Tout fout le camp

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Un score de république bananière: en 2002, j’aurais pu dire cela du score de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles. Aujourd’hui, la formule magique du « vote utile » n’a plus le même écho: en témoigne le score faramineux du parti frontistes aux élections européennes du 25 mai dernier. Coup de gueule.

Plus de vingt eurodéputés: c’est ce que représente le poids du Front National au Parlement Européen après les élections européennes. De trois irréductibles (Bruno Gollnisch, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen), le parti « bleu marine » est maintenant la première force française présente à Bruxelles. Mais pour peser dans la balance du grand jeu politique européen, rien n’est encore joué: le Front National n’est pas encore en mesure de se constituer en groupe avec ses alliés du PVV de Geert Wilders en Suède, d’autant plus que l’UKIP de Nigel Farage en Grande-Bretagne refuse obstinément toute alliance avec le parti frontiste français.

« Séisme », « raz de marée », « premier parti de France »: la presse n’a pas fait dans la dentelle pour qualifier la victoire du parti à la flamme. Contrairement à une élection nationale du type municipale ou législative, les européennes sont le moment d’une forte abstention et d’un vote spécifique. Alors pourquoi s’obstiner à lui donner une consonance française? Pourquoi vouloir l’analyser aux prismes de nos problématiques nationales?

Ce qui est certain, c’est que dans les 25% de votants ayant inséré un bulletin FN dans l’urne, une partie se retrouve dans un vote d’adhésion. Et ça, c’est plus flippant.

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