Chroniques de Cisjordanie #3

Margot.tiff

Taybeh. Face à la fureur de Ramallah, le petit village chrétien paraît bien calme: il n’est qu’à une dizaine de kilomètres de la capitale politique palestinienne. Marcher dans les ruelles paraît un contre-emploi: une majorité de la population se déplace en voiture. Lorsque vous n’en avez pas, privilégiez le « service » (le bus public) pour quelques shekels ou le taxi (vous triplez le prix). Mais Taybeh, ce sont aussi des défilés de tracteurs: nous sommes à la fin de la saison de la récolte des olives.

Mercredi. On souhaite se rendre à Jérusalem: première visite en Israël depuis notre arrivée. Pour éviter des ennuis aux checkpoints, nous nous faisons conduire dans la voiture diplomatique du patriarcat catholique de Taybeh. Sur la route, on commence à s’habituer à la vue du mur, des colonies qui s’étalent sur des kilomètres. Aucun problèmes pour passer la frontière: c’est un coup de chance, j’ai laissé mon passeport en Cisjordanie.

Jérusalem. Comment définir l’atmosphère qui règne dans cette ville, sainte pour les trois religions du Livre? Disons qu’une grande ferveur mystique y règne. Bien sûr, il y a ce que l’on attend d’une ville de pèlerinage: des magasins de souvenirs à n’en plus finir dans un souk qui n’a de local que l’architecture. Mais plus encore, ce sont les lieux-saints en eux-même qui dégagent la plus grande étrangeté: arrivé devant le mur des lamentations, après avoir de nouveau passé un contrôle policier, vous vous étonnez des prières mélodieuses des juifs loubavitch, comme habités par leurs incantations.

La politique n’est jamais très loin. Direction l’esplanade des mosquées: pour s’y rendre, une seule solution, emprunter une passerelle de bois aux faux airs de cage aux fauves. Mais, le public y rentre au compte-goutte. Et, mauvaise nouvelle, on ne peux y accéder qu’entre 12h30 et 13h30. Il est 13h30. C’est dans ces anecdotes que l’on comprend des bribes de l’absurdité d’un conflit qui n’en finit pas. La même absurdité se retrouve lorsque l’on visite le Saint-Sépulcre: aucun moyen de comprendre l’architecture du lieu, une fois que vous êtes dans le choeur de l’église, des murs cloisonnent chacune de ses parties pour combler les différents courants chrétiens qui se partagent le lieu. Stop the wall!

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Une réflexion sur “Chroniques de Cisjordanie #3

  1. Faut tenter de se mettre dans la peau d’un Palestinien et d’essayer d’aller à Jérusalem ainsi : l’itinéraire ne sera pas le même, l’attente aux checkpoints sera interminable… Prêt à relever le défi (prévoit plusieurs heures pour faire le même trajet…) ?

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