Kronik Kultur #17

Au programme de cette dix-septième Kronik Kultur, la rencontre de l’accordéoniste et du reggaeman, un pur player méditéranéen. 

  • Musique: Winston McAnuff & Fixi, « A new day », Wagram Music, 2013

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Jamaïque et musette, aucun rapport? Pas si sûr. L’accordéon chromatique de Fixi et la voix du reggeaman Winston McAnuff ,qui se mêlent sur un album commun, « A new day »,  nous prouvent le contraire. La symbiose qui ressort de leur rencontre laisse quasiment pantois: on se demanderait presque si ces deux là n’ont pas enchaîné les concerts ensemble. L’un, Fixi, aimant ouvrir le folklore français à d’autres horizons, ayant entre autre travaillé avec Tony Allen, pionnier de l’Afrobeat. L’autre, Winston McAnuff, qui a roulé sa bosse avant de connaître une carrière fulgurante en France  au début des années 2000, avec Camille Bazbaz, Java ou encore Cyril Atef, moitié du duo « Bumcello ».

Winston McAnuff vient du reggae, on n’entend pas de reggae sur l’album. Fixi vient de ce qu’il est convenu d’appeler « chanson française »: ce n’est pas non plus ce que l’on entend. Les morceaux sont un mélange d’influences diverses et variées: par ci, un rythme zouk, par là, un air de blues. Les musiciens participant à l’album n’y sont pas pour rien. On retrouve, entre autre, le batteur Cyril Atef, Tony Allen, le guitariste Matthieu Chedid ou encore Alexis Bossard de « Java ».

Ce qui est plaisant, c’est que Winston McAnuff ne se limite pas au registre vocale du reggae, osant tout à la fois aborder une ballade, une chanson jazzy, une incantation blues. L’exemple le plus probant est sans doute à chercher avec « Wha dem say », magnifique ballade, où le piano use d’un patern à répétition que l’on verrait très bien sur une Kora: là McAnuff n’hésite pas à aller dans un registre, une palette vocal que l’on ne lui soupçonnait pas jusque là.

Découvert tardivement, un soir, sur les ondes de radio Nova, « A new day » est un album à écouter, réécouter, encore et encore. Il fait partie de ce genre d’album que vous pouvez très bien ne pas aimer à la première mais dont vous prenez goût avec le temps. Mais une chose est sûre: le live doit décaper. Alors courez les voir en concert!

  • Presse écrite: « OrientXXI »

O21

On avait parlé ici il y a quelques temps de Rukh, passionnant mooks créé par un ancien science-potiste consacrée au monde arabe. Il se trouve qu’un autre beau projet vient de se lancer: j’ai nommé OrientXXI. Composé « de journalistes, universitaires, militants associatifs, anciens diplomates », ce nouveau pur player vise à démocratiser la connaissance du monde méditéranéen auprès des lecteurs français. Parmi les « plumes », on retrouve le spécialiste de l’islamisme Laurent Bonnefoy, le persanophile Bernard Hourcade ou encore l’ancien rédacteur en chef de « L’Express » Jean-Pierre Séréni.

Je vous laisse découvrir un extrait d’un article de l’ancien diplomate Alexis Varende, intitulé « Le répit de Bachar Al-Assad:

« L’époque est révolue où le président Assad se louait lui-même parce qu’il ne trouvait personne d’autre pour le faire. Aujourd’hui, la communauté internationale lui sait gré de respecter l’engagement qu’il a pris de détruire son armement. Contre toute attente, elle fait de lui un interlocuteur possible dans la perspective de la conférence internationale prévue pour la mi-novembre. Profitant de ce sursis, le président reçoit beaucoup de journalistes, de visiteurs, d’émissaires discrets ou annoncés, etc. Les occasions de faire valoir ses vues ne manquent pas. CBS, Rossiya 24 TV, Fox News, CCTV, teleSUR, Rai News 24, Halk TVet Der Spiegel ont en commun de l’avoir interviewé au cours des quatre dernières semaines.

Ses entretiens avec la presse sont caractérisés par son impassibilité, son rigorisme et sa logique. Le président a réponse à tout. Il n’est jamais pris par l’émotion. Il ne manifeste ni regret ni remords même si, çà et là, il avance quelques mea culpacollectifs, rares, calculés, qui apparaissent comme des concessions que seuls les puissants s’autorisent. Des « fautes ont été commises » parce que « nous sommes tous des humains », a-t-il coutume de dire (Der Spiegel, Rai News). Encore s’empresse-t-il d’ajouter que les responsabilités viennent d’ailleurs, des « terroristes », des « djihadistes » ou des États qui aident et financent la Coalition nationale syrienne (CNS) « qui ne représente personne ». Enfin, si des « erreurs » ont été commises« dans l’exécution », « les décisions fondamentales étaient justes » « .

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