Instantané de coiffeur

Instantané de coiffeur

« Oui allô? Aujourd’hui? Allez, demain c’est noël, je vous fait la coupe gratuite! ». Qu’il soit au dessus de la tête d’un client ou derrière la caisse, Guy Le Thiec est un personnage à lui-seul. Les bars ont leur pilier de comptoir, le salon de coiffure de la rue du Guesclin à Redon, petite bourgade de la périphérie de Rennes, a sa mascotte. Son agitation est simple: le salon de coiffure n’a pas engagé de secrétaire. Alors, dès que le téléphone sonne, c’est lui qui s’y colle.

 L’usine du ciseau

 Venir ici sans rendez-vous signifie dépendre du bon vouloir du maître des lieux. En bon manager, il surveille le travail de ses salariés sur les deux étages que constituent le salon, oscillant entre la décoration figée dans les nineties du rez de chaussée jusqu’au kitsch du deuxième étage et ses consoles de plastique rouge en forme de coquillage. Ajoutez à cela une drôle de répartition du personnel, où toutes les femmes sont concentrés sur le même niveau, et vous obtenez un établissement pour le moins singulier.

 «La température?»

 «deuxième étage pour vous!» m’indique Le Thiec, me faisant signe d’emprunter les escaliers. Arrivé en haut, je suis accueilli par la gente féminine du lieu. Ca discute beaucoup entre coiffeuses, peu avec les clientes. On parle des congés à venir que prendront les unes, de la permanente ratée réalisée par l’autre. «alors, je coupe comment?» demande la coiffeuse, interrompant ses collègues.

 Déjà, l’eau coule. Le temps du shampoing est arrivé. Les mains de la coiffeuse remuent énergiquement l’amas de cheveux, faisant mousser avec abondance la mixture. «La température?»: j’approuve d’un hochement de tête. Devant moi, une grand-mère simule l’ennui, fixant sans discontinu le minuteur placé droit devant elle. Plus loin, une autre feuillette sans envie un magazine people, plus occupée à épier la réussite de la coupe de sa voisine. De retour sur le fauteuil de cuir noir, je n’ai pas le temps de laisser mon esprit divaguer que la coupe est déjà terminée. Arrivée au rez-de chaussée, le maître du lieu m’interpelle: «vous faites plus sérieux comme ça!».

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Kronik Kultur #18: The Selfish Giant, Clio Barnard

SG

Dans cette dix-huitième Kronik Kultur, votre chroniqueur vous propose une plongée dans le dernier film de la réalisatrice britannique Clio Barnard, « The Selfish Giant » (« Le Géant Égoïste » en français) . Ici, pas de critique: entrez dans la peau d’Arbor, personnage principal du film. Attention, âmes sensibles, s’abstenir: spoiler!

 Je ne verrais plus jamais un cheval de la même manière, plus jamais: vous allez bientôt comprendre pourquoi. D’abord, commençons par les présentations: je suis Arbor, j’ai 13 ans, un frère toxico’ et j’habite Bradford, une petite ville sans charme du Nord de l’Angleterre.

 Tout a commencé parce que je n’aimais pas l’école. Enfin si, j’avais mon pote Swifty, c’était bien le seul à me comprendre. Pauvre Swifty. Avec lui, plutôt que de rester à ne rien faire en cours, j’avais décidé de partir à la recherche de ferraille dans la ville pour les revendre à la déchetterie et se faire un peu d’argent. Et puis, c’était quand-même marrant, on partait faire ce boulot avec un cheval que nous louait Kitten, le patron de la déchetterie.

 Tout ça, ma mère ne le voyait pas d’un très bon œil. Alors, quand je me suis fait exclure de l’école parce que j’avais aidé Swifty à se défendre alors qu’il se faisait embêter dans la cour, ma mère ne l’a pas supporté. Mais je crois que les parents de Swifty, eux, étaient un peu reconnaissant de ma protection, même s’ils n’aimaient pas l’influence que j’exerçais sur lui.

 Après mon exclusion et celle de de Swifty, j’ai passé le plus clair de mon temps à chercher de la ferraille pour le compte de Kitten. Au début, on avait bien l’air con à se promener avec une poussette pour y mettre nos trouvailles. Mais très vite, j’ai convaincu Kitten de nous louer un cheval pour 20 livres. Avec nos dégaines débrayé et le cheval, on a eu vite fait de se faire traiter de «gitans», mais moi, je m’en foutais.

 Le cheval, encore. Un jour, on avait suivi Kitten dans une course de cheval. Là-bas, il faisait courir un jeune un peu plus âgé que nous. Le jeune a perdu la course mais Swifty, lui, n’avait plus qu’une idée en tête: le remplacer et devenir le nouveau champion de Kitten. Swifty a insisté, insisté, et un beau jour, Kitten a accepté de le laisser monter à cheval: il a été bluffé par son aisance et Swifty est devenu le nouveau jockey de Kitten.

 Une autre fois, alors qu’on repartait chercher de la ferraille à Bradford avec Swifty, j’ai vu un câble à moitié coupé dans un champs: je me suis dit, vu sa longueur, on doit pouvoir se faire un tas de fric avec. Comme je ne savais pas s’il y avait encore du courant dedans, j’ai voulu qu’un poulain qui était à proximité croque le câble mais Swifty m’en a empêché.

Et puis est venue la connerie du siècle. J’avais volé des plaques de cuivre à Kitten pour les revendre à un autre ferrailleur: Kitten a été mis au courant et m’a obligé à les lui rembourser. Il m’a obligé à partir chercher de nouveaux câbles avec Swifty. Arrivés près d’un transformateur, Swifty a commencé à couper les câbles. Mais les câbles étaient sous tension: Swifty est mort, oui mort. Kitten a assumé sa responsabilité devant la police. Maintenant je n’ai plus d’amis, je suis seul. Si tu savais ce que tu me manques Swifty.

Frontière(s)

frontières

Elle est assise dans une ruelle ensoleillée du centre-ville de Bruxelles. En Belgique. Lui, adossé contre la devanture d’une épicerie orientale, la scrute. Il est quinze heure, la chaleur est lourde, il ne la quitte pas du regard. Elle ne se doute de rien, plongée dans la lecture d’un verset du Coran.

Il grille sa troisième clope de la journée, s’ennuie littéralement. Mais elle est là, elle n’a pas bougé. Il imagine un stratagème: il lancera une pierre sur les pigeons posés sur le trottoir pour qu’elle sorte enfin le nez de son livre. Timide, il se dégonfle.

Lorsqu’il rentre, il est tard, trop tard. La vaisselle s’entasse dans l’évier, délivrant une aigre odeur de moisissure. Derrière le frigo, un cafard court à toute allure: paf. La bête est déjà sous sa chaussure. Putain de célibat se dit-il, une vie à ramer seul, c’est loin d’être sexy.

Droit comme un I, il tente de trouver le sommeil dans un lit trop grand pour lui. En haut se dresse le plafond blanc des soirs tristes. A droite, à gauche, au centre, rien n’y fait: l’insomnie guette. La femme du banc ne l’a pas quitté: elle l’obsède. Il s’endort, la rêve dansant derrière des moucharabieh au milieu d’un palais oriental. « Merde, mes rêves sont kitsch » se dit-il en se réveillant. « Moi qui déteste le carton-pâte… »

Lendemain, même heure, même lieu. Elle n’a pas bougé d’un iota. Il se décide enfin à aller la voir: il s’approche, doucement, et s’assied à côté d’elle. Elle lui parle, l’air interrogative: il ne comprend pas. C’est une autre langue, « c’est foutu » se dit-il. Le voyant interloqué, elle sourit. Il lui montre du doigts le bouquin qu’elle tient entre les mains: elle, mime une prière avec ses mains. Il rit.

Le psychanalyste: vous l’avez revu?

-Lui: j’aimerais.

-Le psychanalyste: pourquoi?

-Lui: elle me plait, et me trouble.

-Le psychanalyste: c’est pour ça que vous êtes là?

-Lui: vous pensiez que ce serait pour mon Oedipe?

Cette fois, c’est elle qui est venue. La dernière fois, il lui avait laissé une adresse. Sans un mot, elle entre. Ils font l’amour. Elle sort. Il est de nouveau seul. Il court la rejoindre sur le banc: elle n’est plus là.

-Le psychanalyste: encore vous?

-Lui: elle est partie.

-Le psychanalyste: et?

-Lui: je suis seul.

La psychanalyste: hum.

-Lui: vous êtes apathique…

-Le psychanalyste: oui, c’est mon job.

Le zapping de l’info #2

zapping

À l’ère d’internet, de réseaux sociaux, tels Twitter, qui constituent aujourd’hui des sortes de nouvelles agences de presse, difficile de ne pas se sentir submergé par l’information qui nous arrive. Chaque semaine, le « zapping de l’info » propose de vous remettre les pendules à l’heure. Vous avez perdu le Nord? On est votre boussole!

  • Monde: Alors que le Soudan du Sud subit de fortes tensions depuis l’annonce, lundi 16 décembre, d’une tentative de coup d’état contre le président Salva Kiir, la France tente de convaincre, sans succès, ses partenaires européens, de la nécessité d’un soutien militaire en Centrafrique. Dans le même temps, les élections législatives au Mali voient la victoire du parti du président Ibrahim Boubakar Keïta, « Le Rassemblement pour le Mali », le mardi 16 décembre. Le même jour, en Allemagne, la chancelière Angela Merkel est réélu pour un troisième mandat par le Bundestag, avec 74% des suffrages exprimés. Le lendemain, alors que les parlementaires européens enfilent leurs pantoufles pour aller se coucher, un accord sur  l’union bancaire est trouvé. Vendredi, c’est à la Russie de faire parler d’elle: les JO d’hiver de Sotchi approchant, le président Vladimir Poutine décide d’accorder sa grâce à Mikhaïl Khodorkovski, oligarque et ex-magnat du pétrole.
  • France: Vous redoutez la présence de cheval dans votre lasagne Picard? Frémissez, ça recommence. Lundi, 21 personnes sont interpellées dans le cadre d’une vaste opération: elles auraient utilisé des chevaux achetés à bas-prix dans des centres équestres et auprès de laboratoires pharmaceutiques. Le même jour, un panel de citoyen chargé de se pencher sur l’épineuse question de la fin de vie rend ses conclusions: ils préconisent la légalisation du suicide assisté et la mise en place d’une « exception d’euthanasie » dans le cas où le patient ne peut faire part de sa volonté. Plus surprenant, l’ancien leader CFDT de la contestation des ouvriers de Florange annonce sa candidature en tant que tête de liste PS au élections européennes dans le Grand-Est. Et pour terminer sur une note pessimiste: l’Insee s’attend à une reprise poussive de l’économie en 2014, avec une hausse de seulement 0,2% au cours des deux premiers semestres de 2014.
  • Sport: après tirage au sort lundi 16 décembre, le Paris Saint-Germain affrontera les allemands du Bayern Leverkusen dans le cadre des huitièmes de finale de la Ligue des Champions; Coup du sort pour l’équipe de France de Jeux Olympiques de Sotchi: la skieuse Tessa Worley s’est blessé au genoux droit, l’obligeant à déclarer forfait pour la Russie
  • Culture:  L’acteur irlandais Peter O’Toole meurt samedi 14 décembre à l’âge de 81 ans. Connu pour son interprétation de « Lawrence d’Arabie », il avait obtenu un Oscar d’honneur pour toute sa carrière; alors que la Comédie Française souhaite se défaire de son « Théâtre Ephémère », la Libye décide de le lui racheter; chauvinisme: pas de films français sélectionnés pour l’Oscar du meilleur film étranger.

Revue de presse #18: le pape, les communistes et les femmes

Pape

  • Liban: « Le pape François est-il marxiste? », L’Orient le Jour, 10 décembre

« Marxiste », François ? En condamnant avec vigueur le libéralisme sauvage, le pape argentin s’est attiré les foudres d’une poignée d’ultraconservateurs américains, mais s’inscrit en fait dans la doctrine sociale de l’Église. Fidèle à son image de défenseur des pauvres, François, dans son Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium », publiée fin novembre, a dénoncé de manière très appuyée la dictature d’un marché « implacable » qui crée une « culture du déchet », rejetant des populations entières à la marge.

Sans jamais prôner la révolution ni se référer au marxisme, François a eu des phrases très explicites : « Loin de moi la proposition d’un paupérisme irresponsable, mais l’économie ne peut plus recourir à des remèdes qui sont un nouveau venin, comme lorsqu’on prétend augmenter la rentabilité en réduisant le marché du travail. »

L’exhortation, qui vient après sa forte dénonciation de « la mondialisation de l’indifférence » sur l’île de Lampedusa en juillet, a amené aux États-Unis Rush Limbaugh, animateur radio conservateur (méthodiste) très écouté, à qualifier le propos de Jorge Mario Bergoglio de « marxisme pur ».

  • Algérie: « La messe est dite », El Watan, 9 septembre 2013

Le pape François a appelé les fidèles de l’Eglise catholique dans le monde à organiser des prières pour la paix et contre l’intervention militaire étrangère en Syrie. Si dans l’histoire des derniers pontificats, l’Eglise a toujours pris position pour la défense des valeurs de la paix et de la justice dans le monde tout en se gardant, pour faire bonne mesure, de nommer les agresseurs pour ne pas irriter les puissants de la planète, le nouveau pape, d’origine sud-américaine, vient de casser un vieux tabou en affichant clairement son hostilité à toute intervention militaire étrangère en Syrie. Bien évidemment, cette sortie du pape qui s’invite de manière impromptue dans le débat sur les manœuvres politiques pour des frappes militaires en Syrie emmenées par Washington et Paris, rejoints samedi par Berlin, n’a certainement pas été du goût du noyau dur de la coalition qui a bien du mal déjà à mobiliser autour de cette option militaire, comme l’atteste l’échec cuisant essuyé au G20 de Saint-Pétersbourg.

Quel que soit l’écho que pourrait avoir l’appel du pape au niveau des opinions publiques chrétiennes, il demeure qu’il faut reconnaître à l’Eglise catholique ce mérite d’avoir brisé le face-à-face dangereux entre le régime syrien et les pays de la coalition pressés d’en découdre avec le président Bachar Al Assad. Là où les politiques et les sociétés civiles des pays occidentaux ont failli à leur mission pour mobiliser les populations contre la guerre en Syrie, l’ordre religieux tente de combler le vide en se posant en arbitre et alternative aux velléités belliqueuses des va-t-en-guerre contre la Syrie.

  • Chine: « Le pape François n’est pas là pour juger les homosexuels », Xinhua, 30 juillet

Le pape François a déclaré lundi qu’il ne pouvait juger les prêtres homosexuels, les analystes du Vatican parlant d’une attitude d’ouverture plus conciliante envers les membres gays de l’église.«Ce qui est important ici, c’est la façon dont le Saint-Père se montre prêt à discuter de tous les sujets dans un dialogue ouvert», a fait observer Alistair Sear, un prêtre et historien de l’Eglise.

Cependant cela ne permet pas de savoir dans l’immédiat, quel impact aura la déclaration du nouveau pape sur la politique de l’église : l’église étant déjà ouverte aux gays, même dans les ordres sacrés, tant qu’ils ne passent pas à l’acte.Mais les experts ont indiqué que les remarques du chef de l’église catholique étaient très importantes, car c’est la première fois qu’un pape parle si ouvertement de ce sujet.

Le prédécesseur du souverain pontife, Benoît XVI, avait rédigé un document indiquant que les hommes ayant des orientations homosexuelles ne doivent pas être prêtres. Le pape François semble adoucir cette position.

  • Afrique: « Le pape François déplace des montagnes », Jeune Afrique, 14 août 

« L’Église ne doit pas avoir peur de changer ses vieilles structures », affirmait le pape François dans l’une de ses homélies, le mois dernier. Le résumé, en une phrase, de la ligne directrice qu’il entend donner à son pontificat – au sens matériel, dans le fonctionnement de la curie, comme au sens spirituel. Arrivé sur le trône de Pierre en mars, le nouveau souverain pontife a entrepris, au terme de plusieurs mois de réflexion, de grandes réformes.

Celle de la curie romaine était attendue, après le scandale Vatileaks (la fuite, en mai 2012, de documents révélant l’existence d’un large réseau de corruption au Vatican). Favorable à la collégialité, François a chargé une commission consultative de huit cardinaux de réfléchir sur ce sujet. Point important : aucun de ses membres (parmi lesquels figure un Africain, le Congolais Laurent Monsengwo Pasinya) n’est issu de la curie. Leur réunion à Rome avec le souverain pontife, qui se tiendra du 1er au 3 octobre prochain, marquera certainement une nouvelle étape. « Il prépare la réforme de la curie romaine avec détermination, en consultant beaucoup, souligne le père Éric Jacquinet, responsable de la section jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs, à Rome, et coorganisateur des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Son entourage est marqué par sa capacité de travail et par sa grande écoute. Il veut gouverner par l’exemple. » Et avec une main de fer dans un gant de velours, selon bon nombre de vaticanistes.

En s’appuyant sur le texte de « Constitution dogmatique de l’Église » Lumen Gentium, issu du concile Vatican II, le pape prône aussi, de manière plus insistante que tous ses prédécesseurs, la décentralisation des structures de l’Église. Lui qui aime à se présenter d’abord comme l’évêque de Rome, plutôt que comme le pasteur suprême de l’Église catholique, souhaite que les différents épiscopats du monde participent davantage aux prises de décision.

L’homme au tablier noir

SB

Un vendredi soir au Sarah Bernhardt, place du Châtelet à Paris, le café-institution de l’apéro et de l’entracte du Théâtre de la Ville. La salle est bondée et dehors, il pleut sans discontinue. Sur la verrière, côté tour Saint-Jacques, l’eau ruisselle, donnant à l’endroit une ambiance de refuge.

 «Allez, une entrecôte!»: entre deux tables serrés, le corps du serveur se fraie subtilement un chemin, exécutant une danse à la chorégraphie mûrement travaillée, évitant de peu accidents et colères de clients. Derrière lui, sirotant un vin rouge, un homme tripote frénétiquement ses billets pour une représentation à venir.

 Un serveur replace les chaises, s’empare des verres à pieds, utilise deux doigts pour soulever poivrière et salière, lance un regard furtif à son collègue dans ses yeux qui disent l’ennui. Dans un local donnant sur la rue, version placard à balaie, un autre se retire pour vendre des crêpes aux touristes affamés.

 Une corbeille de pain tombe au sol près d’une table voisine. «Oh, tu sais, au point où j’en suis, je pourrais manger n’importe quoi!» murmure une femme attablée. Du fond de la salle, les bras croisés, l’homme au tablier noir observe la scène, impassible.

 «Vous allez voir, d’ici une heure, la salle sera vide» confiait plus tôt un autre de ces hommes en tablier. Véridique: le tripoteur de billets n’est plus là. Ce soir, au théâtre, on joue Peter Pan. Bien loin de Sarah Bernhardt.