Adjugé!

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A L’hôtel des ventes de Drouot, c’est un joyeux capharnaüm qui a lieu tous les jours de la semaine. Dans les salles de ventes c’est tout un monde qui se met en place. Reportage.

 

«Allez, 2000 euros pour cette œuvre ? Soyons fou !» : Eructant sur son estrade tel un pasteur devant ses fidèles, le commissaire-priseur a l’air entièrement dans son élément. En ce dimanche triste d’un mois de novembre qui voit les parisiens recouvrir leurs habits d’hiver, on se presse à la salle des ventes n°6 de l’hôtel Drouot à Paris, haut lieu des ventes aux enchères parisienne, quand Londres a son Sotheby’s. Le butin à conquérir ? Le fond photographique de l’Institut Catholique de Paris.

De vieux anglais et une poussette

 

Dans la salle, faite de moquette rouge et de tissus sombres tendus sur les murs, on s’attend à trouver un public haut de gamme, mélange de bourgeoisie et d’hommes d’affaire. On n’en est pas loin, mais il n’y a pas que ça : un couple venu avec enfant dans la poussette, des retraités émerveillés par la théâtralité de l’endroit, de vieux anglais négociant le montant de leurs enchères. A un vigil, un des acheteurs glisse: «Vous êtes nouveau ici ? Vous n’auriez pas vu ma femme ? Vous savez ce que c’est, une femme». Quelques mètres plus loin, une adolescente note frénétiquement sur son IPhone les mises de chacun des objets mis en vente.

Acheteur, un métier

 

Sur chacun des côtés de la salle, une rangée de tables interpelle. Derrière elles, une ribambelle d’hommes et de femmes, costar cravate et tailleurs de rigueur, restent concentrés, leur téléphone portable sur la tempe.  «Tu le connais l’homme au téléphone?» demande un acheteur à son voisin. «Sûrement un genevois!» répond du tac au tac l’intéressé. De fait, les acheteurs au bout du fil vont remporter la quasi-totalité des enchères de la séance: ici, l’argent vient de loin.

 

Derrière l’estrade, on est loin d’être marteau

 

Deux femmes retranscrivent en direct sur leurs ordinateurs l’évolution de la vente pour le site-internet de Drouot. A leur droite, un homme, comparable à un greffier, annonce le prix de départ des enchères. Au centre, se tient le maître du jeu :«Je suis David Nordmann, commissaire-priseur». Grand, distingué, l’homme a de quoi impressionner. Droit et histoire de l’art pour formation, cette éducation s’en ressent dans son approche des ventes, à la fois juge et artiste. Ce qu’il aime dans ce métier? «Je suis en permanence confronté à des objets d’art. Et puis, je rencontre tout un tas de gens passionnés!». Ici, si dans le public l’ambiance vire parfois au casino, derrière l’estrade, on est loin d’être marteau.

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