L’Égypte sous le joug militaire

Égypte:

On l’avait quitté cet été dans un état apocalyptique. La place Tahrir s’était de nouveau remplie, mais pour des raisons bien plus sombres que ce que l’on avait en 2011 qualifié de « révolutions arabes ». Alors que l’Égypte a été relégué au second plan après le réveil médiatique autour de la Syrie en septembre, qu’en est-il aujourd’hui? Synthèse.

« Nous nous trouvons actuellement dans une phase délicate qui reflète la tourmente dans laquelle se trouve les relations américano-égyptiennes. Dire autre chose ne serait pas honnête » a déclaré aujourd’hui Nabil Fahmy, ministre des affaires étrangères égyptien. En effet, les États-Unis viennent de geler leurs aides au Caire, qu’elles soient financières ou militaires, en représailles de la répression qui a fait suite à la destitution de l’ancien président Mohammed Morsi en juillet. « Nous attendons des progrès crédibles vers un gouvernement civil démocratiquement élu » a déclaré la gouvernance américaine pour se justifier.

Prise de distance avec les États-Unis

Pour le ministre des affaires étrangères égyptien, il y a une volonté de son gouvernement de garder une entière souveraineté sur le pays: »l’Egypte s’est appuyée sur l’aide américaine durant trente ans, choisissant l’option la plus facile et ne diversifiant pas ses choix. Cela a amené les Etats-Unis à croire à tort que l’Egypte s’alignerait toujours sur ses politiques et ses objectifs ». Volonté délibérée de l’Égypte de démontrer son indépendance, plus particulièrement vers les pays du monde arabe hostiles à la puissance américaine? Ceci reste encore à vérifier.

Après la démocratie

Faut-il le rappeler? La chute de Mohammed Morsi correspond aussi à la chute du premier président élu démocratiquement. Si les militaires actuellement à la tête du pouvoir promettent la tenue prochaine d’élections, il n’en reste pas moins que c’est le plus haut gradé des militaires, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige le pays pour le moment, cristallisant l’opposition civils/militaires régnant depuis la révolution de 1952. Il est aussi à souligner que les États-Unis n’ont jamais qualifié la destitution de Mohammed Morsi de coup d’État, condamnant de manière plus floue une « regrettable répression ».

Aujourd’hui, demain

« Depuis qu’ils ont destitué Mohamed Morsi, le 3 juillet dernier, les militaires égyptiens sont entrés dans une logique éradicatrice. Des arrestation en masse ont été opérées dans les rangs des Frères Musulmans touchant notamment leurs cadres dirigeants » écrit l’universitaire Sophie Pommier dans Le Monde. L’avenir que le faits présents présagent à l’Égypte ne sont que peu optimistes: espérons que le pouvoir en place tienne ses promesses sur la tenue prochaine d’élections. Démocratiques comme il se doit.

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