche est ardu, elle a cependant le mérite de mettre les choses aux clairs: ne pas verser dans la condamnation morale des relations sexuelles tarifées consenties, ne pas se tromper de cible. Vaste chantier.

Kronik Kultur #12

Au programme de cette douzième Kronik Kultur, une trilogie théâtrale gravée dans la mémoire de votre chroniqueur, une revue qui trace son chemin hors des sentiers battus.

  • Théâtre: Littoral/Incendies/Forêts, Wajdi Mouawad

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Ce fut une vraie claque. Une de celle qui ne laisse pas indemne, dont on ne peut ressortir réellement comme l’on y est rentré. Cela se passait au Grand T, à Nantes, un établissement de spectacle vivant qui se prête au mieux à ce genre de manifestation inédite. Au beau milieu d’un jardin fleuri, le metteur en scène d’origine libanaise Wajdi Mouawad nous invitait à plus de douze heure de théâtre avec entracte. Un marathon comme l’on n’en fait que peu: les spectateurs du festival d’Avignon avaient auparavant eu droit à la version « nuit blanche » de la trilogie.

À la base, Wajdi Mouawad a conçu « Littoral », « Incendies » et « Forêts », nom des trois pièces qui constituent la trilogie, séparément. Pourtant, les trois réunis forment une oeuvre théâtrale à part entière, à la continuité troublante. Pour être bref, chacune peuvent être résumées ainsi:  « Littoral » narre la quête d’un fils venant d’apprendre la mort de son père et qui souhaite lui offrir une sépulture décente dans son pays d’origine (dont on se doute évidemment qu’il s’agit du Liban), l’occasion d’un retour aux sources; « Incendies » est brûlant comme la braise, confrontés à la mort de leur mère, un frère et une soeur ont rendez-vous chez le notaire pour avoir accès au testament, réveillant l’envie de connaître un père qu’ils n’ont jamais connu, ouvrant les brèches d’un sombre passé; proche d' »Incendies » par le propos, « Forêts » narre l’introspection d’une femme, se questionnant sur ses propres origines, l’amenant dans les heures les plus sombres de l’histoire du vingtième siècle.

Se confronter à Mouawad, c’est se confronter à une oeuvre qui prend aux tripes. Chaque pièce dure à elle-seule à chaque fois plus de trois heures et pourtant l’on ne voit pas le temps passer. Se confronter à Mouawad, c’est apprendre à s’approprier une langue, le québécois, qui porte souvent à sourire et qui trouve ici toute son intensité dramatique. C’est aussi se plonger dans l’histoire d’un metteur en scène poursuivi par le Liban, cette terre qui ressort de sa pièce par le propos, la musique (intégralement interprétée par les comédiens eux-même), l’histoire. Peut-être est-ce la durée inédite de la trilogie, mais l’oeuvre de Mouawad reste à tout jamais gravée dans la mémoire.

Pour aller plus loin: les textes de chacune des pièces sont disponibles aux éditions Actes Sud

  • Revue: Manière de voir

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Dans le sillage des revues, elle n’est pourtant pas nouvelle venue. À l’heure où la tendance des pur-players et autres mooks qui se lancent est au « slow-journalisme », Manière de voir propose de manière bimestrielle, au travers d’un choix d’articles parus dans diverses éditions du Monde Diplomatique, l’exploration d’un thème donné dont l’actualité du propos n’est pas le maître-mot, traçant son chemin dans une prise de recul qui fait du bien face un information parvenant en flux.

Pour son édition estivale, la revue proposait de se pencher sur diverses formes de délinquance (fiscale, trafic de drogues, …). Pour la rentrée,  Manière de Voir aborde l’école sous toutes ses formes, en ce qu’elle éduque les enfants de la planète. Coordonné par les journalistes Renaud Lambert et Allan Popelard, le numéro se construit en trois parties aux titres évocateurs: « la reproduction des inégalités », saluant au passage Pierre Bourdieu; « sous l’emprise du privé », dénonçant l’irruption de l’entreprise à l’école; « les voies de l’émancipation », comme pour conclure le numéro sur une note positive, pour prouver que des initiatives novatrices permettent de rénover le modèle de l’école et de la transmission.

L’éditorial de ce dernier numéro est plus synthétique qu’une longue tirade: « alors, production  de savoir ou reproduction sociale? Eveil des consciences ou pédagogie de la soumission? Emancipation ou domestication? Le plus souvent, analyser la fonction de l’école, c’est remplacer le « ou » par un « et »: lieu  de cristallisation des contradictions de nos sociétés, l’éducation ne se trouve pas plus à l’origine du « problème » qu’elle n’offre de solution toute faite. En fonction des projets politiques qu’elle sert, des luttes qui l’agitent, la classe cimentera donc les classes, ou permettra de les abolir… ».

Revue de presse #11: le 11 septembre 1973

Allende

  • Liban: « La bibliothèque secrète de Pinochet », 28 juin 2013, L’Orient le Jour

L’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, qui fit brûler les livres en pleine rue et envoya les écrivains en prison ou en exil, avait amassé secrètement une colossale bibliothèque de plus de 50 000 volumes, selon l’enquête d’un journaliste chilien. La vie littéraire secrète d’Augusto Pinochet, à peine publiée et déjà best-seller au Chili, du journaliste Juan Cristobal Peña, raconte comment le général a collectionné les livres de manière compulsive. Pas de poésie ni de fiction. La bibliothèque renferme essentiellement des livres d’histoire, de géographie et de marxisme, l’idéologie qu’il chercha à anéantir dans la plus brutale des répressions lors de ses années au pouvoir (1973-1990). La monumentale collection « était comme une sorte de théâtre que Pinochet se jouait à lui-même, pour se représenter comme un homme important et cultivé », analyse M. Peña, parce qu’il « avait conscience au fond de lui-même de sa médiocrité intellectuelle ».

Répartie dans des résidences secondaires, l’existence de la bibliothèque n’a été connue qu’en 2004, parallèlement à la découverte de la fortune cachée de Pinochet, estimée à plus de 20 millions de dollars et entreposée dans des banques aux États-Unis. « Il est stupéfiant que ce personnage, censé lire peu ou rien, un inculte en apparence, ait possédé cette bibliothèque privée qui est l’une des plus importantes du Chili et peut-être d’Amérique latine, » relève M. Peña. L’enquête judiciaire a comptabilisé environ 50 000 livres, estimés prudemment, par M. Peña, à plus de trois millions de dollars.

  • Chine: « Le petit-fils de Pinochet exclu de l’armée », 14 décembre 2006, Xinhua

Le capitaine Augusto Pinochet Molina, petit-fils de l’ancien président chilien Augusto Pinochet, a été démis de ses fonctions dans l’armée chilienne, pour avoir  justifié le coup d’Etat militaire lancé par son grand-père, révèle un communiqué de l’armée.

Lors des obsèques du général Pinochet tenues mardi à l’école  militaire de Santiago, le capitaine Pinochet Molina a défendu le  coup d’Etat mené par son grand-père le 11 septembre 1973, qui  avait renversé le gouvernement de Salvador Allende.

La présidente chilienne Michelle Bachelet a dénoncé les propos  du capitaine Pinochet Molina comme étant « une offense extrêmement  grave ». Augusto Pinochet, qui a régné sur le Chili entre 1973 et 1990,  est décédé dimanche dernier des suites de complications cardiaques, à l’âge de 91 ans. Des funérailles militaires ont été tenues pour lui, au lieu  d’obsèques nationales.

  • Russie: « Dictature de Pinochet: l’enquête sur les victimes relancée au Chili », 17 février 2010, Ria Novosti

La troisième commission chilienne d’enquête sur les victimes de la dictature militaire de Pinochet (1973-1990) entame le 17 février son travail de douze mois à Santiago, ont annoncé mercredi les médias locaux.

Créée sur l’initiative de la présidente chilienne Michelle Bachelet, la Commission nationale sur l’emprisonnement politique et la torture, réunira des experts de la Commission Valech précédente qui a présenté son rapport en 2004. Elle recueillera des demandes d’indemnisation du 17 février au 17 août dans son siège principal de Santiago et ses branches régionales.

Une fois toutes les données collectées, les experts, les avocats et les psychologues disposeront d’un délai de six mois pour examiner chaque cas. Les experts se pencheront sur les 7.000 dossiers non retenus par les deux commissions précédentes, ainsi que sur 200 ou 300 nouveaux cas de meurtres et de disparitions.

La dictature d’Augusto Pinochet, arrivé au pouvoir suite au coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973, a fait 3.197 morts et portés disparus, selon la commission d’enquête Rettig de 1991. La commission Valech de 2004 a fait état de plus de 28.000 cas de torture. A l’heure actuelle les familles des victimes touchent des indemnisations d’Etat.

  • Algérie: « Commémoration du coup d’État de 1973 dans la violence », 13 septembre 2013, El Watan

Bilan officiel : 42 policiers ont été blessés et 264 personnes arrêtées lors des violentes manifestations qui ont marqué, dans la nuit de mercredi à jeudi à Santiago, la commémoration du renversement, le 11 septembre 1973, du président socialiste Salvador Allende par le général Augusto Pinochet.

Ce bilan, rendu public hier, ne précise pas le nombre de manifestants blessés durant ces heurts survenus dans la périphérie de la capitale chilienne. Parmi les policiers blessés, six ont été grièvement atteints par balles ou par des jets d’acide, selon le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Andrés Chadwick. Le chef de la police de la région de Santiago, le général Rodolfo Pacheco, figure parmi les blessés et souffre d’un traumatisme cérébral après avoir été touché par un cocktail Molotov.

Le ministre a ajouté que 264 manifestants avaient été arrêtés. Trois autobus et sept minibus ont, d’autre part, été incendiés en plus de cinq voitures particulières, dans ces violences qui avaient commencé en début de journée de mercredi. Afin de limiter les débordements, récurrents à cette date anniversaire, les autorités avaient mis en place un plan spécial comprenant le déploiement de 8000 policiers supplémentaires dans la capitale. Des incidents se sont également produits dans les villes de Valparaíso et Concepción.

  • Belgique: « L’héritage de Pinochet », 11 septembre 2013, La Libre Belgique

Le 11 septembre 1973, il y a 40 ans, Augusto Pinochet, commandant en chef de l’armée chilienne, bombarde le palais présidentiel à Santiago du Chili. Le président socialiste Salvador Allende se suicide, des milliers de personnes sont assassinées ou portées disparues. S’ensuivent dix-sept ans de dictature et de terreur qui ont laissé des traces indélébiles dans la société chilienne.

Si Evelyn Matthei, la candidate de la coalition de droite à l’élection présidentielle du 17 novembre prochain, a répondu « oui » à la question « Souhaitez-vous qu’Augusto Pinochet reste huit ans de plus au pouvoir?« , elle n’est pas la seule. Lors du référendum du 5 octobre 1988, au moins trois ministres de l’actuel gouvernement du président de centre-droit Sebastián Piñera ont voté « oui ». En 1998, alors sénatrice UDI (Union démocrate indépendante, parti fondé par des partisans de Pinochet), Evelyn Matthei avait même appelé à agresser le personnel des ambassades britannique et espagnole après l’arrestation d’Augusto Pinochet à Londres. « Qu’ils n’essaient même pas de sortir dans la rue parce qu’on leur balancera des œufs et des tomates« , hurle-t-elle face aux caméras.

Aujourd’hui, Evelyn Matthei n’affiche plus aussi clairement son attachement au général, perçu comme l’un des meilleurs dirigeants politiques du pays par 9 % des Chiliens contre 30 % en 2002, selon le Cerc (Centre d’études de la réalité contemporaine). Il n’empêche. Jusqu’en 2012, la fille aînée du dictateur, Lucía Pinochet, était une des élues de l’un des arrondissements les plus riches de Santiago (et du pays), Vitacura.

 

Chronique d’un stagiaire au Monde Diplomatique #2

Diplo

Il faut bien l’avouer, elle a pendant plusieurs jours monopolisé les conversations, faisant parfois naître des débats passionnés. La Syrie a immanquablement été à l’ordre du jour au sein de la rédaction du Monde Diplomatique. Alors quand, dans la nuit de lundi à mardi, Barack Obama annonce avoir réussi à passer un accord avec la Russie visant à la mise en place d’un contrôle international sur les armes chimiques, cela en a surpris plus d’un. Non que personne ne s’attendait à un renversement de situation de ce type mais une première entente russo-américaine autour de la question syrienne est plutôt surprenant.

S comme Syrie

Mardi matin, conférence de rédaction forcément monopolisée par la situation syrienne. Malgré tout, on commence par évoquer la présence des « Amis du Diplo », association regroupant des lecteurs réguliers du journal et qui participent de sa promotion, lors de la fête de l’Humanité qui se tient ce week-end. On en profite aussi pour signaler la stabilité des chiffres de vente du journal, dans un contexte où de nombreux médias sont confrontés à des difficultés financières d’importance.

Pour beaucoup de journalistes présents pendant la conférence de rédaction, l’attitude adoptée par Laurent Fabius durant la crise syrienne n’a pu mettre que « de l’huile sur le feu ». La proposition russe de dernière minute adoptée dans la nuit ne serait qu’un moyen pour la Syrie de se protéger. « C’est un moyen pour Obama d’éviter un vote de défiance des républicains , une stratégie d’impeachment » dit Serge Halimi, directeur de la rédaction du Diplo. Pour Alain Gresh, directeur-adjoint, « dans cette histoire, la France est forcément perdante, c’est pourquoi je pense qu’il faut le mettre en avant dans le journal ». Il lance l’hypothèse d’allers-retours en Iran afin de relancer une diplomatie plus active avec la Russie.

S comme Soral

La conférence de rédaction s’anime. « La Russie joue à se repositionner après l’humiliation » dit la journaliste Anne-Cécile Robert. Pour elle, dans le dossier syrien, il y aurait une ambiguité de la diplomatie israélienne. Se pose d’autre part la question de l’évolution de la position diplomatique française: pour Alain Gresh, Laurent Fabius a un point de vue qui se durcit vis-à-vis des autres ministres. « Y aurait-il un changement dans l’appareil diplomatique au quai d’Orsay? » se demande Anne-Cécile Robert.

Très vite la conversation dévie vers une analyse des évolutions du monde politique français. On s’étonne d’une presse de droite défendant la paix à tout prix face à des journaux de gauche défenseurs de l’interventionnisme. « Le Figaro est anti-guerre du fait de la présence de chrétiens d’Orient (…). Face à cela,une pétition est publié sur le site de Médiapart  appelant à une intervention en Syrie, où l’on retrouve les signatures d’anciens collaborateurs du Monde Diplomatique » dit Serge Halimi. Pour lui, même le Front-National en vient aujourd’hui à défendre une idéologie traditionnellement de gauche.

« Il y a de plus en plus un brouillage entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite. Est-ce qu’Alain Soral en est en partie responsable? je me pose la question » poursuit-il. Dans la même veine, la rédactrice en chef Martine Bulard admet que « l’idée d’un complot juif trouve de plus en plus preneur dans les milieux d’extrême-gauche ». Serge Halimi se demande ensuite s’il ne serait pas intéressant de consacrer un article du journal à l’audience réel de Soral sur internet, en particulier de son site « Égalité et Réconciliation ». « Il est clair que le succès d’Alain Soral symbolise un moins grand encadrement des français par les partis politiques et les associations ». Sur ce, la conférence de rédaction se clot: l’évocation de Soral, aussi originale qu’elle puisse paraître, n’est sans-doute pas anodine. Affaire à suivre.

Un oeil sur #3: Mennel Sullivan, chanteuse inspirée

Mennel 4

  • Comment en es-tu venue à la musique?

 mes tout premiers pas n’ont pas été avec la musique mais d’abord l’écriture. Petite, j’étais (déjà) une enfant très solitaire qui cogitait beaucoup ; je passais mes week end à écrire ma vie, mes peines, mes pensées ou bien des poèmes et contes que je récitais et enregistrais sur un magnétophone reçu à noel. Il ne se passait pas une journée sans que j’écrive sur un de mes carnets.  Je voulais d’ailleurs devenir conteuse.

Et puis il y a ma mère qui est musicienne et chanteuse d’arabo-andalou (maalouf) et mon père qui est un sacré mélomane. Alors la musique était omniprésente dans ma vie de mistinguette. j’apprenais et chantais les chansons qu’écoutaient mes parents.. Puis voyant ce goût pour la musique, ma mère m’a inscrite au conservatoire à l’âge de 10 ans où j’ai fait 7 ans de guitare classique, du solfège, l’orchestre de jazz, les chorales etc… Et puis j’ai découvert le jazz à 15 ans,  tout a sonné comme une évidence, c’est ce que je voulais faire. Il fallait que je quitte ce surplus de rigueur et de formalisme de l’école de musique pour me diriger vers l’apprentissage de ce nouveau langage qu’était pour moi le jazz.. celui de la liberté.

J’ai arrêté le conservatoire et je suis allée à la rencontre des notes bleues sur le terrain : dans les clubs. J’ y passais des nuits entières simplement assise sur ma chaise et écouter et observer les musiciens pendant des heures et des heures jusqu’au petit matin. j’ai fait ça de façon hebdomadaire pendant 1 an et demi avant de me lancer.

  •  Sullivan, ton nom d’artiste, un hommage à Boris Vian, c’est une inspiration pour toi?

Boris Vian a eu un impact important dans ma vie. Il est une source d’inspiration « philosophique » plus que musicale.Je l’ai découvert en 3ème en lisant « l’écume des jours » et j’ai été bouleversé par cette histoire, cet univers autant qu’impressionné par son usage de la langue française. je n’avais jamais rien lu de tel et me suis demandée quel genre de timbré pouvait écrire ça et je me suis mise à faire des recherches sur lui… J’ai fini par lire presque toute sa bibliographie en tombant un peu plus amoureuse à chaque instant haaa! Il m’a permis de comprendre très tôt qu’il fallait bannir les codes et même inventer des pianocktail et nénuphars qui poussent dans les poumons si bon nous semblait. Il est la gravité sous l’ironie, mêlée à l’absurde et l’underground dans un intellect au 36 ème degré tu vois? Et puis je l’ai découvert dans cette fameuse période où je découvrais le jazz et les clubs alors le fait qu’il soit jazzman n’a fait qu’accroitre mon amour pour lui (et celui pour le jazz aussi). C’est pourquoi, quand j’ai eu à choisir un nom de scène (parce que je n’envisage pas faire carrière dans la musique et que je ne veux pas que quand on tape mon nom professionnel sur google on découvre ma vie de chanteuse), j’ai pris le Sullivan de Vernon Sullivan (pseudonyme de Vian). Un Hommage à mon premier coup de coeur..

  • D’autres sources d’inspiration?

Il y a beaucoup d’artistes dont je suis très fan comme Chet Baker, Bill Evans Cat Power, Fiona Apple, Tom Waits, Jeff Buckley ou en classique Ravel et Debussy mais ça ne se ressent pas dans mes compositions dans la mesure où ce qui m’inspire d’eux est leur honnêteté et pureté dans leurs compositions (et textes) à coeur ouvert (étonnant pour des ecorchés de première!).

Quant à mes compositions et textes, tout est source d’inspiration. Les chagrins, les colères, les mains de ma grand-mère, voir mon père fumer une cigarette seul sur le balcon à minuit, une nouvelle dans le journal, une discussion avec un étranger dans le bus, un livre de Bobin…

  • Que ressens-tu lorsque tu es sur scène?

C’est la mise à nu totale, un espèce de numéro d’effeuillage psychologique. Mon hypersensibilité et le fait de ressentir les énergies qui circulent, l’interaction entre la scène et l’auditoire qu’il y ait 20 ou 1000 personnes dans la salle me fait passer l’intégralité des sets au bord des larmes parce que je chante ce que je vis et donc vis ce que je chante..

  • Pourquoi le jazz?

Parce que le jazz est la poésie, la liberté, l’émotion, le spirituel, le non-codifié, l’improvisé.. il représente tout ce que j’aime. J’aime son histoire, ses origines, le son d’un sax de Coltrane sur un « Naima » ou d’une contrebasse prépondérante sur un « Nigerian Marketplace » de Peterson.. Mais à vrai dire je ne l’ai pas choisi, si j’avais eu un coup de coeur pour le hard rock avant, c’est probablement ce que j’aurai fait à la place. C’est arrivé naturellement, la découverte, les rencontres, le premier concert, les collaborations.. il a naturellement trouvé sa place au sein de mon quotidien.

  • Tes chansons sont quasiment toutes en anglais. Pourquoi? Tu aimerais chanter en français?

Cela est initialement dû au fait que j’ai commencé par chanter du jazz, du blues et de la soul donc de la « black music » dont le répertoire est en anglais. Maintenant je continue à chanter et écrire en anglais parce que j’aime le rendu de cette langue sur la musique que je fais et puis contrairement à ce que j’ai souvent entendu dire, je trouve que le français nécessite beaucoup plus de concret, réduit en quelque sorte la « marge de manoeuvre » or j’ai une écriture contentant beaucoup d’images, de métaphores et de symboles..

Mais il m’est arrivé de chanter en français en concert et j’ai écrit 2 chansons en français donc je ne m’y oppose pas du tout. C’est une question d’humeur et de timing je pense. Bientôt l’arabe et le portugais pour chanter les belles bossas de Jobim en langue originelle!

  • Ton totem/objet fétiche?

Dans mon sac à main se trouvent toujours un petit magnétophone et un carnet d’écriture .. ce ne sont pas des fétiches mais plutôt des indispensables.

  • Ton coup de coeur du moment?

N’étant pas une fanatique de la toile et de la télé, je suis vraiment à la ramasse niveau nouvelles sorties.. Mais en ce moment j’oscille entre Vincent Gallo, la musique de Miles Davis pour le film Ascenseur pour l’Echafaud et le dernier projet du rappeur Grems.

  • Tes projets?

 Je vais enregistrer et sortir un Ep où je reprends 5-6 morceaux de jazz que j’aime particulièrement avec un quintette d’ici 2-3 mois. Et sinon je travaille avec 2 producteurs et ma pianiste Agnès Imbault sur mes compositions qui seront ensuite proposées aux labels qui m’ont contactés récemment.

  • Le mot de la fin?

Je sais pas.. en ce moment j’aime bien le mot saltimbanque. (rires)

Pour aller plus loin: son Soundcloud