Revue de presse #20: Israël, vers une nouvelle Intifada?

Intifada

  • Liban: « Ô Brigades Kassam, vengez, vengez. Faites-le encore et libérez des prisonniers », L’Orient Le Jour, 5 juillet

C’est dans un climat de grande tension que des milliers d’habitants de Jérusalem-Est ont participé hier aux funérailles du jeune Palestinien assassiné apparemment en représailles au meurtre de trois Israéliens.

À Chouafat, le cortège funèbre a accompagné la dépouille de Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, au milieu d’une marée de drapeaux palestiniens, à son domicile puis au cimetière. « Par notre sang et par notre âme, nous nous sacrifierons pour le martyr », a chanté la foule, scandant « Allah Akbar » à l’arrivée du corps, enveloppé dans un drapeau palestinien, remis à sa famille après une autopsie.

Certains participants aux funérailles ont néanmoins appelé la branche armée du Hamas à commettre d’autres enlèvements pour obtenir des libérations de prisonniers palestiniens. « Oh Brigades Kassam, vengez, vengez. Faites-le encore et libérez des prisonniers », ont-ils scandé. Depuis la mort de Mohammad Abou Khdeir, les émeutes sont quotidiennes à Jérusalem-Est, et les scènes rappellent les intifadas (soulèvements) de 1987-1991 et 2000-2004. En marge de l’enterrement à Chouafat, des heurts ont opposé plusieurs centaines de jeunes Palestiniens aux policiers israéliens déployés en force, selon des journalistes de l’AFP.

  • Algérie: « L’apartheid israélien dans toute son horreur », El Watan, 6 juillet

L’annonce a consterné et effrayé tout le monde. Selon les premiers rapports d’autopsie, cités par les médias hier, le jeune Palestinien assassiné la semaine dernière à El Qods, apparemment en représailles au meurtre de trois jeunes Israéliens, a été brûlé vif après avoir été enlevé.

Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, avait été kidnappé mardi soir dans le quartier de Chouafat, à El Qods-Est occupée et annexée par Israël. Son cadavre — entièrement brûlé, selon l’avocat de la famille —  a été retrouvé quelques heures plus tard (mercredi) près d’une forêt dans la partie ouest de la ville. Les Palestiniens ont accusé des juifs extrémistes de l’avoir enlevé et tué. Les premiers résultats d’autopsie ont indiqué la présence de fumée dans ses poumons, signifiant qu’il était encore en vie lorsque son corps a été brûlé, a rapporté l’agence palestinienne Maan, citant le procureur général Mohammad Al Ouweiwi.

L’Egypte serait actuellement à l’œuvre comme médiatrice pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu dans l’enclave palestinienne avant une aggravation de la situation. L’Egypte a lancé une tentative de médiation entre Israël et le Hamas, plus exactement vendredi 4 juillet, afin justement de mettre fin à l’escalade de violences. Malgré les bouleversements politiques de ces dernières années (chute de Moubarak, renversement de Morsi, retour de l’armée), Le Caire conserve son rôle traditionnel de médiateur entre le l’Etat hébreu et le mouvement palestinien qui contrôle la bande de Ghaza.

  • Russie: « Adolescent palestinien assassiné à Jérusalem: Moscou condamne », Ria Novosti, 3 juillet

Moscou condamne le meurtre à Jérusalem de Mohammad Abou Khdeir, adolescent palestinien de 16 ans, déclare jeudi le ministère russe des Affaires étrangères, constatant un regain de tension dans les Territoires, notamment en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

« L’enlèvement et le meurtre par des inconnus de Mohammad Abou Khdeir, jeune habitant palestinien de Jérusalem, en est l’une des causes principales. Nous condamnons fermement ce crime et exprimons nos condoléances les plus sincères aux parents et proches de l’adolescent palestinien », lit-on dans le communiqué.

Moscou juge absolument inadmissible l’enlèvement et le meurtre des civils innocents, qu’il s’agisse d’Israéliens ou de Palestiniens.

« Nous appelons les autorités israéliennes et palestiniennes à faire le maximum pour trouver et punir les coupables de l’enlèvement et du meurtre de trois adolescents israéliens et de Mohammad Abou Khdeir », indique le communiqué.

  • Belgique:  « Meurtre d’un jeune Palestinien: «Israël est responsable», selon Abbas », Le Soir, 2 juillet

Le président palestinien a déclaré tenir Israël pour «  entièrement responsable  » du kidnapping et du meurtre d’un adolescent palestinien à Jérusalem, apparemment commis en représailles au meurtre de trois jeunes Israéliens en Cisjordanie.

Mahmoud Abbas a par ailleurs demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou de condamner l’enlèvement, comme il l’avait fait lui-même pour les trois jeunes Israéliens disparus en juin. Ce dernier a qualifié le meurtre du jeune Palestinien de « crime abominable ».

« Le Premier ministre s’est entretenu avec le ministre de la Sécurité intérieure Yitzhak Aharonovitch et a demandé l’ouverture d’une enquête pour retrouver dans les meilleurs délais les auteurs de ce crime abominable et en déterminer les circonstances  », a indiqué un communiqué du bureau de M. Netanyahou.

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Revue de presse #19: Cannabis, vers une normalisation?

MC

  • Liban:  « J’ai attendu ce moment toute ma vie ! « , L’Orient le Jour, 3 janvier

Les adeptes du cannabis aux États-Unis pouvaient enfin ce 1er janvier consommer légalement de la marijuana à des fins récréatives dans un État de l’ouest du pays, le Colorado, à condition d’avoir au moins 21 ans, et jusqu’à 28 grammes de cannabis à chaque visite. Dans l’État de Washington, dans le nord-ouest du pays, les premiers magasins devraient ouvrir d’ici au printemps.

« J’ai attendu ce moment toute ma vie », explique Scott Van Pelt, 43 ans, en faisant la queue au petit matin devant le Kush Club à Denver dans le Colorado, bravant le vent froid. Il est venu par la route, un trajet de 7 heures, depuis le Texas ultraconservateur, pour être parmi les premiers clients légaux de cette boutique de cannabis qui vend l’herbe sous différentes formes, explique-t-il. Sur le comptoir des bocaux de semences et portent des noms évocateurs comme Fraises Kush, Amnésie, Diesel acide, Chèvre dorée ou Crack vert. On y trouve aussi des bonbons enrobés de THC, l’agent chimique actif du cannabis. Le propriétaire de la boutique, Darin Smith, s’attend désormais à accueillir quelque 400 consommateurs par jour, maintenant que la vente est légale, contre une centaine lorsqu’il vendait la drogue uniquement à des fins thérapeutiques.

Le principal groupe de pression pour la légalisation du cannabis, le Marijuana Policy Project (MPP), a salué dans un communiqué « la fin de la prohibition du cannabis », en référence aux 13 années (1920-1933) pendant lesquelles l’alcool était interdit aux États-Unis. Cette loi est une première sur le continent américain, où la politique combinait plutôt interdiction et répression pour les consommateurs, et lutte armée contre les producteurs et les trafiquants. Mais en mai, l’Organisation des États américains (OEA) (pays du continent hors Cuba), a publié un rapport invitant à étudier une éventuelle légalisation du cannabis. Et le 10 décembre, le Sénat uruguayen a approuvé la légalisation de la production et la vente de cannabis avec une mise en œuvre au premier semestre 2014.

  • Chine: « Le maroc s’attaque à la culture du cannabis », Xinhua, 6 août 2010

l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces du Nord du Royaume (APDN) a-t-elle mis en place un programme alternatif, d’un montant annuel de 40 millions de Dirhams(DH 1dollar= 8.3DH), et qui vise à encourager les exploitants à opter pour des cultures alternatives autres que le cannabis. Par conséquence, les superficies de la culture du cannabis ont connu une réduction considérable ces dernières années, selon les résultats d’une enquête menée par l’APDN. En effet, la production potentielle totale de cannabis brut est estimée à 98.000 tonnes, et sa conversion en résine (haschisch) à environ 2.780 tonnes.

Les plus grandes diminutions ont eu lieu dans la province d’Al Hoceima, suivie de Taounate, et de Larache. La région de Ketama et Chefchaouen représente 20% de la production totale de cannabis, soit 10.000 tonnes par an, pour 27.000 hectares.

Environ 136.000 personnes sont directement concernées par la culture du cannabis.Le revenu brut potentiel pour les exploitants peut être estimé à environ 3 milliards de DH, un chiffre équivalent à 0,7% du PIB, estimé à 424,6 milliards DH. La population bénéficiant de la culture du cannabis est estimé à quelque 96.600 familles dans le Rif, cela représente un revenu brut d’environ 3.600 DH par personne, à comparer à un PIB par tête d’habitant de 14.106 DH pour l’ensemble du pays.

  • Russie: « Le pape François opposé à la légalisation des drogues », Ria Novosti, 25 juillet 2013

Lors de sa troisième journée au Brésil, le pape François s’est prononcé contre la légalisation des drogues, annoncent jeudi les médias brésiliens. »La libéralisation de l’usage de la drogue, telle qu’on la propose actuellement dans diverses parties de l’Amérique latine, ne permettra pas de réduire l’étendue et l’influence de l’addiction aux drogues », a déclaré le pape en inaugurant mercredi une aile réservée aux alcooliques et toxicomanes dans un hôpital de Rio de Janeiro tenu par des moines franciscains.

Récemment, le président uruguayen José Mujica a proposé de légaliser la vente de cannabis, confiant à l’Etat la commercialisation de la marijuana. Cela constituerait selon lui un moyen de lutter contre la délinquance et les trafiquants de drogue.

  • Iran: « La France couvre l’action du roi du Maroc! », Irib, 4 décembre 2013
Alors que l’organisation des Nations unies a classé le Royaume chérifien au premier rang des pays producteurs de cannabis, le gouvernement français tente de le blanchir.Le souverain marocain a vraisemblablement fait actionner ses relais pour soigner son image. Ce qui parait toutefois étrange dans cette affaire c’est le silence observé par le gouvernement et le Parlement algériens devant cette offensive qui a pour objectif de dédouaner le pouvoir marocain qui produit la plus grande quantité de cette substance qui gangrène la planète: le cannabis.
La France qui a pris la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pour un mois à partir du 1er décembre envisage d’organiser le 18 décembre un débat sur le trafic de drogue. Sa cible l’Afrique de l’Ouest et le Sahel alors qu’elle ne peut ignorer que le Maroc déverse des tonnes de cannabis sur le territoire algérien et sur l’ensemble du globe.«Le trafic de drogue est une cause importante de déstabilisation, notamment en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Pour soutenir les Etats de la région face à ce fléau, j’ai voulu que la France organise le 18 décembre un débat au Conseil de sécurité afin de mobiliser la communauté internationale contre ce phénomène», indique le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans un communiqué publié le 2 décembre.
Le chef de la diplomatie française omet sans doute volontairement de nommer le pays responsable de ce contexte. Des voix se sont pourtant élevées pour tirer la sonnette d’alarme pour souligner la connexion de ce type de trafic avec les groupes terroristes ainsi que le danger qu’il représente pour la région du Maghreb et du Sahel. «Le fléau des stupéfiants qui cible les peuples de la région maghrébine et du Sahel africain s’avère plus dangereux que par le passé en raison de la situation de crise et d’instabilité que connaît la région», a fait remarquer le spécialiste des affaires de sécurité, Omar Benjana, qui s’était exprimé dans le cadre d’une conférence qu’il avait animée lors des travaux de l’université d’été (2013) des cadres du Polisario qui s’est tenue à Boumerdès (une quarantaine de km à l’est d’Alger).
  • Belgique:  « Miley Cyrus fume un joint aux MTV awards d’Amsterdam », Le Soir, 12 novembre 2013

La chanteuse pop américaine Miley Cyrus a de nouveau joué la provocation en fumant un joint de cannabis après avoir reçu le prix de la meilleure vidéo lors des MTV European Music Awards remis dimanche à Amsterdam. Récompensée pour le clip « Wrecking Ball », l’ancienne actrice connue pour le rôle titre dans la série de Disney « Hannah Montana », simplement habillée d’un body blanc ultra-moulant, a déclaré: « Je n’ai pas de place dans mon sac pour le trophée mais j’ai trouvé ça… ».L’ex-enfant star, âgée de 20 ans, a alors sorti de son sac Chanel un joint en partie consommé sur la scène du Ziggo Dome d’Amsterdam, qui possèdent de nombreux coffe shops où elle a été photographiée ces jours derniers en compagnie du DJ néerlandais Afrojack. Le plus grand vainqueur de la soirée a malgré tout été l’icône planétaire du hip-hop Eminem qui a remporté deux Awards, mais à qui Miley Cyrus a quelque peu volé la vedette en « twerkant » sur scène avec Little Britney, une naine dans une tenue en latex. Elle avait suscité sa première grande controverse en août aux MTV Video Music Awards à New York. En duo avec le chanteur Robin Thicke, elle avait offert, en bikini couleur chair, une interprétation provocante de « Blurred Lines », frottant ses fesses contre l’entrejambe du chanteur, la langue sortie, et jouant de façon suggestive avec un énorme gant de mousse au doigt pointé.

Revue de presse #18: le pape, les communistes et les femmes

Pape

  • Liban: « Le pape François est-il marxiste? », L’Orient le Jour, 10 décembre

« Marxiste », François ? En condamnant avec vigueur le libéralisme sauvage, le pape argentin s’est attiré les foudres d’une poignée d’ultraconservateurs américains, mais s’inscrit en fait dans la doctrine sociale de l’Église. Fidèle à son image de défenseur des pauvres, François, dans son Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium », publiée fin novembre, a dénoncé de manière très appuyée la dictature d’un marché « implacable » qui crée une « culture du déchet », rejetant des populations entières à la marge.

Sans jamais prôner la révolution ni se référer au marxisme, François a eu des phrases très explicites : « Loin de moi la proposition d’un paupérisme irresponsable, mais l’économie ne peut plus recourir à des remèdes qui sont un nouveau venin, comme lorsqu’on prétend augmenter la rentabilité en réduisant le marché du travail. »

L’exhortation, qui vient après sa forte dénonciation de « la mondialisation de l’indifférence » sur l’île de Lampedusa en juillet, a amené aux États-Unis Rush Limbaugh, animateur radio conservateur (méthodiste) très écouté, à qualifier le propos de Jorge Mario Bergoglio de « marxisme pur ».

  • Algérie: « La messe est dite », El Watan, 9 septembre 2013

Le pape François a appelé les fidèles de l’Eglise catholique dans le monde à organiser des prières pour la paix et contre l’intervention militaire étrangère en Syrie. Si dans l’histoire des derniers pontificats, l’Eglise a toujours pris position pour la défense des valeurs de la paix et de la justice dans le monde tout en se gardant, pour faire bonne mesure, de nommer les agresseurs pour ne pas irriter les puissants de la planète, le nouveau pape, d’origine sud-américaine, vient de casser un vieux tabou en affichant clairement son hostilité à toute intervention militaire étrangère en Syrie. Bien évidemment, cette sortie du pape qui s’invite de manière impromptue dans le débat sur les manœuvres politiques pour des frappes militaires en Syrie emmenées par Washington et Paris, rejoints samedi par Berlin, n’a certainement pas été du goût du noyau dur de la coalition qui a bien du mal déjà à mobiliser autour de cette option militaire, comme l’atteste l’échec cuisant essuyé au G20 de Saint-Pétersbourg.

Quel que soit l’écho que pourrait avoir l’appel du pape au niveau des opinions publiques chrétiennes, il demeure qu’il faut reconnaître à l’Eglise catholique ce mérite d’avoir brisé le face-à-face dangereux entre le régime syrien et les pays de la coalition pressés d’en découdre avec le président Bachar Al Assad. Là où les politiques et les sociétés civiles des pays occidentaux ont failli à leur mission pour mobiliser les populations contre la guerre en Syrie, l’ordre religieux tente de combler le vide en se posant en arbitre et alternative aux velléités belliqueuses des va-t-en-guerre contre la Syrie.

  • Chine: « Le pape François n’est pas là pour juger les homosexuels », Xinhua, 30 juillet

Le pape François a déclaré lundi qu’il ne pouvait juger les prêtres homosexuels, les analystes du Vatican parlant d’une attitude d’ouverture plus conciliante envers les membres gays de l’église.«Ce qui est important ici, c’est la façon dont le Saint-Père se montre prêt à discuter de tous les sujets dans un dialogue ouvert», a fait observer Alistair Sear, un prêtre et historien de l’Eglise.

Cependant cela ne permet pas de savoir dans l’immédiat, quel impact aura la déclaration du nouveau pape sur la politique de l’église : l’église étant déjà ouverte aux gays, même dans les ordres sacrés, tant qu’ils ne passent pas à l’acte.Mais les experts ont indiqué que les remarques du chef de l’église catholique étaient très importantes, car c’est la première fois qu’un pape parle si ouvertement de ce sujet.

Le prédécesseur du souverain pontife, Benoît XVI, avait rédigé un document indiquant que les hommes ayant des orientations homosexuelles ne doivent pas être prêtres. Le pape François semble adoucir cette position.

  • Afrique: « Le pape François déplace des montagnes », Jeune Afrique, 14 août 

« L’Église ne doit pas avoir peur de changer ses vieilles structures », affirmait le pape François dans l’une de ses homélies, le mois dernier. Le résumé, en une phrase, de la ligne directrice qu’il entend donner à son pontificat – au sens matériel, dans le fonctionnement de la curie, comme au sens spirituel. Arrivé sur le trône de Pierre en mars, le nouveau souverain pontife a entrepris, au terme de plusieurs mois de réflexion, de grandes réformes.

Celle de la curie romaine était attendue, après le scandale Vatileaks (la fuite, en mai 2012, de documents révélant l’existence d’un large réseau de corruption au Vatican). Favorable à la collégialité, François a chargé une commission consultative de huit cardinaux de réfléchir sur ce sujet. Point important : aucun de ses membres (parmi lesquels figure un Africain, le Congolais Laurent Monsengwo Pasinya) n’est issu de la curie. Leur réunion à Rome avec le souverain pontife, qui se tiendra du 1er au 3 octobre prochain, marquera certainement une nouvelle étape. « Il prépare la réforme de la curie romaine avec détermination, en consultant beaucoup, souligne le père Éric Jacquinet, responsable de la section jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs, à Rome, et coorganisateur des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Son entourage est marqué par sa capacité de travail et par sa grande écoute. Il veut gouverner par l’exemple. » Et avec une main de fer dans un gant de velours, selon bon nombre de vaticanistes.

En s’appuyant sur le texte de « Constitution dogmatique de l’Église » Lumen Gentium, issu du concile Vatican II, le pape prône aussi, de manière plus insistante que tous ses prédécesseurs, la décentralisation des structures de l’Église. Lui qui aime à se présenter d’abord comme l’évêque de Rome, plutôt que comme le pasteur suprême de l’Église catholique, souhaite que les différents épiscopats du monde participent davantage aux prises de décision.

Revue de presse #17: Iran, dégel ou mirage?

Kh

 

  • Liban: « Iran: production en série d’un missile anti-missiles », 9 novembre 2013, L’Orient le Jour

L’Iran a commencé la production en série du missile anti-missile et anti-aérien Sayyad-2 (Prédateur-2), a annoncé samedi le ministre de la Défense Hossein Dehghan à la télévision d’Etat.Fonctionnant avec du combustible solide, « c’est un missile anti-missile et anti-aérien qui peut être utilisé contre les hélicoptères, les avions de combat et les drones », a déclaré le général Dehghan, lors d’une cérémonie.

La télévision a montré les images de l’usine, d’une demi-douzaine d’engins exposés ainsi que des images d’archives du test du missile, annoncé en avril 2011. Il s’agit d’une version améliorée du Sayyad-1, un missile sol-air de défense aérienne à deux étages, capable selon Téhéran d’atteindre des cibles à moyenne altitude et de déjouer les brouillages électroniques.

L’Iran a développé ces dernières années son programme balistique, en fabriquant de nombreux missiles de portées différentes. Téhéran assure qu’ils n’ont pas de vocation offensive mais servent seulement à assurer sa défense, alors que les Etats-Unis et Israël agitent le spectre d’une action militaire pour dissuader l’Iran de se doter de l’arme atomique.

  • Russie: « Genève-2: Moscou considères les tentatives d’exclure l’Iran inadmissibles », 7 novembre 2013, Ria Novosti

Les ultimatums de certains pays qui souhaitent exclure l’Iran des discussions sur le règlement pacifique du conflit syrien sont totalement inacceptables, car la conférence Genève-2 prévoit la participation de toutes les parties impliquées dans ce conflit, estime le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov.

« Les tentatives de poser des ultimatums en ce qui concerne la participation de tel ou tel pays sont contreproductives et ne contribuent pas à créer un fond politique favorable à la convocation de la conférence », a déclaré M. Gatilov dans une interview au quotidien Rossiiskaïa Gazeta qui paraîtra vendredi.

Le vice-ministre répondait ainsi à la proposition de rayer l’Iran de la liste des participants à la conférence Genève-2. Cette proposition a été faite par le Qatar et l’Arabie saoudite qui ont menacé, en cas de refus, de boycotter ce forum international. Selon M. Gatilov, la tendance de certains Etats à dresser la liste des participants compte tenu de leurs intérêts politiques n’est pas de nature à assurer le succès de la conférence.

  • Algérie: « Accord sur le nucléaire iranien: on y est presque… », 10 novembre 2013, El Watan

Les négociations entre les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie et l’Iran autour d’un «accord intérimaire» sur le programme nucléaire iranien, se sont poursuivies, hier, avec plus de sérieux et d’engagement à parvenir à un accord historique. Ils y étaient presque parvenus à Genève, n’étaient quelques «différences de vues» entre les représentants des grandes puissances, notamment la France, qui ont exprimé des réserves. Mais l’espoir reste intact de déblayer le terrain à un accord final qui semble emballer les autres pays européens et les Etats-Unis. L’Iran a prévenu que faute d’accord hier dans la soirée, au troisième jour des pourparlers, un nouveau round de discussions devrait être organisé plus tard et la négociation ne se prolongerait pas aujourd’hui.

La faute à l’insistance du chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, à demander un «engagement plus fort» de l’Iran sur certains volets de son programme nucléaire, susceptibles d’avoir une vocation militaire. Une position qui semble avoir chiffonné ses paires européens qui n’ont pas hésité à l’exprimer publiquement.

Comme il fallait s’y attendre, Israël qui ne conçoit pas des relations internationales sans crise, a très vivement mis en garde contre un éventuel accord avec l’Iran. Pour Tel-Aviv, la perspective d’une réconciliation entre l’Occident et l’Iran constitue presque une question de vie ou de mort. Un cauchemar à éviter, quel qu’en soit le prix.

  • Chine: « Le président iranien définit l’enrichissement d’uranium domestique comme une ligne rouge », 10 novembre 2013, Xinhua 

 Le président iranien Hassan Rohani a déclaré dimanche que l’enrichissement d’uranium domestique est la ligne rouge de l’Iran et aucune concession ne sera faite à cet égard, a rapporté Press TV.

Le président a tenu ces propos après trois jours de négociations intensives sur le nucléaire entre l’Iran et le groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France plus Allemagne) qui se sont terminées samedi à Genève, et au cours desquelles aucun accord n’a été atteint. Le monde doit faire confiance à l’Iran et au peuple iranien, pour que ces derniers puissent jouir de leur « droits nucléaires juridiques », a souligné le président, réaffirmant que son pays ne souhaite utiliser l’énergie nucléaire qu’à des fins pacifiques.

« Les droits des Iraniens et les intérêts nationaux sont notre ligne rouge, et incluent les droits nucléaires respectant les règlements internationaux et l’enrichissement d’uranium sur la terre d’Iran », a indiqué le président cité samedi par l’agence de presse officielle IRNA.

« Du discours aux actes, nous avons clairement démontré aux négociateurs que les menaces, les sanctions, les humiliations et les discriminations (pour faire revenir l’Iran sur sa décision) ne feront rien, et que l’Iran ne s’est jamais incliné face à une puissance et ne le fera pas », a affirmé M. Rohani au parlement iranien.

  • Iran: « Rafsandjani: le dialogue de Genève, un tournant dans l’histoire de l’Iran et du monde », 9 novembre 2013, IRIB
«Les négociations entre l’Iran et les 5+1, à Genève, sont un tournant, dans l’histoire de l’Iran et du monde», a souligné le Président du Conseil du discernement du bien de l’Ordre islamique, l’Ayatollah Hachemi Rafsandjani. «Si ces négociations positives avancent, elles auront d’importants résultats, en matière, entre autres, d’instauration de la sécurité, de l’usage de l’énergie, à l’échelle internationale, et de la stabilisation de la région», a-t-il indiqué.
Qualifiant d’exhaustif et d’intelligent, le plan proposé par la République islamique, pour ce round des négociations, l’Ayatollah Rafsandjani a fait remarquer : « Ce plan a montré que l’Iran n’est pas à la recherche de la production et de l’utilisation de l’arme nucléaire et n’a d’autre objectif que de faire valoir ses droits, par rapport à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire ». Et le Président du Conseil du discernement du bien de l’Ordre islamique de conclure : «Le régime sioniste est isolé dans le monde. Si les 5+1 sont sincères, ils ne devront pas se laisser influencer par les extrémistes et les maximalistes».

Revue de presse #16: après le « fiscal cliff », le « shutdown »

Fiscal

  • Belgique: « L’épouvantail du shutdown », 18 octobre 2013, La Libre Belgique

Nouvelle semaine placée sous le signe du « shutdown » aux Etats-Unis, avec toujours des rumeurs de krach boursier… mais avec cette fois des espoirs qui se précisent sur une solution politique à moyen terme. Ces espoirs qui expliquent le rebond un peu curieux des marchés d’actions, essentiellement en Europe en tout cas. Les indicateurs de tendance ont grimpé par étapes, dans des volumes d’affaires peu étoffés, et finalement, le score de la semaine est positif un peu partout.

On a d’ailleurs, pour les valeurs européennes, le sentiment que les marchés ont encore un peu de retard à rattraper sur les places américaines. Pour rappel, l’indice Dow Jones a dépassé en février dernier ses sommets historiques de 2007, avant la crise des subprimes. En Europe, on est encore très loin du compte et les valorisations sont globalement « normales » sur base des résultats estimés pour l’année en cours. Donc, si la situation devait se stabiliser aux Etats-Unis, il y aurait probablement encore de la marge pour une hausse boursière en Europe.

Cela étant, les places financières américaines n’ont pas donné le sentiment d’une faiblesse particulière. Et cette météo boursière favorable est sans doute une bonne affaire pour les grosses opérations financières comme la future introduction en Bourse de Twitter. Apparemment, en dépit des hypothèques qui pèsent sur l’économie américaine mais auxquelles personne ne veut croire, les investisseurs brûlent toujours d’acheter ces titres. L’opération d’introduction en Bourse de Twitter qui pourrait avoir lieu dans quelques semaines sera donc à cet égard un excellent indicateu

  • Liban: « Derrière le shutdown à Washington, des arrières-pensées électorales », 11 octobre 2013, L’Orient le Jour

La proximité des élections législatives américaines de 2014 rend plus délicate la sortie de crise sur le budget et la dette, démocrates et républicains se méfiant d’un vote-sanction de leurs électeurs tout en espérant tirer profit de la paralysie actuelle. Une élection n’est jamais très distante aux États-Unis : le 4 novembre 2014, comme tous les deux ans, les électeurs auront le choix de reconduire la cohabitation législative qui paralyse Washington depuis janvier 2011, ou de donner le contrôle des deux Chambres du Congrès à un seul et même parti.

Mais la rapidité du cycle électoral est aussi le poison du système politique américain, la pression des élections raidissant les positions de chaque camp. À quelques mois des primaires, un compromis risque d’être interprété comme une compromission.

Dans l’immédiat, les alliés démocrates du président Barack Obama estiment profiter du blocage, provoqué selon eux par l’intransigeance des républicains. « Les jours de leur majorité à la Chambre des représentants sont comptés s’ils continuent comme ça », a lancé plein d’espoir Brad Woodhouse, président d’Americans United for Change et ancien porte-parole du Parti démocrate.Le démocrate en veut pour preuve un sondage réalisé par l’institut préféré de la gauche américaine, Public Policy Polling (PPP), dans 24 circonscriptions actuellement représentées par des républicains.

  • Russie: « Défaut de paiement des USA: aucun danger pour l’économie russe », 16 octobre 2013, Ria Novosti

Un éventuel défaut de paiement des Etats-Unis ne présente pas de danger pour l’économie russe, a déclaré mercredi à Moscou le ministre russe des Finances Anton Silouanov. »Nous n’avons pas de bons à court terme, si le défaut de paiement se produit, cela n’aura pas de conséquences néfastes pour nous. Mais j’espère que toutes les parties se mettront d’accord et que l’administration présidentielle américaine et le Congrès parviendront à un compromis », a indiqué M.Silouanov devant les journalistes.

L’Etat fédéral américain a été mis au chômage technique le 1er octobre pour la première fois depuis 17 ans, faute d’un accord sur le budget au Congrès. Les Etats-Unis risquent en outre de se retrouver en défaut de paiement le 17 octobre prochain, si le Congrès ne parvient pas à s’entendre sur le relèvement du plafond de la dette, à partir duquel les Etats-Unis ne sont plus capables de rembourser leurs crédits.

  • Chine: « La chine salue le dénouement de l’impasse budgétaire au États-Unis », 17 octobre 2013, Xinhua

La Chine a salué jeudi l’approbation d’une loi pour mettre fin au shutdown du gouvernement américain et relever le plafond de la dette. »Nous saluons les progrès accomplis par les Etats-Unis dans la gestion de cette crise », a déclaré jeudi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying lors d’une conférence de presse régulière.

La porte-parole a fait ces commentaires après que le Sénat américain a approuvé mercredi soir un accord permettant de relever le plafond de la dette et de mettre fin au shutdown partiel du gouvernement fédéral. »En tant que première puissance économique du monde, la résolution appropriée de ce problème va non seulement dans le sens des intérêts propres des Etats-Unis mais bénéficie aussi à la stabilité et au développement de l’économie mondiale », a souligné Hua.

Selon le Trésor, la première économie mondiale aura épuisé toutes ses capacités à emprunter le 17 octobre. Il ne lui restera qu’une trésorerie d’environ 30 milliards de dollars alors que des paiements plus importants se profilent.

  • Algérie: « Etats-Unis: doutes sur la réforme de l’immigration après le budget », 20 octobre 2013, El Watan

A peine la crise budgétaire terminée, le président américain Barack Obama a appelé le Congrès à terminer la réforme du système d’immigration, entamée au printemps, mais ses adversaires républicains du Congrès ne partagent pas le même enthousiasme. « Nous devons terminer le travail et réparer notre système d’immigration, qui est cassé », a déclaré Barack Obama jeudi. « Commençons les négociations. Mais ne laissons pas le problème s’envenimer pour encore un, deux ou trois ans. On peut le faire, et il faut le faire avant la fin de l’année ».

La réforme a déjà accompli la moitié du chemin. En juin, le Sénat, dominé par les alliés démocrates de Barack Obama, a adopté un projet de loi historique qui conduirait à la régularisation immédiate et à la naturalisation de millions de sans-papiers, en majorité mexicains, en 13 ans minimum, et sous conditions.Le plan du Sénat, adopté avec l’appui de républicains, fortifierait encore plus la frontière avec le Mexique et réorganiserait le système de visas pour donner la priorité aux professions en forte demande, comme les ingénieurs mais aussi les travailleurs agricoles.

Mais dans l’autre moitié du Congrès, à la Chambre des représentants, les républicains disposent de la majorité et sont plus hostiles à ce que beaucoup qualifient d' »amnistie » pour les millions d’étrangers en situation irrégulière. Selon les démocrates, la réforme migratoire est l’occasion de redorer l’image des conservateurs, jugés responsables de la récente paralysie à Washington et dont la cote de popularité a chuté cet automne. »C’est une occasion en or », dit Maria Cardona, consultante politique proche des démocrates. « Nous disposons d’une fenêtre d’un ou deux mois pour que la Chambre vote la réforme ».

  • Iran: « l’Amérique est déjà en faillite ! », 16 octobre 2013, IRIB
Quelles seraient les conséquences d’un défaut de paiement américain,le 17 octobre prochain ou quelques jours plus tard ?

Ce sont des millions de salariés qui perdraient leur emploi. L’inévitable effondrement du marché immobilier. L’épargne des citoyens US volatilisée. Le Congrès des Etats-Unis complètement paralysé. De plus en plus de pays à travers la planète qui plaideraient activement en faveur d’une nouvelle monnaie de réserve, pour supplanter un dollar défaillant et de plus en plus contesté. Les Etats-Unis forcés de se retirer de nombre de leurs guerres. Le taux de chômage US qui s’envolerait pour se maintenir au-delà de 7% pendant de nombreuses années. Mais pourquoi ces évènements dramatiques nous semblent-ils si familiers ? Tout simplement parce que les Etats-Unis d’Amérique ont déjà fait défaut, et qu’il est même possible de dater précisément cette banqueroute !

L’envolée de l’once d’or depuis 265 dollars (au jour de l’investiture de George W. Bush) à 1800 dollars en 2011 n’est-elle pas, en effet, caractéristique d’une monnaie – et donc d’un pays – en pleine liquéfaction ? Et preuve incontestable du défaut de paiement des Etats-Unis, même si elle reste ignorée – ou niée- par l’écrasante majorité des citoyens américains ? Une autre théorie voudrait que les Etats-Unis aient fait défaut dès 1971, c’est-à-dire dès lors que le Président Nixon eut relégué aux oubliettes les accords de Bretton Woods, et définitivement abandonné toute convertibilité de sa monnaie contre l’or.

Pour autant, ne nous y trompons pas : si, aujourd’hui, le monde est suspendu au simulacre de tractations entre Républicains et Démocrates, si le monde est terrifié à la perspective que les Etats-Unis d’Amérique ne parviennent plus à honorer leurs engagements après le 17 octobre, si le monde redoute un « Lehman moment » à la puissance dix, c’est tout bonnement parce que ce pays conserve son « privilège exorbitant ». L’Oncle Sam n’est -encore et toujours- capable d’emprunter massivement et à si bon marché que parce qu’il est toujours considéré comme le refuge par excellence. Statut qu’il ne perdra certes pas du jour au lendemain, mais qui se retrouve néanmoins sérieusement déstabilisé par le psychodrame ayant lieu actuellement à Washington.

Revue de presse #15: La paix, le Nobel et Malala

Malala

  • Liban: « Malala Inc., une formidable machine de communication », 12 octobre, L’Orient le Jour

La jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, propulsée militante internationale pour le droit à l’éducation après avoir survécu à une attaque des talibans, dispose d’une formidable machine de communication, qui a contribué à diffuser son message et à faire d’elle une star.

À 16 ans seulement, l’adolescente qui vit désormais au Royaume-Uni s’était hissée dans la liste des favoris pour le prix Nobel de la paix. Elle a reçu le prix Sakharov, elle s’est exprimée à la tribune des Nations unies, a publié son autobiographie et a été invitée par la reine Élisabeth II au palais de Buckingham. Des honneurs dignes d’un chef d’État qui lui valent d’être assaillie de demandes d’interviews du monde entier. Son message a fait le tour du monde, d’autant qu’il est relayé par l’une des plus grandes entreprises de relations publiques, Edelman, qui compte parmi ses clients les géants Starbucks et Microsoft. La firme représente gracieusement Malala et sa famille depuis novembre 2012.

La jeune militante bénéficie aussi de l’attention bienveillante de l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, envoyé spécial de l’ONU chargé de l’éducation. Il lui a rendu visite à l’hôpital de Birmingham en Angleterre où elle était en soins intensifs et a pris fait et cause pour son engagement. C’est lui qui a organisé la prise de parole de la jeune fille devant les Nations unies, où elle a lancé un vibrant appel à « l’éducation pour tous les enfants », en juillet 2013. « Il a une relation assez proche avec la famille de Malala, en particulier avec son père », explique une source proche de M. Brown. À la demande du père de Malala, M. Brown a aussi personnellement contacté un associé de la société de conseil McKinsey, dont l’une des représentantes, Shiza Shahid, amie de la famille Yousafzai, préside le fonds Malala en faveur de l’éducation des filles. Un fonds, qui a reçu le soutien prestigieux et hautement médiatique de l’actrice Angelina Jolie.

  • Russie: « Nobel de la paix, reconnaissance de la sagesse de la Russie », 11 octobre 2013, Ria Novosti

L’attribution du Prix Nobel de la paix à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) constitue une reconnaissance du rôle de la Russie, qui a formulé les initiatives de paix pour désamorcer le conflit en Syrie, a estimé vendredi le sénateur russe Valeri Riazanski. « A mon avis, c’est la reconnaissance de l’efficacité de la solution proposée par la Russie à la communauté internationale pour résoudre la crise syrienne », a déclaré à RIA Novosti M.Riazanski.

Et d’ajouter qu’avec cette décision, les académiciens suédois avaient confirmé leur attachement au règlement pacifique du conflit en Syrie.Selon le sénateur, la décision du Comité Nobel est un prix attribué à la Russie pour sa sagesse.Le Prix Nobel de la paix a été décerné vendredi à l’Organisation pour l’OIAC chargée de superviser le démantèlement des arsenaux chimiques en Syrie.

Fin septembre, l’OIAC a approuvé un plan de destruction des stocks d’armes chimiques en Syrie. Ce pays, en proie à un conflit civil, a adhéré à cette organisation à l’initiative de la Russie, qui cherchait à éviter des frappes occidentales contre ce pays. Aux termes du plan agréé par l’OIAC, les équipements servant à fabriquer les armes chimiques doivent être détruits d’ici novembre 2013 et les arsenaux au cours du premier semestre de 2014.

  • Algérie: « Celui de la paix a été décerné hier à l’OIAC: l’aura dynamitée du prix Nobel », 12 octobre 2010, El Watan

Annoncée quasiment récipiendaire de la prestigieuse distinction du Nobel de la paix, Malala Yousafzai, a finalement servi de petit lièvre à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) engagée à «plein gaz» en Syrie. De même que le gynécologue Denis Mukwege, réputé pour son aide aux femmes violées dans l’est de la République démocratique du Congo.

Pour de nombreux observateurs, la version 2013 du Nobel de la paix est plus un cadeau qu’un mérite. Pas spécialement pour avoir frustré la jeune Pakistanaise. Quel est donc cet exploit réussi par l’OIAC pour avoir droit à ces grands honneurs de l’académie du Nobel ? De s’être exécuté en envoyant une équipe d’experts pour détruire les stocks d’armes chimiques de Bachar Al Assad ? C’est pour le moins un argument spécieux pour plaider la cause d’une organisation créée en 1997 pour de mettre en œuvre la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC) signée le 13 janvier 1993.

Beaucoup ont dû découvrir l’existence de l’OIAC à la faveur de la décision du Conseil de sécurité, le 28 du mois passé, de la charger de superviser l’opération de démantèlement des armes chimiques syriennes d’ici au 30 juin 2014. Une mission inspirée par la proposition du président russe, Vladimir Poutine, de mettre l’arsenal chimique syrien sous contrôle international… Tant qu’à faire, il aurait été plus juste de décerner ce prix au maître du Kremlin qui, par cette proposition, a court-circuité de justesse des frappes militaires contre la Syrie en septembre dernier.

Mais le comité Nobel ne voulait visiblement pas offrir une telle fleur à Poutine au risque de s’attirer des ennuis de la part des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni notamment. Pour autant le président russe est certainement loin de mériter une telle distinction, ne serait-ce que pour les horribles massacres qu’il a ordonnés en Tchétchénie et le traitement qu’il réserve à ses opposants. Cela dit, le prix Nobel de la paix plus que les autres perd irrémédiablement de son clinquant.

  • Iran: « Nobel à l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques et Poutine alors », 11 octobre 2013, IRIB
Le prix Nobel de la paix 2013 a été attribué vendredi à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).Cet organisme a été récompensé pour « ses efforts considérables visant à éliminer les armes chimiques », a annoncé le comité Nobel norvégien sur son compte Twitter.

« Les événements en Syrie, où des armes chimiques ont été utilisées, soulignent le besoin d’accroître les efforts pour se débarrasser de telles armes », a déclaré le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland.M. Jagland a égratigné au passage les Etats-Unis et la Russie pour n’avoir pas totalement détruit leurs stocks d’armes chimiques avant la date limite fixée en avril 2012.  le président Poutine a été le candidat à ce prix et on se demande pourquoi, lui, homme qui a empêché l’embrasement du Moyen Orient via le déclenchement du désarmement chimique syrien n’est pas récompensé.

  • Belgique: « Traîtresse ou héroïne, c’est selon », 11 octobre 2013, La Libre Belgique
Un an plus tard, la compassion a laissé place à la méfiance. Alors que Malala accumule les récompenses et qu’elle se voit honorée du prix Sakharov du Parlement européen, ce jeudi, les théories conspirationnistes véhiculées par les partis islamistes se répandent sur Internet. On publie des photos annotées. C’est sûr, Malala n’a jamais été blessée. Elle travaille pour la CIA. Son agression est une mise en scène des Américains pour ternir l’image du Pakistan.
Le gouvernement qui condamnait les talibans l’an dernier, n’a pas été réélu, lors des législatives du printemps. Le nouveau pouvoir, emmené par le premier ministre Nawaz Sharif, veut entamer des pourparlers de paix avec les combattants islamistes. Le 9 septembre, une conférence multipartite organisée à l’initiative du Premier ministre a publié une déclaration approuvant cette stratégie pour mettre un terme aux attentats. Les talibans sont devenus fréquentables.
« Nos élites dirigeantes sont trop faibles pour contrer les talibans et galvaniser la population » , déplore Ayaz Amir, homme politique et éditorialiste influent. Qui ajoute : « Le parti au pouvoir, la Ligue musulmane du Pakistan, a été élu grâce à son bastion électoral de la province du Penjab. Il veut éviter de froisser les talibans par peur des représailles dans son fief. »
La crainte de la PML-N n’est pas sans fondement. Voilà vingt ans que Nawaz Sharif tolère la présence de groupes terroristes sunnites au Penjab. En 2008, l’ASWJ, une organisation antichiite, avait même retiré son candidat dans une circonscription pour faciliter l’élection de Shahbaz Sharif, le frère du Premier ministre, à l’Assemblée provinciale du Penjab. Les spécialistes pakistanais de la mouvance djihadiste observent que le Mouvement des talibans pakistanais (TTP) a des liens avec les organisations terroristes sunnites du Penjab. « Orchestrer une campagne d’attentats dans cette région serait un jeu d’enfants pour les talibans » , assure Ayaz Amir.

Revue de presse #14: le rêve brisé des migrants de Lampedusa

Lampedusa

  • Belgique: « La traversée vers Lampedusa, ça ressemble à ça », 4 octobre 2013, La Libre Belgique

Le 17 mars 2011 à 23h, François de Labarre et son photographe embarquent sur le « Oum El Khir », un chalutier de 16 mètres. Coup de chance, la mer est calme « avec ce temps, même avec une planche, tu peux traverser la Méditerranée! », assure un pêcheur.

Mais la navigation s’annonce périlleuse malgré tout: le bateau est surchargé et n’est éclairé que par la lueur des écrans des téléphones portables. Au fil de la traversée, « une trentaine de corps se blottissent les uns contre les autres. Les deux battants d’un porte-bagages en fer ont été rabattus pour libérer un peu de place, mais l’espace manque. […] Impossible de fermer l’œil. » Sans oublier que le pilote, fin connaisseur des côtes tunisiennes, n’est jamais allé jusqu’à Lampedusa.

François de Labarre décrit alors la confusion du capitaine du bateau qui ne s’y retrouve plus entre la Sicile, Malte et la Calabre. Pendant ce temps-là, le bateau prend l’eau, lentement mais sûrement. Sa stabilité ne tient qu’au travail d’une pompe en fin de vie. Au fur et à mesure du trajet, l’arrivée « semble de plus en plus lointaine à mesure qu’on s’en approche ».

Au bout de vingt heures de navigation, alors que la panique gagne les passagers de l’esquif perdu en haute mer, c’est la libération… grâce au journaliste lui-même. Celui-ci prend l’initiative de prévenir les gardes côtes:  « Au téléphone, la capitainerie demande si la situation est grave. Je me contente d’expliquer que 120 personnes, dont la moitié ne sait pas nager, sont en train de devenir folles dans un bateau qui tangue au large. Et eux d’enchaîner: ‘Donc, rien de grave. On est en train de voir comment on peut arriver, tranquille, tranquille' ».

Embarqués par les secours, les clandestins posent le pied sur le sol européen. Ceux-là ont eu de la chance.

  • Liban: « Lampedusa: le massacre de la honte », 4 octobre 2013, L’Orient Le Jour

« Le massacre de la honte ». Tel est le titre qu’affichait en une la Repubblica, vendredi matin, après le naufrage au large de l’île de Lampedusa d’un bateau de migrant qui a fait au moins 130 morts et 200 disparus. Le quotidien italien qualifie le naufrage de « plus grande tragédie en mer des clandestins », avec des enfants et des femmes enceintes parmi les victimes.

Au dessus d’une photo montrant les dizaines de cadavres recouverts de linceuls verts, le quotidien consacre huit pages à la tragédie que le pape François, en visite vendredi à Assise (centre), a qualifiée de « honte ».

« Le massacre des migrants, l’Italie en deuil », titre également le Corriere della Sera, qui a choisi de ne pas mettre de photos de cadavres en une mais celle des survivants – quelque 150 – parmi les 450 à 500 Eyrthréens et Somaliens qui se trouvaient à bord de l’embarcation ayant pris feu au large des côtes de la petite île, située au sud de la Sicile (sud).De nombreux témoignages des pêcheurs ayant réussi à secourir les migrants parsèment les pages des quotidiens italiens, ainsi que celui de cette jeune Erythréenne donnée pour morte et sauvée par un garde-côte qui a entendu qu’elle respirait encore.

 « Aujourd’hui est un jour pour penser aux secours, un jour de pitié et de deuil. Mais une fois séchées les larmes, et montrés du doigt ces criminels qui vivent de la traite de tels désespérés, entassant 500 personnes dans une embarcation de quelques mètres de long, il sera temps de dire assez », écrit l’éditorialiste du quotidien, Gian Antonio Stella.

  • Chine: « Le Premier ministre maltais appelle à des efforts conjoints de lutte contre l’immigration », 4 octobre 2013, Xinhua

 Le Premier ministre de la République de Malte Joseph Muscat a appelé jeudi à des efforts conjoints au niveau de l’Union européenne (UE) pour lutter contre l’immigration illégale, alors qu’on craint la mort de centaines d’Africains dans le naufrage d’un bateau au large de l’île italienne de Lampedusa.Le bilan des morts suite au naufrage du bateau de migrants transportant environ 500 personnes pourrait dépasser les 200, d’après des rapports de médias locaux.

« Nous espérons que cela servira d’un appel à se réveiller pour l’UE. Nous faisons également part de notre solidarité au gouvernement italien — nous ne pouvons pas laisser un pays seul faire face à la migration, même si Malte n’est pas impliquée dans ce cas », a dit M. Muscat aux journalistes. Il a exhorté l’UE à trouver des solutions de long terme, tout en exprimant sa pleine solidarité avec les membres de la famille des victimes et avec le gouvernement italien.

Les autorités italiennes cherchent toujours des survivants au désastre de jeudi, alors que des dizaines de migrants sont toujours portés disparus. Le bateau long de vingt mètres a pris feu après que les migrants venus principalement de Somalie, d’Erythrée et d’Ethiopie, d’après les rapports médiatiques, eurent mis le feu à une couverture suite au départ du bateau afin d’attirer l’attention des bateaux de passage.

  • Algérie: « Vivre », 5 octobre 2013, El Watan

Malgré la crise, l’Europe est un paradis, tandis que l’Afrique, c’est l’enfer», disait tout récemment un immigrant africain. Au regard de la catastrophe qui vient de se produire au large des côtes italiennes, on dira de lui que c’est un miraculé, car il a réussi à franchir les barrières hérissées de barbelés entourant Mellila, l’enclave espagnole en territoire marocain. Ceux de Lampedusa et des milliers d’autres ont eu moins de chance. Des millions d’Africains en sont convaincus, et ceux-là ne rêvent que de partir, même si le rêve risque de se transformer en cauchemar. Comme pour ces centaines d’Africains qui ne verront jamais les côtes européennes. Ils sont morts en mer, leur embarcation ayant chaviré.

Mais dans ce cas-là, combien sont-ils, car il ne s’agit pas de voyages pour gens aisés ? Trop de tombes anonymes, des sans-papiers dans les cimetières européens, et même des cimetières d’immigrants clandestins, des harraga ainsi appelés en Algérie. Une véritable tragédie engendrée non pas par un désir de voir et même de vivre autre chose, mais de vivre, un sentiment propre à tout être humain. Et dire que dans un tel contexte, certains n’hésitent pas à affirmer que l’Afrique est le continent d’avenir. Mais pour qui, devrait-on alors s’interroger, si ses propres populations le fuient ? Un paradis pour les grandes puissances, et les multinationales très certainement au regard de la course aux richesses du sous-sol, souvent rares. Sans grand sinon sans le moindre impact sur les populations locales. Même les discours se font rares.

Les grandes promesses faites au nom de l’ONU au début de ce siècle ont toutes été perdues de vue. Eradication de la pauvreté, disait-on en 2000, avec un engagement chiffré et un agenda bien précis. Par leurs actes et des politiques qui ne sauraient être qualifiées d’irréfléchies, certains ont au contraire aggravé ce phénomène. Tous ceux qui y ont cru ne cachent plus leur amertume.

  • Afrique: « L’immigration en Italie en pleine croissance », 30 août 2013, Jeune Afrique

Cadavres rejetés par les flots, femmes accouchant sur les plages, clandestins épuisés et assoiffés arrivant en loques dans des embarcations de fortune… Depuis une vingtaine d’années, les habitants de Lampedusa vivent chaque semaine le drame des immigrants africains. Venu en juillet « pleurer les morts » de la petite île (territoire italien plus proche des côtes tunisiennes que de la Sicile), le pape François a fustigé « la mondialisation de l’indifférence ».

Si la gauche italienne a applaudi ses propos, la droite a relancé le débat sur le sort des immigrés. « Il y a une différence entre la prédication religieuse et la gestion par l’État d’un phénomène aussi difficile, complexe et insidieux », a rappelé Fabrizio Cicchitto, un député du Peuple de la liberté (PDL, le parti de Silvio Berlusconi). Des élus de la Ligue du Nord, formation régionaliste d’extrême droite, ont exhorté le souverain pontife à donner de « l’argent et des terres pour y mettre tous les extra-communautaires ». De quoi réveiller les démons xénophobes après les violences de Rosarno, érigées en symbole de l’intolérance à l’égard des étrangers et du laxisme des pouvoirs publics. En 2010, dans cette petite ville du coeur de la Calabre, des ouvriers agricoles africains s’étaient révoltés contre les agressions dont ils étaient victimes, avant de se faire chasser par la population à coups de pioche et de tirs de chevrotine.

La part des immigrés dans la population de la péninsule (61 millions au total) a triplé ces dix dernières années pour atteindre 7,9 %. Depuis un an, plus de 24 000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes et, ces six derniers mois, plus d’une quarantaine ont péri dans leur tentative. La plupart des immigrés enregistrés dans les centres d’accueil de Lampedusa arrivent du sud du Sahara : Somaliens (19 %), Nigérians (18 %), Érythréens (12 %), Ghanéens (7 %)…

  • Russie: « Italie: attribuer le Nobel de la paix à Lampedusa (vice-premier ministre) », 4 octobre 2013, Ria Novosti

Le vice-premier ministre et ministre italien de l’Intérieur Angelino Alfano se propose de lancer sans délai une campagne pour faire attribuer le prix Nobel de la paix aux habitants de l’île de Lampedusa, rapporte vendredi la chaîne de télévision SkyTG24. »J’entends en parler au premier ministre afin d’entamer dans les jours qui viennent les procédures nécessaires pour proposer Lampedusa pour le prix Nobel de la paix », a déclaré M.Alfano lors de son séjour dans l’île.

Auparavant, la proposition d’attribuer le prix Nobel de la paix à la maire de Lampedusa, Giusi Nicolini, et aux habitants de l’île pour leur aide à ces milliers d’immigrés qui débarquent pratiquement chaque jour sur la côte italienne a été formulée par les lecteurs du journal Corriere della Sera.Selon ces derniers, « Lampedusa montre au monde entier un excellent exemple de fraternité, de générosité et de sacrifice, en accueillant, hébergeant et donnant à manger quotidiennement à une armée de malheureux ».