Un Oeil sur #7: Antoine Boyet, rédac’ chef du Journal International

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  • Le journalisme, c’est une vocation pour toi?

Non, je ne pense pas. J’ai toujours été curieux. Depuis tout petit j’adore débattre de tous et de rien. Avoir des discussions sans fin. Reste que j’ai eu du mal à trouver un « journalisme » qui arrivé à me séduire. Je me souviens que j’empêchai souvent mon père de regarder le Journal de 13h de TF1. Pestant contre un « journalisme facile ». Je pense que j’ai pour l’instant plus un esprit universitaire. Plus sur un temps long. Mais depuis quelques mois, vouloir faire du concret sans filets de sécurité comme le permet le journalisme, ça me plaît énormément. Finalement j’aime cette tension, cette douce hystérie d’aller au cœur du sujet et de le rendre accessible. Être journaliste, ou vouloir le devenir, c’est aussi le meilleur moyen d’assouvir à plein sa curiosité, de toujours devoir apprendre et découvrir. J’aime faire découvrir, aussi.

  • Parles-nous un peu du Journal International dont tu es le rédac’ chef…

Comment résumer un tel projet ? Déjà et avant tout, c’est un projet d’une bande devenue potes autour du Journal International. Sans ça, je ne pense pas que ça aurait marché. C’est aussi la chance d’avoir pu réunir des personnes pleines de talents. Chacun fait progresser l’autre, nous avons tous beaucoup plus appris par la pratique que dans nos cursus universitaires…

Après bien sûr, c’est un projet a très grande ambition. Celle de s’établir comme un médias de référence dans son domaine, de concurrencer des publications comme le Courrier International ou le Monde Diplomatique, en proposant autre chose de plus nouveau et de plus actuel. Tous en devenant un véritable espace de formation, un média tremplin pour les jeunes journalistes et les étrangers.

Moins manifeste et plus dans la genèse, Le Journal International existe depuis 2008. Il s’agissait tout d’abord d’une honnête gazette universitaire distribuée au sein de la ville de Lyon. L’an dernier, nous avons décidé de lancer un site d’actualité avec trois articles par jours. Ce qui nous a permis d’être davantage reconnus. La rédaction traite uniquement de l’actualité internationale. Tout ce qui passe entre les mailles du filet des médias traditionnels, tout ce qu’ils jugent négligeable ou pas assez intéressant pour leurs éditions. Pour ce faire, nous disposons d’un réseau de 170 correspondants à travers le monde, composé d’étudiants en Erasmus et d’expatriés. Les correspondants sont notre force.

Le 10e numéro est sortir le 24 octobre en kiosque (et il est encore bien entendu disponible). Le magazine est présent dans les grandes villes de France ainsi que la plupart des pays francophones. Le tout sur 68 pages tirés à 12 000 exemplaires. Un journal professionnel en mode 3.0. Les lecteurs peuvent réagir en direct sur Twitter grâce aux Hashtags disséminés autour des articles, et ils peuvent même lire plusieurs articles traduits en langues étrangères (anglais, espagnol et portugais) grâce à des flashcodes. À découvrir un superbe reportage en Corée du Nord « le pays le plus fermé du monde », un invitation au voyage par le récit d’un épopée en voilier jusqu’à l’Antarctique, ou encore l’histoire délirante de Tiphoid Mary.

  • Le Journal International va connaître sa première sortie en kiosque, beau pied de nez à tous ceux qui annoncent la fin prochaine des journaux papier non?

Sincèrement – et même si je l’aime beaucoup, j’ai grandi avec elle -, je crois que la presse écrite quotidienne – et peut-être hebdomadaire – est vouée à disparaître. À moins de la révolutionner, c’est encore possible, mais je ne crois pas qu’il aura une assez forte prise de risque de la part des grands titres. Après je crois que le papier, c’est encore l’avenir, y’a tellement à faire sur ce support. Ce que nous avons voulu pour le JI10, c’est de faire un « objet ». L’info brute c’est essentiel, mais le lecteur attend aussi autre chose. Je ne citerai que deux exemples pourtant très différents dans leur concept : XXI et The New Yorker. C’est deux magazines (c’est le mot), essaye de proposer autre chose, de créer, d’innover, de surprendre. Une fois achetés, et tu les gardes pendant de longues semaines sur ta table basse.

  • L’actu de ces dernières semaines qui t’a le plus marqué?

C’est peut-être ça mon paradoxe, c’est quand je regarde l’actualité française, la plupart du temps, j’ai du mal à aller plus loin que le titre. Je mange de ce flux d’information, de nouvelles à longueur de journée. Et c’est vrai que j’aime ça. Mais de plus en plus, j’essaye de me poser 5-10 minutes pour lire un long papier. Celui qui est « unique », qui vient d’un journaliste présent sur le terrain…. Un papier qui ajoute une valeur ajoutée à la brève d’agence. Car en vérité dans 80% des cas quand on lit Le Monde, le Figaro ou même Libé, on lit l’AFP…. C’est dommage. Reste que je ne peux pas avoir une pensée pour les deux journalistes de RFI, un vrai drame.

  • Ton coup de cœur du moment (musique, cinéma…) ?

C’est plus vraiment un coup de cœur, mais je ne me suis toujours pas remis de la fin de Breaking Bad. Je suis un mordu de série. C’est une véritable révolution pour moi. Certaines séries sont des immenses chefs-d’œuvre (The Wire, Oz, The Shield, Carnivàle ,…), trop souvent minorés par rapport aux productions cinématographiques.

  • Tes projets pour les semaines, les mois à venir?

Je suis actuellement en Master 2 de Journalisme au sein de l’IEP d’Aix-en-Provence. Mon avenir immédiat, c’est de chercher un stage pour le mois de février. Pour découvrir une nouvelle rédaction et apprendre encore et toujours. Rencontrer aussi un maximum de journaliste et de découvrir ce métier à travers eux. Ensuite, je crois beaucoup au JI. L’on met tout en œuvre pour que l’aventure continue de grandir et de gagner en légitimité. C’est une idée folle, mais l’ambition est de créer un vrai nouveau média, et que notre rédaction soit viable. J’ai des doutes, mais ce sont de bons doutes. Mais j’ai aussi beaucoup d’espoir.

  • Un objet fétiche?

Je suis un gars assez mono-vestimentaire. C’est-à-dire que toute au plus, je n’ai pas plus de quatre Tee-shirts. Forcément en quelques jours le tour de remplacement est très vite fait. Mais j’aime bien. En ce moment, J’ai un tee-shirt Dewey [de la série américaine Malcom], les gens aiment le commenter. Ça me fait rire.

  • Le mot de la fin?

Je vous invite à acheter, à lire, à partager Le Journal International #JI10, sorti en kiosque le 24 octobre (en plus d’être mono-vestimentaire, je suis aussi mono-sujet !)

 

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