Chroniques d’Haïti #1

IMGP9246Avion. « C’est à n’y rien comprendre: cela fait plus de vingts ans que je fais l’aller-retour entre la France et Haïti et c’est la première fois que ça m’arrive! »: à moins de vingt kilomètres de Port au Prince, l’avion traverse une forte zone de turbulence, sans que le pilote ne prenne la peine d’en avertir les passagers. Ca crie dans tous les sens, une haïtienne de la diaspora rigole: « putain, c’est Space Moutain ou quoi, on se croirait à Disneyland! ». Un peu plus loin, un homme d’un certain âge est pris d’une crise de panique, avec des cris que l’on pourrait attribuer à un jeune enfant. Après trois tours de la capitale haïtienne, l’avion se pose en douceur sur une des pistes de l’aéroport Toussaint Louverture. Tous les passagers applaudissent longuement le pilote, soulagés d’être arrivés sains et saufs.

Aéroport. « Les touristes devront s’acquitter d’une redevance de 10 US$ pour la durée de leur séjour en Haïti » annonce une pancarte avant les bureaux des douanes. Vous n’avez pas de dollars? Ce n’est pas grave, l’administration haïtienne a la conversion facile: donnez 10 euros. Dans une des files allant vers les douaniers, une femme s’emporte: « Je ne paierai pas la taxe, je suis d’origine haïtienne, moi! ». La redevance est récente: elle a été décidée par l’actuel président-dont le portrait trône fièrement dans les allées de l’aéroport-Michel Martelly. L’espace d’accueil de l’aéroport n’a d’ailleurs plus rien à voir avec celui occupé par une armée de diplomates, de membres de la MINUSTAH en 2010: le nouveau gouvernement en a fait une vitrine d’un état qui veut se montrer moderne.

La rue. C’est la vie, en Haïti. Du monde qui y grouille en permanence. A peine sorti du terminal, c’est ce fourmillement qui vous inonde. Là, des femmes, en rangs serrés, portant leurs vivres sur la tête. Ici, des vendeurs ambulants vendant fruits, produits high-tech ou cartes pour mobiles. Les rues n’ont plus rien à voir avec les gravats qui les jonchaient en 2010, seuls les étages encore détruits d’habitats de fortune témoignent du séisme.

Prisonniers. 3 des 300 évadés de la prison de Port au Prince ont été retrouvés à la frontière entre Haïti et la République Dominicaine: c’est ce qu’annonçait avec humour la radio ce matin. Un sujet de moins à traiter. Et toujours en jeu, les 1 000 000 de gourdes promises par le gouvernement à qui les retrouveraient.

 

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Une réflexion sur “Chroniques d’Haïti #1

  1. Heureusement l’avion a atterri en douceur. Car ces derniers jours, l’avion ne représente plus le moyen de transport le plus sûr. Bon, pour les prisonniers c’est plutôt le plus populaire des 300 évadés qu’on a arrêté de nouveau. Mais pas tous.

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