Chroniques d’Haïti #3

IMGP9331ONG. « Comme on a l’habitude de le dire, Haïti est la terre des organisations non-gouvernementales » me confiait mercredi Joe-Antoine Jean-Baptiste, journaliste. Effectivement, leur présence se remarque à chaque coin de rue. Ainsi, quasi toutes les bâches recouvrant les habitats de fortunes comportent l’inscription « USAID », soit l’United States Agency for International Development. Dans les maisons, il n’est pas rare de croiser des cartons de vivres empilés fournis par l’UNICEF. Pourtant, et c’est ce qui ressort lorsque l’on discute avec des haïtiens, les ONG sont bien moins présentes qu’au lendemain du séisme du 12 janvier 2010: l’état d’urgence dépassé, peu d’ONG se risquent à des projets de développement sur le long terme.

Ségrégation sociale. Aujourd’hui, 15 août, en Haïti, c’est jour férié: de Port au Prince à Petit-Goave, en passant par le Cap Haïtien, les fêtes patronales s’enchaînent. Arrivé hier après-midi à Petit-Goave, j’ai pu constater l’effervescence qui anime les villes haïtiennes en période de fête patronale. Dans chaque rue, des restaurants, des bars ou de simples particuliers installent des baffles qui diffusent sans discontinue du zouk ou du konpa, la danse la plus populaire en Haïti. Des processions en l’honneur de la Vierge et de grandes messes sont aussi organisées.
C’est à cette occasion que je me suis retrouvé dans une réception réservée aux dignitaires catholiques de la ville. Organisée dans l’école catholique de Petit-Goave, la réception laisse un goût amer de colère: à l’entrée, une sorte de vigile filtre les personnes autorisées à rentrer, laissant sur le carreau le « petit peuple ». A l’intérieur, un buffet qui suinte l’abondance nous attend. Preuve de l’énormité de l’évènement, on trouve des grappes de raisin et des pommes alors qu’Haïti n’en produit pas et que l’on en trouve pas dans les étals des commerçants.

Gastronomie. D’Haïti, je n’avais que le goût du riz sauce pois que des haïtiens réfugiés en France m’avaient fait découvrir il y a quelques années. Ici, la banane est reine: sucrée, salée ou frite, elle peut se déguster du petit-déjeuner au dîner. Avec une cuisse de poulet, elle remplace à elle seule une bonne quantité de pommes de terre. Au petit-déjeuner, l’akasan, mélange de bouillie de maïs, de lait concentré et de sucre, est un vrai délice. Et puis, en période de forte chaleur et d’humidité, un grand verre de jus de grenadia, proche de la goyave.

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Une réflexion sur “Chroniques d’Haïti #3

  1. Eh bien moi j’adore le jus grenadia. seule les haïtiennes peuvent te dire le pourquoi. Bon c’était la fête vraiment aussi au cap-haïtien et c’était le même constat en ce qui concerne le festin qu’on organise pour les grands.

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