Revue de presse #16: après le « fiscal cliff », le « shutdown »

Fiscal

  • Belgique: « L’épouvantail du shutdown », 18 octobre 2013, La Libre Belgique

Nouvelle semaine placée sous le signe du « shutdown » aux Etats-Unis, avec toujours des rumeurs de krach boursier… mais avec cette fois des espoirs qui se précisent sur une solution politique à moyen terme. Ces espoirs qui expliquent le rebond un peu curieux des marchés d’actions, essentiellement en Europe en tout cas. Les indicateurs de tendance ont grimpé par étapes, dans des volumes d’affaires peu étoffés, et finalement, le score de la semaine est positif un peu partout.

On a d’ailleurs, pour les valeurs européennes, le sentiment que les marchés ont encore un peu de retard à rattraper sur les places américaines. Pour rappel, l’indice Dow Jones a dépassé en février dernier ses sommets historiques de 2007, avant la crise des subprimes. En Europe, on est encore très loin du compte et les valorisations sont globalement « normales » sur base des résultats estimés pour l’année en cours. Donc, si la situation devait se stabiliser aux Etats-Unis, il y aurait probablement encore de la marge pour une hausse boursière en Europe.

Cela étant, les places financières américaines n’ont pas donné le sentiment d’une faiblesse particulière. Et cette météo boursière favorable est sans doute une bonne affaire pour les grosses opérations financières comme la future introduction en Bourse de Twitter. Apparemment, en dépit des hypothèques qui pèsent sur l’économie américaine mais auxquelles personne ne veut croire, les investisseurs brûlent toujours d’acheter ces titres. L’opération d’introduction en Bourse de Twitter qui pourrait avoir lieu dans quelques semaines sera donc à cet égard un excellent indicateu

  • Liban: « Derrière le shutdown à Washington, des arrières-pensées électorales », 11 octobre 2013, L’Orient le Jour

La proximité des élections législatives américaines de 2014 rend plus délicate la sortie de crise sur le budget et la dette, démocrates et républicains se méfiant d’un vote-sanction de leurs électeurs tout en espérant tirer profit de la paralysie actuelle. Une élection n’est jamais très distante aux États-Unis : le 4 novembre 2014, comme tous les deux ans, les électeurs auront le choix de reconduire la cohabitation législative qui paralyse Washington depuis janvier 2011, ou de donner le contrôle des deux Chambres du Congrès à un seul et même parti.

Mais la rapidité du cycle électoral est aussi le poison du système politique américain, la pression des élections raidissant les positions de chaque camp. À quelques mois des primaires, un compromis risque d’être interprété comme une compromission.

Dans l’immédiat, les alliés démocrates du président Barack Obama estiment profiter du blocage, provoqué selon eux par l’intransigeance des républicains. « Les jours de leur majorité à la Chambre des représentants sont comptés s’ils continuent comme ça », a lancé plein d’espoir Brad Woodhouse, président d’Americans United for Change et ancien porte-parole du Parti démocrate.Le démocrate en veut pour preuve un sondage réalisé par l’institut préféré de la gauche américaine, Public Policy Polling (PPP), dans 24 circonscriptions actuellement représentées par des républicains.

  • Russie: « Défaut de paiement des USA: aucun danger pour l’économie russe », 16 octobre 2013, Ria Novosti

Un éventuel défaut de paiement des Etats-Unis ne présente pas de danger pour l’économie russe, a déclaré mercredi à Moscou le ministre russe des Finances Anton Silouanov. »Nous n’avons pas de bons à court terme, si le défaut de paiement se produit, cela n’aura pas de conséquences néfastes pour nous. Mais j’espère que toutes les parties se mettront d’accord et que l’administration présidentielle américaine et le Congrès parviendront à un compromis », a indiqué M.Silouanov devant les journalistes.

L’Etat fédéral américain a été mis au chômage technique le 1er octobre pour la première fois depuis 17 ans, faute d’un accord sur le budget au Congrès. Les Etats-Unis risquent en outre de se retrouver en défaut de paiement le 17 octobre prochain, si le Congrès ne parvient pas à s’entendre sur le relèvement du plafond de la dette, à partir duquel les Etats-Unis ne sont plus capables de rembourser leurs crédits.

  • Chine: « La chine salue le dénouement de l’impasse budgétaire au États-Unis », 17 octobre 2013, Xinhua

La Chine a salué jeudi l’approbation d’une loi pour mettre fin au shutdown du gouvernement américain et relever le plafond de la dette. »Nous saluons les progrès accomplis par les Etats-Unis dans la gestion de cette crise », a déclaré jeudi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying lors d’une conférence de presse régulière.

La porte-parole a fait ces commentaires après que le Sénat américain a approuvé mercredi soir un accord permettant de relever le plafond de la dette et de mettre fin au shutdown partiel du gouvernement fédéral. »En tant que première puissance économique du monde, la résolution appropriée de ce problème va non seulement dans le sens des intérêts propres des Etats-Unis mais bénéficie aussi à la stabilité et au développement de l’économie mondiale », a souligné Hua.

Selon le Trésor, la première économie mondiale aura épuisé toutes ses capacités à emprunter le 17 octobre. Il ne lui restera qu’une trésorerie d’environ 30 milliards de dollars alors que des paiements plus importants se profilent.

  • Algérie: « Etats-Unis: doutes sur la réforme de l’immigration après le budget », 20 octobre 2013, El Watan

A peine la crise budgétaire terminée, le président américain Barack Obama a appelé le Congrès à terminer la réforme du système d’immigration, entamée au printemps, mais ses adversaires républicains du Congrès ne partagent pas le même enthousiasme. « Nous devons terminer le travail et réparer notre système d’immigration, qui est cassé », a déclaré Barack Obama jeudi. « Commençons les négociations. Mais ne laissons pas le problème s’envenimer pour encore un, deux ou trois ans. On peut le faire, et il faut le faire avant la fin de l’année ».

La réforme a déjà accompli la moitié du chemin. En juin, le Sénat, dominé par les alliés démocrates de Barack Obama, a adopté un projet de loi historique qui conduirait à la régularisation immédiate et à la naturalisation de millions de sans-papiers, en majorité mexicains, en 13 ans minimum, et sous conditions.Le plan du Sénat, adopté avec l’appui de républicains, fortifierait encore plus la frontière avec le Mexique et réorganiserait le système de visas pour donner la priorité aux professions en forte demande, comme les ingénieurs mais aussi les travailleurs agricoles.

Mais dans l’autre moitié du Congrès, à la Chambre des représentants, les républicains disposent de la majorité et sont plus hostiles à ce que beaucoup qualifient d' »amnistie » pour les millions d’étrangers en situation irrégulière. Selon les démocrates, la réforme migratoire est l’occasion de redorer l’image des conservateurs, jugés responsables de la récente paralysie à Washington et dont la cote de popularité a chuté cet automne. »C’est une occasion en or », dit Maria Cardona, consultante politique proche des démocrates. « Nous disposons d’une fenêtre d’un ou deux mois pour que la Chambre vote la réforme ».

  • Iran: « l’Amérique est déjà en faillite ! », 16 octobre 2013, IRIB
Quelles seraient les conséquences d’un défaut de paiement américain,le 17 octobre prochain ou quelques jours plus tard ?

Ce sont des millions de salariés qui perdraient leur emploi. L’inévitable effondrement du marché immobilier. L’épargne des citoyens US volatilisée. Le Congrès des Etats-Unis complètement paralysé. De plus en plus de pays à travers la planète qui plaideraient activement en faveur d’une nouvelle monnaie de réserve, pour supplanter un dollar défaillant et de plus en plus contesté. Les Etats-Unis forcés de se retirer de nombre de leurs guerres. Le taux de chômage US qui s’envolerait pour se maintenir au-delà de 7% pendant de nombreuses années. Mais pourquoi ces évènements dramatiques nous semblent-ils si familiers ? Tout simplement parce que les Etats-Unis d’Amérique ont déjà fait défaut, et qu’il est même possible de dater précisément cette banqueroute !

L’envolée de l’once d’or depuis 265 dollars (au jour de l’investiture de George W. Bush) à 1800 dollars en 2011 n’est-elle pas, en effet, caractéristique d’une monnaie – et donc d’un pays – en pleine liquéfaction ? Et preuve incontestable du défaut de paiement des Etats-Unis, même si elle reste ignorée – ou niée- par l’écrasante majorité des citoyens américains ? Une autre théorie voudrait que les Etats-Unis aient fait défaut dès 1971, c’est-à-dire dès lors que le Président Nixon eut relégué aux oubliettes les accords de Bretton Woods, et définitivement abandonné toute convertibilité de sa monnaie contre l’or.

Pour autant, ne nous y trompons pas : si, aujourd’hui, le monde est suspendu au simulacre de tractations entre Républicains et Démocrates, si le monde est terrifié à la perspective que les Etats-Unis d’Amérique ne parviennent plus à honorer leurs engagements après le 17 octobre, si le monde redoute un « Lehman moment » à la puissance dix, c’est tout bonnement parce que ce pays conserve son « privilège exorbitant ». L’Oncle Sam n’est -encore et toujours- capable d’emprunter massivement et à si bon marché que parce qu’il est toujours considéré comme le refuge par excellence. Statut qu’il ne perdra certes pas du jour au lendemain, mais qui se retrouve néanmoins sérieusement déstabilisé par le psychodrame ayant lieu actuellement à Washington.

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