Revue de presse #15: La paix, le Nobel et Malala

Malala

  • Liban: « Malala Inc., une formidable machine de communication », 12 octobre, L’Orient le Jour

La jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, propulsée militante internationale pour le droit à l’éducation après avoir survécu à une attaque des talibans, dispose d’une formidable machine de communication, qui a contribué à diffuser son message et à faire d’elle une star.

À 16 ans seulement, l’adolescente qui vit désormais au Royaume-Uni s’était hissée dans la liste des favoris pour le prix Nobel de la paix. Elle a reçu le prix Sakharov, elle s’est exprimée à la tribune des Nations unies, a publié son autobiographie et a été invitée par la reine Élisabeth II au palais de Buckingham. Des honneurs dignes d’un chef d’État qui lui valent d’être assaillie de demandes d’interviews du monde entier. Son message a fait le tour du monde, d’autant qu’il est relayé par l’une des plus grandes entreprises de relations publiques, Edelman, qui compte parmi ses clients les géants Starbucks et Microsoft. La firme représente gracieusement Malala et sa famille depuis novembre 2012.

La jeune militante bénéficie aussi de l’attention bienveillante de l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, envoyé spécial de l’ONU chargé de l’éducation. Il lui a rendu visite à l’hôpital de Birmingham en Angleterre où elle était en soins intensifs et a pris fait et cause pour son engagement. C’est lui qui a organisé la prise de parole de la jeune fille devant les Nations unies, où elle a lancé un vibrant appel à « l’éducation pour tous les enfants », en juillet 2013. « Il a une relation assez proche avec la famille de Malala, en particulier avec son père », explique une source proche de M. Brown. À la demande du père de Malala, M. Brown a aussi personnellement contacté un associé de la société de conseil McKinsey, dont l’une des représentantes, Shiza Shahid, amie de la famille Yousafzai, préside le fonds Malala en faveur de l’éducation des filles. Un fonds, qui a reçu le soutien prestigieux et hautement médiatique de l’actrice Angelina Jolie.

  • Russie: « Nobel de la paix, reconnaissance de la sagesse de la Russie », 11 octobre 2013, Ria Novosti

L’attribution du Prix Nobel de la paix à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) constitue une reconnaissance du rôle de la Russie, qui a formulé les initiatives de paix pour désamorcer le conflit en Syrie, a estimé vendredi le sénateur russe Valeri Riazanski. « A mon avis, c’est la reconnaissance de l’efficacité de la solution proposée par la Russie à la communauté internationale pour résoudre la crise syrienne », a déclaré à RIA Novosti M.Riazanski.

Et d’ajouter qu’avec cette décision, les académiciens suédois avaient confirmé leur attachement au règlement pacifique du conflit en Syrie.Selon le sénateur, la décision du Comité Nobel est un prix attribué à la Russie pour sa sagesse.Le Prix Nobel de la paix a été décerné vendredi à l’Organisation pour l’OIAC chargée de superviser le démantèlement des arsenaux chimiques en Syrie.

Fin septembre, l’OIAC a approuvé un plan de destruction des stocks d’armes chimiques en Syrie. Ce pays, en proie à un conflit civil, a adhéré à cette organisation à l’initiative de la Russie, qui cherchait à éviter des frappes occidentales contre ce pays. Aux termes du plan agréé par l’OIAC, les équipements servant à fabriquer les armes chimiques doivent être détruits d’ici novembre 2013 et les arsenaux au cours du premier semestre de 2014.

  • Algérie: « Celui de la paix a été décerné hier à l’OIAC: l’aura dynamitée du prix Nobel », 12 octobre 2010, El Watan

Annoncée quasiment récipiendaire de la prestigieuse distinction du Nobel de la paix, Malala Yousafzai, a finalement servi de petit lièvre à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) engagée à «plein gaz» en Syrie. De même que le gynécologue Denis Mukwege, réputé pour son aide aux femmes violées dans l’est de la République démocratique du Congo.

Pour de nombreux observateurs, la version 2013 du Nobel de la paix est plus un cadeau qu’un mérite. Pas spécialement pour avoir frustré la jeune Pakistanaise. Quel est donc cet exploit réussi par l’OIAC pour avoir droit à ces grands honneurs de l’académie du Nobel ? De s’être exécuté en envoyant une équipe d’experts pour détruire les stocks d’armes chimiques de Bachar Al Assad ? C’est pour le moins un argument spécieux pour plaider la cause d’une organisation créée en 1997 pour de mettre en œuvre la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC) signée le 13 janvier 1993.

Beaucoup ont dû découvrir l’existence de l’OIAC à la faveur de la décision du Conseil de sécurité, le 28 du mois passé, de la charger de superviser l’opération de démantèlement des armes chimiques syriennes d’ici au 30 juin 2014. Une mission inspirée par la proposition du président russe, Vladimir Poutine, de mettre l’arsenal chimique syrien sous contrôle international… Tant qu’à faire, il aurait été plus juste de décerner ce prix au maître du Kremlin qui, par cette proposition, a court-circuité de justesse des frappes militaires contre la Syrie en septembre dernier.

Mais le comité Nobel ne voulait visiblement pas offrir une telle fleur à Poutine au risque de s’attirer des ennuis de la part des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni notamment. Pour autant le président russe est certainement loin de mériter une telle distinction, ne serait-ce que pour les horribles massacres qu’il a ordonnés en Tchétchénie et le traitement qu’il réserve à ses opposants. Cela dit, le prix Nobel de la paix plus que les autres perd irrémédiablement de son clinquant.

  • Iran: « Nobel à l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques et Poutine alors », 11 octobre 2013, IRIB
Le prix Nobel de la paix 2013 a été attribué vendredi à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).Cet organisme a été récompensé pour « ses efforts considérables visant à éliminer les armes chimiques », a annoncé le comité Nobel norvégien sur son compte Twitter.

« Les événements en Syrie, où des armes chimiques ont été utilisées, soulignent le besoin d’accroître les efforts pour se débarrasser de telles armes », a déclaré le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland.M. Jagland a égratigné au passage les Etats-Unis et la Russie pour n’avoir pas totalement détruit leurs stocks d’armes chimiques avant la date limite fixée en avril 2012.  le président Poutine a été le candidat à ce prix et on se demande pourquoi, lui, homme qui a empêché l’embrasement du Moyen Orient via le déclenchement du désarmement chimique syrien n’est pas récompensé.

  • Belgique: « Traîtresse ou héroïne, c’est selon », 11 octobre 2013, La Libre Belgique
Un an plus tard, la compassion a laissé place à la méfiance. Alors que Malala accumule les récompenses et qu’elle se voit honorée du prix Sakharov du Parlement européen, ce jeudi, les théories conspirationnistes véhiculées par les partis islamistes se répandent sur Internet. On publie des photos annotées. C’est sûr, Malala n’a jamais été blessée. Elle travaille pour la CIA. Son agression est une mise en scène des Américains pour ternir l’image du Pakistan.
Le gouvernement qui condamnait les talibans l’an dernier, n’a pas été réélu, lors des législatives du printemps. Le nouveau pouvoir, emmené par le premier ministre Nawaz Sharif, veut entamer des pourparlers de paix avec les combattants islamistes. Le 9 septembre, une conférence multipartite organisée à l’initiative du Premier ministre a publié une déclaration approuvant cette stratégie pour mettre un terme aux attentats. Les talibans sont devenus fréquentables.
« Nos élites dirigeantes sont trop faibles pour contrer les talibans et galvaniser la population » , déplore Ayaz Amir, homme politique et éditorialiste influent. Qui ajoute : « Le parti au pouvoir, la Ligue musulmane du Pakistan, a été élu grâce à son bastion électoral de la province du Penjab. Il veut éviter de froisser les talibans par peur des représailles dans son fief. »
La crainte de la PML-N n’est pas sans fondement. Voilà vingt ans que Nawaz Sharif tolère la présence de groupes terroristes sunnites au Penjab. En 2008, l’ASWJ, une organisation antichiite, avait même retiré son candidat dans une circonscription pour faciliter l’élection de Shahbaz Sharif, le frère du Premier ministre, à l’Assemblée provinciale du Penjab. Les spécialistes pakistanais de la mouvance djihadiste observent que le Mouvement des talibans pakistanais (TTP) a des liens avec les organisations terroristes sunnites du Penjab. « Orchestrer une campagne d’attentats dans cette région serait un jeu d’enfants pour les talibans » , assure Ayaz Amir.
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