Chroniques de Cisjordanie #5

Image

Checkpoint. En une semaine de pérégrinations  en territoires palestiniens, c’est aujourd’hui la première fois que je me confronte directement aux soldats israéliens. En effet, durant toute la semaine, j’évitais les checkpoints en me faisant conduire dans un véhicule diplomatique du patriarcat de Taybeh. Ainsi, c’est pour me rendre ce matin à Jérusalem que j’ai pu faire ma première expérience d’un contrôle:  le bus s’arrête, les soldats, arrimés à leur fusil, montent, inspectent. Arrivés à mon niveau, ils demandent: « Do you speak arabic? No. Do you speak arabic? No, english.  » Quelques secondes plus tard, je comprend qu’ils s’amusent à me comparer à Farid El Atrache, célèbre joueur de oud égyptien.

Je vous parle de Jérusalem, mais aujourd’hui, ce n’était qu’une escale. On y passe en fait moins d’une heure pour faire du change. Notre destination finale: Bethlehem. Vous savez, la ville qui aurait vu la naissance du Christ, où les flots de pèlerins se déversent comme les américains à Disneyland. Arrivé sur place, on constate tout de même un calme relatif qui contraste avec la « tension sacrée » de Jérusalem. Certes, les boutiques de souvenirs y sont nombreuses, mais la ville a su garder un naturel qui manque à sa consoeur.

Bethlehem  aurait pu n’être qu’une visite architecturale où l’on cherche à sonder l’ambiance en s’imprégnant des conversations que l’on ne comprend pas à la terrasse des cafés, des restaurants, des stations-services, des boutiques de téléphonie, d’un bazar, s’il n’y avait eu cet évènement, pour le moins particulier. Sur la place de la mangeoire (je vous laisse deviner l’origine du nom), des chaises commencent à être disposés en milieu d’après-midi, des badaud commencent à s’attrouper. Je comprend un peu plus tard la signification de l’évènement: on fête le retour de 3 prisonniers palestiniens libérés en début de semaine par Israël.

Que dire d’une courte semaine passée en Cisjordanie? Sans doute, l’émergence d’une certitude: je reviendrai. Je ne peux pas oublier la permanence de ces murs, de ces grillages, de cette colonie qui nargue l’entrée de Ramallah. Je ne parviens pas à comprendre l’absurdité d’une situation où deux populations vivent côte à côte, certains adoptant une complète autarsie (les colons ayant leurs propres routes, supermarchés, écoles, stations-services…). Néanmoins, je ne suis pas pessimistes: le changement arrivera un jour. On ne peut se contenter de telle situation. Mais s’il doit se faire, ce sera de l’intérieur. Il y a encore du chemin.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s