Un oeil sur #8: Valentin Chatelier, cofondateur de « Regards d’Etudiants »

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  • Comment t’es venue l’idée de « Regards d’Etudiants » ?

Ce projet est né d’un constat que je me suis fait avec mon frère, Quentin Chatelier, avec qui j’ai fondé Regards d’Etudiants. Celui que ces derniers sont dévalorisés, méprisés, exclus des débats de société. Quand je regarde la plupart des émissions TV (que je ne citerai pas), je n’ai pas l’impression de vivre dans le même monde. On n’y parle que de soirées, d’alcool et de drogues. Je n’ai pas l’impression que ce soit l’image que l’on renvoie. Quotidiennement, je rencontre des étudiants passionnés de politique, de culture, d’actu, de musique… Je vois des étudiants capables de débattre, d’argumenter. Il y a une réelle capacité à participer aux débats de société.

L’objectif de ce média est de leur permettre d’apporter une analyse sur les sujets qu’ils souhaitent, de montrer qu’ils en sont capables. Au travers d’articles, de reportages, et pour très bientôt de vidéos et cafés-débats, nous voulons montrer le vrai visage de ces étudiants.

Regards d’Etudiants est un média d’opinion : chacun prend réellement position sur le sujet qu’il traite. Ni de droite, ni de gauche, toutes les opinions sont acceptées (tant qu’elles respectent la loi). Je ne me permettrai jamais de refuser un article sous prétexte que je ne suis pas d’accord avec ce que dit l’auteur. L’idée est d’apporter une réelle diversité.

  • Ta plus grande fierté avec « Regards d’Etudiants » ?

D’un point de vue collectif, ma plus grande fierté avec Regards d’Etudiants est d’être arrivé à construire un média rassemblant des étudiants de tous horizons, toutes catégories sociales et toutes positions politiques. Ceux qui ont écrit viennent de France, des Etats-Unis, de Chine, du Québec, de Tunisie, de Pologne ou de Russie, sont de gauche, de droite, du centre ou apolitiques, sont intéressés par la politique ou la détestent, préfèrent la musique ou le cinéma. Peu importe, nous nous sommes rassemblés pour créer ce média qui a deux mots d’ordre : la diversité et la valorisation de la parole étudiante.

D’un point de vue personnel, ma plus grande fierté est d’avoir interviewé Alfred de Montesquiou, prix Albert-Londres 2012, pour son livre « Oumma, un grand reporter au Moyen Orient ». Souhaitant m’orienter vers ce métier, lire son livre et pouvoir lui poser des questions sur ses reportages et son métier a été un vrai bonheur.

  • Le journalisme, pour toi, c’est une vocation ?

Dès mes 10-11 ans, un projet familial m’a de suite orienté vers le journalisme. On interviewait des personnes ayant vécu à l’étranger ou originaires d’autres pays pour qu’elles nous racontent le fonctionnement de l’école là-bas. Tous les mois, nous sortions un journal papier, vendu dans ma ville, dans le but d’informer et de collecter. Au total, ce sont plus de 50 systèmes éducatifs que nous avons faits découvrir.

Par la suite, mon goût pour l’actualité et mon attrait pour le Moyen Orient ont confirmé ma vocation : celle de devenir reporter dans cette région si complexe, mais passionnante.

  • Aujourd’hui, époque où Twitter remplacerait presque un fil AFP, tu ne penses pas que les journalistes ne servent à rien?

A mes yeux, c’est justement dans cette période, où les réseaux sociaux (Twitter, mais pas que) sont devenus une source d’information importante, que les journalistes sont les plus importants. Comment être sûr que l’information est vraie ? Comment par exemple un « twittos » lambda peut savoir si la photo qu’il partage n’est pas un montage ? Il ne peut pas. Les journalistes ont, entre autres, la mission de vérifier les informations. C’est un métier, il s’apprend, et ce n’est pas Twitter qui pourra supprimer cet outil indispensable à toute démocratie.

Par ailleurs, un journaliste apporte également une analyse. Même si cela se fait beaucoup, il ne doit pas seulement diffuser les dépêches de l’AFP ou autre. Une analyse précise, argumentée, expliquée simplement, voilà ce que j’attende de lui. Et ça, aucun réseau social ne pourra le lui enlever.

  • Tes coups de cœur du moment ?

Mon dernier coup de cœur pour un livre a été pour « Rapporteur de guerre » de Patrick Chauvel. Récit passionnant d’un photo-journaliste qui a eu le courage de partir à 17 ans apprendre son futur métier sur le terrain, en Israël. Courage ou folie, je ne sais pas. Mais en tout cas, plus de 40 ans après, c’est une référence dans ce milieu.

Sinon au niveau cinéma, le dernier film sur Mandela. Un grand film, pour un grand homme. Il a su rester respectueux, tolérant, et tendre les bras à ceux qui lui ont fait vivre un enfer pendant plus de 18 ans. Le réalisateur a très bien su analyser ce point, chapeau.

  • Un totem, objet fétiche?

Entre Twitter, les alertes d’actu, articles de fonds et autres, je ne peux vraiment pas sortir sans mon téléphone. Ce n’est peut-être pas un totem (il ne faut pas abuser), mais c’est devenu un outil indispensable.

  • Le mot de la fin?

Tout d’abord merci à toi de m’avoir interviewé, c’était un plaisir. J’espère que les articles que tu écris pour ce blog continueront à être de cette qualité.

Si j’avais un dernier mot, il serait adressé à tous ceux qui pensent encore que les étudiants sont ceux que l’on voit dans la plupart des émissions TV. Regardez vraiment qui ils sont, allez les rencontrer, discutez avec eux, écoutez-les. Je vous assure, tous les à priori que vous pouvez avoir disparaîtront.

Pour aller plus loin: Regards d’Etudiants

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