Kronik Kultur #18: The Selfish Giant, Clio Barnard

SG

Dans cette dix-huitième Kronik Kultur, votre chroniqueur vous propose une plongée dans le dernier film de la réalisatrice britannique Clio Barnard, « The Selfish Giant » (« Le Géant Égoïste » en français) . Ici, pas de critique: entrez dans la peau d’Arbor, personnage principal du film. Attention, âmes sensibles, s’abstenir: spoiler!

 Je ne verrais plus jamais un cheval de la même manière, plus jamais: vous allez bientôt comprendre pourquoi. D’abord, commençons par les présentations: je suis Arbor, j’ai 13 ans, un frère toxico’ et j’habite Bradford, une petite ville sans charme du Nord de l’Angleterre.

 Tout a commencé parce que je n’aimais pas l’école. Enfin si, j’avais mon pote Swifty, c’était bien le seul à me comprendre. Pauvre Swifty. Avec lui, plutôt que de rester à ne rien faire en cours, j’avais décidé de partir à la recherche de ferraille dans la ville pour les revendre à la déchetterie et se faire un peu d’argent. Et puis, c’était quand-même marrant, on partait faire ce boulot avec un cheval que nous louait Kitten, le patron de la déchetterie.

 Tout ça, ma mère ne le voyait pas d’un très bon œil. Alors, quand je me suis fait exclure de l’école parce que j’avais aidé Swifty à se défendre alors qu’il se faisait embêter dans la cour, ma mère ne l’a pas supporté. Mais je crois que les parents de Swifty, eux, étaient un peu reconnaissant de ma protection, même s’ils n’aimaient pas l’influence que j’exerçais sur lui.

 Après mon exclusion et celle de de Swifty, j’ai passé le plus clair de mon temps à chercher de la ferraille pour le compte de Kitten. Au début, on avait bien l’air con à se promener avec une poussette pour y mettre nos trouvailles. Mais très vite, j’ai convaincu Kitten de nous louer un cheval pour 20 livres. Avec nos dégaines débrayé et le cheval, on a eu vite fait de se faire traiter de «gitans», mais moi, je m’en foutais.

 Le cheval, encore. Un jour, on avait suivi Kitten dans une course de cheval. Là-bas, il faisait courir un jeune un peu plus âgé que nous. Le jeune a perdu la course mais Swifty, lui, n’avait plus qu’une idée en tête: le remplacer et devenir le nouveau champion de Kitten. Swifty a insisté, insisté, et un beau jour, Kitten a accepté de le laisser monter à cheval: il a été bluffé par son aisance et Swifty est devenu le nouveau jockey de Kitten.

 Une autre fois, alors qu’on repartait chercher de la ferraille à Bradford avec Swifty, j’ai vu un câble à moitié coupé dans un champs: je me suis dit, vu sa longueur, on doit pouvoir se faire un tas de fric avec. Comme je ne savais pas s’il y avait encore du courant dedans, j’ai voulu qu’un poulain qui était à proximité croque le câble mais Swifty m’en a empêché.

Et puis est venue la connerie du siècle. J’avais volé des plaques de cuivre à Kitten pour les revendre à un autre ferrailleur: Kitten a été mis au courant et m’a obligé à les lui rembourser. Il m’a obligé à partir chercher de nouveaux câbles avec Swifty. Arrivés près d’un transformateur, Swifty a commencé à couper les câbles. Mais les câbles étaient sous tension: Swifty est mort, oui mort. Kitten a assumé sa responsabilité devant la police. Maintenant je n’ai plus d’amis, je suis seul. Si tu savais ce que tu me manques Swifty.

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