Chroniques de Cisjordanie #2

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Ramallah. On se perd « place de la montre », en plein centre de la ville, où l’on doit retrouver l’administratrice de la fondation Barenboïm-Saïd, qui oeuvre pour l’apprentissage de la musique en Palestine, sous l’impulsion du chef d’orchestre israélien Daniel Barenboïm et de l’intellectuel palestinien Edward Saïd. Après avoir demandé notre chemin à un marchand de disque, un policier, un vendeur de thé à la sauvette, un magasin de luxe, nous trouvons enfin notre lieu de rendez-vous dans une large rue boisée. De l’immeuble hébergeant la fondation, la mélodie d’un piano se mêle au son d’un violon. Une fois entré, les salles de musique se succèdent: c’est un véritable conservatoire qui siège ici. « Creating a future, through music and education »: pareil slogan ne peut mieux résumer le travail de la fondation en Palestine.

Musique. Deuxième animation musicale pour les personnes âgées du centre où nous logeons. Maggie, la résidente qui fait à elle seule l’animation du lieu, souhaite de nouveau participer en continu à notre prestation, une fois aux percussions, l’autre en entonnant un chant américain d’après-guerre. Margot, une autre résidente, se met à chanter l’hymne officiel palestinien mais s’arrête au bout de quelques couplets, prise par la timidité. « I dont like Taybeh. I like Jerusalem! » dit-elle: la ville-sainte sera demain au programme des visites.

Une bière palestinienne, ça vous étonne? C’est le pari de la famille Khoury à Taybeh. Revenue de Boston après les accords d’Oslo, se disant que telle opportunité ne se représenterait pas, la famille produit depuis localement cinq types de bières: brunes, blondes, ambrées, light et une bière sans alcool (principalement pour les musulmans de Palestine). Plus étonnant, la famille organise depuis des années une « OktoberFest » dans le village, sur le modèle munichois, qui rameute à chaque fois un public venu du monde entier. La dernière édition, datant de début octobre, n’a pas eu lieu à Taybeh: en cause, un conflit avec la municipalité. « C’est dommage, c’est une opportunité économique dont la municipalité se prive » nous dit la cofondratrice de la brasserie, à quelques mètres d’une photo de son mari posant avec Yasser Arafat.

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