Gaëtan Dussausaye, atout-charme du FN

Gaëtan Dussausaye au café L’écritoire, place de la Sorbonne à Paris, le 26 janvier dernier (crédits: Samuel Chalom)

A peine sorti de l’adolescence et déjà une élection municipale à son actif: rencontre avec Gaëtan Dussausaye, président du Front National de la Jeunesse (FNJ).

«Je suis désolé, je suis coincé au siège pour une réunion, est-ce que l’on peut se voir un peu plus tard?». Il est comme ça Gaëtan Dussausaye: très jeune, et déjà très occupé. Pour caler un rendez-vous avec lui, ne vous y prenez pas trop tard, l’homme-politique en herbe court dans toute la France, de sections en sections de son parti, le Front National, de meetings en plateaux de télévision.

On s’est donné rendez-vous à L’Écritoire, un café de la place de la Sorbonne à Paris. Normal: il a fait des études de philosophie dans l’université éponyme, qu’il a dû arrêter, rattrapé par son job de politique et son emploi du temps de ministre. Sa volonté de faire de la politique? Maintenant, ça remonte à loin. «J’ai fait mon collège en banlieue parisienne, à Brétigny-sur-Orge. J’ai vu la perte d’autorité des professeurs face aux élèves, du sens de l’école dans notre éducation (…). Rapidement, j’ai compris que le moyen de changer tout ça, c’était la politique».

«La souveraineté de la France chevillée au corps»

Son premier bulletin dans l’urne, il le met en 2012, à peine majeur, pour les élections présidentielles: Marine Le Pen au premier tour, blanc au second. Il ne lui viendrait pas à l’idée de voter par défaut. «J’avais la souveraineté de la France chevillée au corps, c’est pourquoi je me suis naturellement tourné vers le Front National». Son adhésion aux idées du parti frontiste, il la transforme en militantisme politique: il intègre la section d’Ile de France du FNJ. Rapidement, il devient directeur adjoint de la section, avant d’en prendre la direction. En novembre dernier, il franchit la première marche du podium: il devient directeur national du FNJ.

Son meilleur souvenir dans la politique? «Les élections municipales sans aucun doute!». En mars 2014, il est tête de liste FN dans le 11ème arrondissement à Paris. Un quartier de la capitale réputé «bobo» et peu enclin aux idées frontistes. «Je suis paré pour aller n’importe où maintenant! En 2012, j’avais tracté au marché de Bastille, je n’avais pas pu rester à cause de militants d’extrême-gauche qui voulaient en découdre. Là, pour les municipales, je restais de 8h à 13h sur le marché sans problèmes! Preuve que le FN commence à être accepté». Accepté peut-être dans les têtes, mais pas encore dans les urnes: Gaëtan Dussausaye arrive en dernière position au premier tour, derrière le Front de Gauche, avec 5,47% des suffrages.

Frontisme sur les bancs de la fac

Même chose selon lui lorsqu’il parle de son engagement aux autres étudiants en philosophie. Il a eu quelques rares fois des discussions houleuses avec certains, mais personnes n’a jamais contesté son engagement. Et pourquoi pas un syndicat étudiant frontistes alors, comme il peut y avoir l’UNEF à gauche, ou l’UNI à droite? «Je ne pense pas que l’université soit le lieu pour: nous, quand on tracte, c’est devant, pas à l’intérieur. Et puis, j’ai bien vu l’inaction que peut avoir l’UNEF dans ma fac, ça m’a refroidi» explique le jeune homme. Pour autant, le FN n’en souhaite pas moins conquérir le monde étudiant: en mars 2014, il a mis en place le «collectif Marianne», un think tank étudiant, «pas un syndicat» précise bien Gaëtan Dussausaye, «un lieu où souverainistes et patriotes peuvent se retrouver». Preuve que le parti souhaite garder un dans cet univers qui lui a longtemps été réfractaire.

Souverainiste, Gaëtan Dussausaye représente l’aile douce du parti frontiste, aux côtés de Florian Philippot, le vice-président du FN. Ce qui ne lui fait pas que des amis. Ainsi, s’il conteste l’héritage raciste et antisémite de Jean-Marie Le Pen lorsqu’on le questionne (éludé par une courte réponse pendant l’interview), il n’est pas non plus sur la même ligne que tous les cadres du parti.Sur la théorie du «grand remplacement», développée par l’écrivain Renaud Camus et qui fait fureur dans les milieux d’extrême-droite, il expliquait en novembre dernier que celle-ci relevait plus «d’un fantasme racialiste que d’une réalité», créant une mini-polémique avec l’ancien directeur du FNJ, Julien Rochedy.

Marx, Rousseau et le hard-rock

Une certaine hétérodoxie qui se retrouve aussi dans ses passion.Quand il parle de ses lecture, il cite le trio «Aristote, Marx et Rousseau», et précise: «Marx, c’est pour connaître la rhétorique de mes adversaires de gauche». Pas vraiment cinéphile, il préfère s’écouter un bon groupe de métal dans les oreilles. Pas de doutes, Gaëtan Dussausaye fait bien partie de cette nouvelle génération, «génération Philippot» que le FN tente de faire émerger, plus propre sur elle et qui sait choisir ses mots face aux médias. «Je ne suis pas là pour faire carrière» dit l’intéressé: peut-être pas carriériste, du moins non-dénué d’ambitions.

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