Revue de presse #13: l’enfer de la Centrafrique

Centrafrique

  • Russie: « Situation en Centrafrique: Moscou tire la sonnette d’alarme », 25 septembre 2013, Ria Novosti

La Russie est préoccupée par la situation en République centrafricaine (RCA), a indiqué à RIA Novosti Mikhaïl Marguelov, représentant spécial du président russe pour l’Afrique et chef de la Commission des Affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement). »C’est un Etat en décomposition dirigé par les chefs de guerre de la coalition amorphe Séléka. On est en présence d’une militarisation vertigineuse et d’une +somalisation+ du pays », a déclaré le sénateur russe.

Et d’ajouter que les violences se multipliaient et revêtaient un caractère interconfessionnel, risquant de déborder les frontières de la RCA.M.Marguelov a participé mercredi à New York à une réunion de haut niveau consacrée à la catastrophe humanitaire en Centrafrique, déclarant que Moscou partageait les évaluation.

Livrée à des bandes armées qui terrorisent la population, la Centrafrique s’enfonce dans une spirale sans fin de violences sous les yeux d’un pouvoir impuissant qui place désormais ses espoirs dans l’Onu. 1,6 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, a besoin d’une aide humanitaire d’urgence, selon les Nations unies. Plus de 270.000 personnes ont été déplacées ou se sont réfugiées dans les pays voisins. La situation dans le pays risque d’échapper à tout contrôle.

  • Chine: « Centrafrique: 6 morts et 2000 sinistrés suite à des inondations à Birao », 26 septembre 2013, Xinhua

Des inondations causées par la montée des eaux de la rivière Yata depuis août ont fait 6 morts et dévasté plus d’une centaine d’hectares des cultures vivrières à Birao et ses environs, à quelque 1.078 km de Bangui dans l’Extrême-Nord de la République centrafricaine, ont confié à Xinhua des habitants de la ville. »La situation est difficile. On assiste à la destruction des champs et la mort du bétail. Nous sommes inquiets de ce changement brusque de climat et ses conséquences sur l’agriculture, l’élevage et la santé », a dit Bernard Zacharia, chef d’équipe des réponses aux catastrophes à la Croix-Rouge centrafricaine joint au téléphone depuis Bangui.

« La saison pluvieuse est intervenue tard en juillet. Accueillie par la population, elle est devenue une source de malheur », a t-il indiqué.Pour l’instant, les autorités de Birao, une ville enclavée où il n’y a pas d’accès par route bitumée, n’ont pas encore évalué les dégâts des inondations. Selon M. Zacharia, 27.000 habitants vivent dans cette région qui abrite un site pétrolier en exploration. Sur un rayon de 7 km, les premières évaluations de son équipe font état de 2.000 personnes sinistrées et environ 200 hectares dévastés.

« J’ai perdu mon champ de sorgho et de sésame. C’est le seul revenu qui me permet de vivre. Chaque année, nous ravitaillons les zones diamantifères de la préfecture voisine de la Haute-Kotto et Bangui », selon Michel Bangue, habitant de Birao.Pour Hamadou Hamidou, volontaire de la Croix-Rouge centrafricaine, la situation à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, est « du jamais vu depuis 32 ans ».

  • Liban: « La Centrafrique s’enfonce dans la violence », 15 août 2013, L’Orient le Jour

Près de cinq mois après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles du Séléka, la Centrafrique s’enfonce dans la peur et la crise humanitaire, amenant le Conseil de sécurité de l’ONU à examiner hier d’éventuelles condamnations contre des membres de l’ex-rébellion. Un rapport qui doit être discuté par le Conseil de sécurité dénonce ainsi « un nombre croissant d’exactions et d’incidents attribués à des éléments incontrôlés du Séléka » : pillages, cambriolages, agressions sexuelles, « meurtres ciblés » et enrôlement d’enfants soldats. Le rapport fustige également « l’impunité dont bénéficient largement les responsables de violences », ce qui a conduit le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à demander au Conseil d’« envisager les options appropriées, y compris l’adoption de sanctions ou la mise en place d’un comité d’experts.

De hauts responsables de l’ONU ont donc demandé hier à la communauté internationale de se mobiliser pour éviter que le pays ne devienne un “État failli”, selon les termes de la responsable des opérations humanitaires Valerie Amos ». D’autant que l’insécurité généralisée se double d’une crise humanitaire et sanitaire. Les violences ont en outre déplacé 206 000 personnes dans le pays même et fait fuir 60 000 dans les pays voisins, sur une population totale de 4,6 millions d’habitants.

Le nouveau pouvoir promet pourtant régulièrement de rétablir l’ordre et de cantonner les hommes en armes. Mais à Bangui comme en province, les témoignages d’habitants traumatisés continuent d’affluer, et les rebelles pillent sans distinction, comme en témoigne l’ahurissante scène vécue par le ministre de l’Élevage Joseph Bendounga, issu de l’opposition à l’ancien président Bozizé. « J’étais en train de lire mon parapheur jeudi dernier quand des éléments de Séléka ont fait irruption dans ma résidence. Je leur ai demandé ce qu’ils venaient faire, mais ils ne parlaient que l’arabe. J’ai appelé le ministre de la Justice qui m’a passé celui des Transports qui sait parler l’arabe et c’est lui qui leur a dit qu’ils se trouvaient à la résidence d’un ministre », a-t-il affirmé.

  • France: « Pourquoi la France pousse un cri d’alarme », 27 septembre 2013, Libération

«Nous avons poussé un cri d’alarme, un coup de gueule», a résumé jeudi depuis New York le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Dès l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies, mardi, la France était en effet en pointe pour exiger une mobilisation urgente de la communauté internationale face à la dérive de ce pays, grand comme la France et la Belgique réunies, enclavé au cœur du continent africain.

Après ce «cri d’alarme» de François Hollande mardi, une réunion consacrée à ce pays souvent jugé «oublié» ou «invisible» a été organisée mercredi au siège de l’ONU. Coprésidée par la France et l’Union européenne, elle a surtout permis de définir les besoins logistiques (notamment le renforcement d’une force régionale qui comprend 1 400 hommes déjà sur place) et de donner quelques petits coups de pouce. Paris s’est ainsi engagé a apporté une aide supplémentaire de 10 millions d’euros à cet «Etat néant» comme l’a défini Laurent Fabius.

Les représentants de «l’Etat néant» en question auraient pu se vexer, mais l’actuel Premier ministre, Nicolas Tiengaye, a tenu à remercier «les pays venus au chevet»de la Centrafrique. Il est vrai que les nouveaux maîtres du pays sont les premiers à réclamer de l’aide pour empêcher le pays de sombrer dans le chaos. Depuis qu’une rébellion a chassé du pouvoir le président François Bozizé en mars, le pays est en effet confronté à une double crise auquelle s’ajoute une menace inédite bien qu’encore diffuse.

  • Iran: « Centrafrique: des paysans en arme face aux anciens rebelles Seleka », mercredi 18 septembre 2013, IRIB 

Armés de fusils artisanaux, de machettes, ou de simples gourdins, ils se disent prêts à « mourir » pour défendre leurs villages : exaspérés par les exactions sans fin des combattants de l’ancienne rébellion Séléka, des paysans ont formé des groupes d’auto-défense près de Bossangoa, dans l’ouest de la Centrafrique. « Nos femmes et filles sont violées et certaines en souffrent encore. Ils nous ont tout pris, même nos semences, et on n’a plus rien à manger. Nos enfants n’ont pas d’eau potable. Nous vivons dans la brousse comme des animaux », raconte à l’AFP, la voix mêlée de colère et de peur, un de ces villageois – sous couvert d’anonymat – qui a rejoint un « groupe d’auto-défense » formé par des paysans.

Bossangoa, c’est la région d’origine de l’ex-président François Bozizé, renversé le 24 mars par les rebelles de la coalition Séléka dirigée par Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir. Depuis, les témoignages d’exactions perpétrées par les ex-rebelles ne cessent de s’accumuler et vendredi le nouveau président a ordonné la dissolution immédiate du Séléka.Mais à Bossangoa et dans ses environs, les combattants étaient toujours bien présents en début de semaine.

« Nous souffrons sur notre propre terre et nous ne pouvons tolérer cela, c’est pourquoi nous nous sommes révoltés. On combat les éléments du Séléka, et même tout de suite on vient de les mettre en déroute. On veut le retour de l’ancien président », ajoute le paysan de ce groupe d’auto-défense, surnommés les « anti-balaka » (« anti-machette »).Depuis dix jours, la région de Bossangoa vit sous haute tension. Les 8 et 9 septembre, des affrontements entre des forces du nouveau régime et des partisans auto-proclamés du président déchu avaient déjà fait près de 100 morts, selon la présidence.Selon les ONG humanitaires, environ 18. 000 personnes ont fui leurs villages pour se réfugier dans la ville de Bossangoa.

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Revue de presse #12: l’inoxydable Angela Merkel

Angela

  • Algérie: « Les pirates envoient un drone à Merkel pour dénoncer la vidéosurveillance », El Watan, 18 septembre 2013

Le Parti pirate allemand a revendiqué, lundi, l’envoi d’un petit drone qui est tombé à deux mètres de la chancelière   allemande Angela Merkel, lors d’un meeting de campagne dimanche, expliquant avoir voulu protester contre la vidéosurveillance policière.

 «Le but de cette action était de faire comprendre à la chancelière et au ministre de la Défense, Thomas de Maizière, ce que l’on ressent quand on est soi-même observé par un drone», a expliqué Markus Barenhoff, vice-président du   Parti pirate, sur le site internet de l’organisation. La manifestation politique se déroulait à Dresde, en ex-Allemagne de l’Est, tout près du fief électoral de M. de Maizière. Un membre du parti, un informaticien de 23 ans, a fait voler un engin à quatre hélices, d’une envergure totale de 40 centimètres, au dessus de la foule lors d’un meeting électoral de Mme Merkel.

Une vidéo amateur mise en ligne sur le site du Spiegel montre l’appareil inoffensif s’écrasant tout près de la chancelière qui semblait plutôt amusée par l’incident. «Contraint par la police, j’ai dû effectuer un atterrissage d’urgence près de la tribune, pour ne mettre personne en danger, ce qui a pu donner l’impression que le drone s’est posé de façon un peu chaotique», a expliqué le   militant, qui souhaite rester anonyme, sur le site internet du Parti des  Pirates.

  • Chine: « Un grec sur deux craint la réélection d’Angela Merkel », Xinhua, 21 septembre 2013

Un Grec sur deux craint la réélection d’Angela Merkel aux prochaines élections allemandes de dimanche, selon un sondage d’opinion publié vendredi à Athènes. Environ 47 % des personnes interrogées dans le cadre d’un sondage réalisé par l’institut Public Issue estiment que la victoire de Mme Merkel aurait un impact négatif sur les efforts déployés par la Grèce pour juguler sa crise de la dette avec l’aide des bailleurs de fonds internationaux.

Seuls 10 % des personnes interrogées pensent que la réélection de Mme Merkel pourrait avoir un impact positif, tandis que 34 % s’attendent à des répercussions ni positives ni négatives pour la Grèce.Ardente partisane des politiques d’austérité face à la crise financière grecque et européenne, Mme Merkel ne jouit pas d’une grande popularité chez les Grecs. Huit Grecs sur dix ont aujourd’hui une opinion négative de la dirigeante allemande.Compte tenu de la politique économique de la chancelière, environ 75 % des personnes interrogées disent avoir une opinion négative de l’Allemagne.

  • Russie: « Merkel, sympathisante des despostes du Golfe? », Ria Novosti, 9 août 2013

Les ventes d’armes allemandes aux pays du golfe Persique ne cessent d’augmenter, selon le quotidien allemand Die Welt qui se réfère à Suddeutsche Zeitung. « Si cette tendance se poursuit, l’année 2013 promet d’être un record. La manière d’agir de Mme Merkel nous contraint à croire qu’elle a oublié l’existence du printemps arabe », a déclaré le députe du Bundestag Jan van Aken.

A ce jour, l’Allemagne a donné le feu vert à la livraison dans les pays du Golfe d’armes pour le montant de plus de 800 millions d’euros. La plupart des transactions ont été conclues avec le Qatar (environ 635M d’euros).Malgré la critique de la part de l’opposition, le gouvernement allemand se dit toujours prêt à exporter des armes vers le Golfe. En 2012, le porte-parole gouvernemental avait justifié les ventes d’armes à l’Arabie saoudite par son rôle stabilisateur dans la région. L’Allemagne est le troisième fournisseur d’armes mondial après les Etats-Unis et la Russie.

  • Liban: « Angie doit sauver le monde: accueil triomphal de Merkel par ses troupes, L’Orient le Jour, 22 septembre 2013

« Angie doit sauver le monde » : les troupes d’Angela Merkel ont fait un triomphe à la chancelière allemande samedi à Berlin à la veille d’élections législatives délicates pour sa majorité.Pour son dernier grand discours de campagne, la dirigeante conservatrice, tout sourire et détendue, a demandé aux électeurs de lui « accorder un mandat fort » afin qu’elle puisse, « pour les quatre prochaines années, continuer à servir l’Allemagne, un pays qui est respecté en Europe (…) qui défend ses intérêts dans le monde mais qui est aussi l’ami de nombreux pays ».Mme Merkel, fêtée par quelque 4.000 militants de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) qui brandissaient des pancartes « Angie », a toutes les chances d’être reconduite dimanche pour un troisième mandat de chancelière.

Pour chauffer les troupes, un groupe de musiciens est venu interpréter « Angie doit sauver le monde » et « You’re simply the best » (« Tu es tout simplement la meilleure »).Au sein de son parti, jamais le culte de cette fille de pasteur d’ex-RDA n’avait atteint un tel niveau.Devant de nombreux journalistes étrangers, cette dirigeante âgée de 59 ans, dont le pays joue un rôle central mais controversé dans le règlement de la crise de l’euro, a longuement souligné l’importance d’allier « solidarité et responsabilité ».

Souvent décriée en Europe du Sud pour sa défense acharnée de l’austérité, Angela Merkel a insisté sur le fait que l’Allemagne, « économie la plus grande d’Europe », avait « besoin d’amis ». Mais elle a une nouvelle fois exprimé son opposition à toute mutualisation de la dette en Europe.

  • Belgique: « La fille du pasteur Kasner », La Libre Belgique, samedi 21 septembre 2013

A moins d’être un passionné d’histoire ou de politique allemande, on s’imagine mal lire une biographie de 800 pages consacrée à Angela Merkel – c’est sans doute pourquoi celle que vient de publier chez Tallandier la journaliste Florence Autret n’en fait que 300, cent de moins que celle de Gerd Langguth, professeur de science politique à Bonn, que la correspondante de « La Tribune » à Bruxelles cite d’ailleurs abondamment. Cette anorexie éditoriale, qui présuppose le manque d’appétit du grand public, révèle d’une certaine façon le problème d’image de la chancelière allemande qui ne se distingue ni par un charisme exceptionnel, ni par un style glamour et une grande élégance vestimentaire, ni par une vie privée fracassante, ni par une carrière émaillée de coups d’éclat et d’audaces médiatiques. Bref, ce n’est pas une femme qu’on a nécessairement envie de mieux connaître.

On a tort, cependant. Si Angela Merkel est, comme Autret l’écrit en sous-titre de son livre, « une Allemande (presque) comme les autres », tout réside dans ce « presque » . Le parcours de cette « fille de l’Est » devenue en une vingtaine d’années « Mutti Merkel », la « maman » d’une Allemagne réunifiée, est, en effet, extraordinaire. Son improbable destin commence dans une famille protestante de Hambourg, où elle naquit, le 17 juillet 1954, aînée de trois enfants (elle a un frère, Marcus, né en 1957, et une sœur, Irène, née en 1964). La mère d’Angela, Herlind Jentzsch, était originaire de Dantzig (aujourd’hui Gdansk). Son père, Horst Kasner, était berlinois, mais de souche récente : ses parents quittèrent Poznan pour s’installer dans la capitale allemande peu après la Première Guerre mondiale. Le grand-père d’Angela raccourcit son nom, Kasmierczak, en Kasner, et tourna définitivement le dos à la Pologne.

Revue de presse #11: le 11 septembre 1973

Allende

  • Liban: « La bibliothèque secrète de Pinochet », 28 juin 2013, L’Orient le Jour

L’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, qui fit brûler les livres en pleine rue et envoya les écrivains en prison ou en exil, avait amassé secrètement une colossale bibliothèque de plus de 50 000 volumes, selon l’enquête d’un journaliste chilien. La vie littéraire secrète d’Augusto Pinochet, à peine publiée et déjà best-seller au Chili, du journaliste Juan Cristobal Peña, raconte comment le général a collectionné les livres de manière compulsive. Pas de poésie ni de fiction. La bibliothèque renferme essentiellement des livres d’histoire, de géographie et de marxisme, l’idéologie qu’il chercha à anéantir dans la plus brutale des répressions lors de ses années au pouvoir (1973-1990). La monumentale collection « était comme une sorte de théâtre que Pinochet se jouait à lui-même, pour se représenter comme un homme important et cultivé », analyse M. Peña, parce qu’il « avait conscience au fond de lui-même de sa médiocrité intellectuelle ».

Répartie dans des résidences secondaires, l’existence de la bibliothèque n’a été connue qu’en 2004, parallèlement à la découverte de la fortune cachée de Pinochet, estimée à plus de 20 millions de dollars et entreposée dans des banques aux États-Unis. « Il est stupéfiant que ce personnage, censé lire peu ou rien, un inculte en apparence, ait possédé cette bibliothèque privée qui est l’une des plus importantes du Chili et peut-être d’Amérique latine, » relève M. Peña. L’enquête judiciaire a comptabilisé environ 50 000 livres, estimés prudemment, par M. Peña, à plus de trois millions de dollars.

  • Chine: « Le petit-fils de Pinochet exclu de l’armée », 14 décembre 2006, Xinhua

Le capitaine Augusto Pinochet Molina, petit-fils de l’ancien président chilien Augusto Pinochet, a été démis de ses fonctions dans l’armée chilienne, pour avoir  justifié le coup d’Etat militaire lancé par son grand-père, révèle un communiqué de l’armée.

Lors des obsèques du général Pinochet tenues mardi à l’école  militaire de Santiago, le capitaine Pinochet Molina a défendu le  coup d’Etat mené par son grand-père le 11 septembre 1973, qui  avait renversé le gouvernement de Salvador Allende.

La présidente chilienne Michelle Bachelet a dénoncé les propos  du capitaine Pinochet Molina comme étant « une offense extrêmement  grave ». Augusto Pinochet, qui a régné sur le Chili entre 1973 et 1990,  est décédé dimanche dernier des suites de complications cardiaques, à l’âge de 91 ans. Des funérailles militaires ont été tenues pour lui, au lieu  d’obsèques nationales.

  • Russie: « Dictature de Pinochet: l’enquête sur les victimes relancée au Chili », 17 février 2010, Ria Novosti

La troisième commission chilienne d’enquête sur les victimes de la dictature militaire de Pinochet (1973-1990) entame le 17 février son travail de douze mois à Santiago, ont annoncé mercredi les médias locaux.

Créée sur l’initiative de la présidente chilienne Michelle Bachelet, la Commission nationale sur l’emprisonnement politique et la torture, réunira des experts de la Commission Valech précédente qui a présenté son rapport en 2004. Elle recueillera des demandes d’indemnisation du 17 février au 17 août dans son siège principal de Santiago et ses branches régionales.

Une fois toutes les données collectées, les experts, les avocats et les psychologues disposeront d’un délai de six mois pour examiner chaque cas. Les experts se pencheront sur les 7.000 dossiers non retenus par les deux commissions précédentes, ainsi que sur 200 ou 300 nouveaux cas de meurtres et de disparitions.

La dictature d’Augusto Pinochet, arrivé au pouvoir suite au coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973, a fait 3.197 morts et portés disparus, selon la commission d’enquête Rettig de 1991. La commission Valech de 2004 a fait état de plus de 28.000 cas de torture. A l’heure actuelle les familles des victimes touchent des indemnisations d’Etat.

  • Algérie: « Commémoration du coup d’État de 1973 dans la violence », 13 septembre 2013, El Watan

Bilan officiel : 42 policiers ont été blessés et 264 personnes arrêtées lors des violentes manifestations qui ont marqué, dans la nuit de mercredi à jeudi à Santiago, la commémoration du renversement, le 11 septembre 1973, du président socialiste Salvador Allende par le général Augusto Pinochet.

Ce bilan, rendu public hier, ne précise pas le nombre de manifestants blessés durant ces heurts survenus dans la périphérie de la capitale chilienne. Parmi les policiers blessés, six ont été grièvement atteints par balles ou par des jets d’acide, selon le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Andrés Chadwick. Le chef de la police de la région de Santiago, le général Rodolfo Pacheco, figure parmi les blessés et souffre d’un traumatisme cérébral après avoir été touché par un cocktail Molotov.

Le ministre a ajouté que 264 manifestants avaient été arrêtés. Trois autobus et sept minibus ont, d’autre part, été incendiés en plus de cinq voitures particulières, dans ces violences qui avaient commencé en début de journée de mercredi. Afin de limiter les débordements, récurrents à cette date anniversaire, les autorités avaient mis en place un plan spécial comprenant le déploiement de 8000 policiers supplémentaires dans la capitale. Des incidents se sont également produits dans les villes de Valparaíso et Concepción.

  • Belgique: « L’héritage de Pinochet », 11 septembre 2013, La Libre Belgique

Le 11 septembre 1973, il y a 40 ans, Augusto Pinochet, commandant en chef de l’armée chilienne, bombarde le palais présidentiel à Santiago du Chili. Le président socialiste Salvador Allende se suicide, des milliers de personnes sont assassinées ou portées disparues. S’ensuivent dix-sept ans de dictature et de terreur qui ont laissé des traces indélébiles dans la société chilienne.

Si Evelyn Matthei, la candidate de la coalition de droite à l’élection présidentielle du 17 novembre prochain, a répondu « oui » à la question « Souhaitez-vous qu’Augusto Pinochet reste huit ans de plus au pouvoir?« , elle n’est pas la seule. Lors du référendum du 5 octobre 1988, au moins trois ministres de l’actuel gouvernement du président de centre-droit Sebastián Piñera ont voté « oui ». En 1998, alors sénatrice UDI (Union démocrate indépendante, parti fondé par des partisans de Pinochet), Evelyn Matthei avait même appelé à agresser le personnel des ambassades britannique et espagnole après l’arrestation d’Augusto Pinochet à Londres. « Qu’ils n’essaient même pas de sortir dans la rue parce qu’on leur balancera des œufs et des tomates« , hurle-t-elle face aux caméras.

Aujourd’hui, Evelyn Matthei n’affiche plus aussi clairement son attachement au général, perçu comme l’un des meilleurs dirigeants politiques du pays par 9 % des Chiliens contre 30 % en 2002, selon le Cerc (Centre d’études de la réalité contemporaine). Il n’empêche. Jusqu’en 2012, la fille aînée du dictateur, Lucía Pinochet, était une des élues de l’un des arrondissements les plus riches de Santiago (et du pays), Vitacura.

 

Revue de presse #10: l’emprisonnement vu d’ailleurs

Guan

  • Liban: « Un militant anti-Guantanamo nourri de force devant la Maison-Blanche », 7 septembre 2013, L’Orient le Jour

Un Américain, en grève de la faim en solidarité avec les détenus de Guantanamo, s’est livré hier, devant la Maison-Blanche, à la procédure d’alimentation forcée utilisée dans la prison afin de « rendre visible une torture qui a lieu dans l’ombre ».

  • Russie: « Réforme pénale en France: Valls et Taubira à couteaux tirés », 16 aout 2013, Ria Novosti

Un nouveau scandale a éclaté au sein du gouvernement français. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls et la ministre de la Justice Christiane Taubira se sont affrontés publiquement suite aux différends sur la réforme pénale, écrit vendredi 16 août le quotidien Kommersant.

L’opposition exige du président de limoger l’un des ministres. Selon les experts, Valls serait en meilleure posture, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

Le scandale qui a éclaté aujourd’hui a été initié dès juillet. Mois de juillet qui a d’ailleurs été critique pour le gouvernement socialiste. Pour commencer, le président François Hollande et le premier ministre Jean-Marc Ayrault ont mis à pied la ministre de l’Ecologie Delphine Batho. Valls a ensuite décidé de se plaindre de sa collègue Taubira auprès du président. Le ministre de l’Intérieur n’est pas satisfait par la réforme pénale imposée par le ministère de la Justice. N’arrivant pas à persuader la ministre intransigeante, Valls a écrit au président le 25 juillet.

La lettre devait rester personnelle (Valls n’avait pas envoyé la copie à Taubira et elle n’en savait rien), mais en août elle est devenue de notoriété publique. Le Monde a réussi à mettre la main sur ce document et l’a publié. Dans cette lettre, Valls a souligné son profond désaccord avec la réforme de Taubira.

Christiane Taubira fait partie des ministres les plus à gauche du gouvernement de gauche.

  • Algérie: « Il avait plaidé coupable pour échapper à la peine de mort », 5 septembre 2013, El Watan

Ariel Castro a été retrouvé pendu dans sa cellule, mardi soir, selon le service pénitentiaire de l’Ohio cité par la chaîne KTLA de Los Angeles.

Le «tortionnaire de Cleveland», Ariel Castro, qui avait choqué les Etats-Unis pour avoir séquestré, battu et violé, pendant une décennie, trois femmes, s’est «apparemment» suicidé et a été retrouvé, mardi soir, pendu dans sa cellule, selon l’administration pénitentiaire. Ariel Castro, 53 ans, avait été condamné, il y a un peu plus d’un mois, le 1er août, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de 1000   ans de prison. Il était incarcéré dans la prison de la ville d’Orient, dans la banlieue de Columbus. «C’est apparemment un suicide», a déclaré une porte-parole de l’administration pénitentiaire de l’Ohio (Nord), Joelle Smith. Celle-ci n’a en revanche pas donné de détails sur la manière dont le prisonnier, qui était seul dans sa cellule, s’est pendu. Les services pénitentiaires de l’Ohio ont aussitôt ouvert une enquête sur les circonstances de la pendaison de celui qui était surnommé le «tortionnaire de Cleveland». Un nouveau rebondissement dans une affaire qui a profondément bouleversé les Etats-Unis, avec la révélation des sévices sexuels infligés par Castro à ses victimes.

«Monsieur, il n’y a pas de place ni dans cette ville, ni dans ce pays, ni en fait dans ce monde, pour ceux qui réduisent les autres à l’esclavage, pour ceux qui agressent sexuellement et qui brutalisent», avait fustigé le juge. Pour échapper à la peine de mort, l’ancien chauffeur de bus scolaire avait plaidé coupable de 937 chefs d’enlèvements, viols et meurtres aggravés, pour avoir mis fin à la grossesse d’une de ses victimes, en la rouant de coups. «Je ne suis pas un monstre, je suis une personne normale, je suis juste malade», avait plaidé le quinquagénaire d’origine portoricaine. Ses déclarations suivaient le témoignage poignant de Michelle Knight, qui avait raconté en pleurs, devant la cour, «l’enfer» qu’elle avait vécu dans la maison de Cleveland.
  • Iran: « Les élèves bahreinis vont en prison au lieu d’aller à l’école », 6 septembre 2013, Irib
Au seuil de l’ouverture des écoles, nombre d’enfants bahreïnis restent en  prison, a annoncé l’association de l’entente islamique de Bahreïn(Wefaq).

En établissant des contacts avec les organisations juridiques internationales, les opposants au régime des Al-e Khalifa  essaient d’obtenir une inspection onusienne concernant  la situation des droits de l’homme à Bahreïn, notamment, les droits des enfants et ils n’y renonceront pas jusqu’à la réalisation de leurs objectifs, a déclaré le haut membre du Wefaq Madjid Milad à  Al-Alam, cité par Farsnews. En réaction aux restrictions imposées aux libertés publiques et à la violation des droits du peuple, les opposants ont tenu des réunions, car ils sont d’avis que les groupes politiques doivent poursuivre librement leurs activités politiques et sociales,  a ajouté Milad. Lors des précédents pourparlers, les représentants du régime ont proposé des réunions de consultation pour faire avancer ces négociations. Mais la réalité est que le régime lui-même en imposant des restrictions et en violant les droits du peuple fait échouer ces pourparlers, a-t-il précisé.

  • Afrique: « RDC: dans l’enfer de la prison de Kinshasa », 12 octobre 2012, Jeune Afrique

Condamné à mort pour l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, Marc Antoine Vumilia a passé dix ans en détention à la prison centrale de Kinshasa avant de s’évader. Il raconte son calvaire dans un documentaire-réquisitoire, diffusé sur Arte, avec des images prises à l’intérieur de l’établissement pénitenciaire de Makala en caméra cachée.

L’homme, qui a passé près d’une décennie à Makala, la prison centrale de Kinshasa, n’y va pas par quatre chemins : « la prison centrale est organisée comme le pays est organisé. C’est-à-dire sur la base de la corruption, sur la base de l’hypocrisie et sur la base de la violence », affirme-t-il.

Bien plus qu’un simple pamphlet politique, Adieu l’enfer est surtout un témoignage exceptionnel, celui d’un homme qui a pu, à l’aide d’une petite caméra introduite frauduleusement, filmer le quotidien de cette prison de l’intérieur. Il y raconte, face caméra, sa vie dans sa petite cellule aux murs verts où il se réfugie dans l’écriture, et qu’il doit louer au prix fort au « comité d’encadrement », sorte de mafia dirigée par les prisonniers de droits commun, qui règne en maître dans ces murs. Il montre les terribles sévices infligés par les membres de ce « comité » à d’autres détenus, la nourriture infecte qui est servie, ou encore le pavillon des « moribonds », sorte de mouroir où s’entasse, à même le sol, les prisonniers les plus mal en point.

Marc Antoine Vumilia a survécu ainsi pendant dix ans jusqu’au jour de son évasion (elle aussi filmée). Dissimulé derrière une épaisse couche de maquillage et un déguisement de femme, il a réussi à se faire passer pour une visiteuse et sortir, incognito, par la grande porte, avant de passer clandestinement à Brazzaville, de l’autre côté du fleuve.

  • Chine: « Un ancien responsable de la sécurité du travail du Shaanxi condamné à 14 ans de prison », 5 septembre 2013, Xinhua

Un tribunal du nord-ouest de la Chine a condamné jeudi à 14 ans de prison un ancien responsable provincial de la sécurité du travail qui avait été photographié en train de sourire sur le site d’un tragique accident de la route.Yang Dacai, l’ancien directeur de l’Administration de la sécurité du travail du Shaanxi, a été reconnu coupable d’avoir accepté des pots-de-vin et de détenir un nombre important de biens sans pouvoir en expliquer l’origine, indique le verdict du Tribunal populaire intermédiaire de Xi’an.

Le tribunal a saisi les 250.000 yuans de pots-de-vin et plus de 5 millions de yuans de biens dont Yang Dacai ne pouvait justifier l’origine. Il a en outre reçu une amende de 50.000 yuans (8.170 dollars).Yang Dacai n’a pas fait appel de ce verdict rendu en première instance.Lors de l’audience de vendredi, Yang Dacai a été accusé d’avoir accepté 250.000 yuans pour aider une société d’expertise technologique à élever son niveau de qualification pour les évaluations de sécurité.

De plus, il possédait des biens familiaux de 11,77 millions de yuans (1,9 million de dollars) et était accusé de ne pouvoir justifier la provenance de 5 millions de yuans de ces biens.Le parquet a indiqué que les biens familiaux de Yang Dacai dépassaient largement le montant de ses revenus en tant que fonctionnaire. La chute de Yang Dacai a commencé après la publication sur Internet d’une photo le montrant en train de sourire sur le site d’un accident de la route ayant fait 36 morts en août 2012. Son attitude lors de cet événement avait été jugée insensible.D’autres photos sont ensuite parues sur Internet. Sur celles-ci, on peut le voir porter à son poignet des montres de luxe, lui conférant le surnom de « frère montre ». Bien que M. Yang ait expliqué avoir acheté ces montres avec son salaire, les internautes ont jugé impossible qu’un fonctionnaire ait pu se permettre d’acquérir des produits si luxueux.

Revue de presse #9: l’embourbement israélo-palestinien vu d’ailleurs

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  • Liban: « Israéliens et palestiniens en paix le temps d’une danse », L’Orient le Jour

Des soldats israéliens ont été suspendus pour avoir abandonné leur patrouille lundi soir et dansé dans une boîte de nuit palestinienne à Hébron, en Cisjordanie, rapportait mercredi une chaîne de télévision israélienne, vidéo à l’appui.Selon « Channel 2 », les soldats, qui appartiennent à une unité d’élite, ont abandonné leur patrouille après avoir entendu la célèbre chanson « Gangnam Style » du Sud-Coréen Psy, venant d’un l’immeuble abritant une boîte de nuit où des dizaines de Palestiniens faisaient la fête.

 Sur la vidéo, les soldats apparaissent clairement en uniforme, dansant au rythme de la chanson qui a fait de son interprète une superstar internationale avec plus de 1,7 milliard de clics sur YouTube. Sur l’un des plans, un soldat apparaît même porté sur les épaules d’un fêtard palestinien, tout en tenant la main d’un autre jeune Palestinien.

 L’armée israélienne a qualifié l’affaire d’incident « extrêmement grave » et a ouvert une enquête, toujours selon « Channel 2 ». L’armée accuse les soldats de s’être mis en danger de manière totalement inutile.Pour ne pas arranger le dossier des militaires, la chaîne de télévision israélienne affirme que la boîte de nuit est « fréquentée par un groupe de Palestiniens connus pour leur tendances pro-Hamas ».

  • Russie: « Palestine-Israël, le troisième round des négociations annulé »

Les autorités palestiniennes ont annulé un nouveau round de négociations de paix avec Israël prévu lundi suite à la mort de trois Palestiniens dans des heurts avec des soldats israéliens, annonce le  site israélien Ynet, se référant à des sources palestiniennes. »Les sources ont précisé que la rencontre avait été annulée suite à un incident survenu dans le camp de Qalandiya, dans la banlieue de Ramallah, où trois Palestiniens ont été tués », lit-on sur le site.

Des affrontements ont éclaté lundi matin entre des habitants locaux et des militaires israéliens menant une opération pour arrêter un terroriste présumé dans une banlieue de Ramallah, capitale de Cisjordanie. Les soldats israéliens ont tué trois Palestiniens et blessé une quinzaine de personnes durant ces heurts.

Israéliens et Palestiniens ont repris les négociations de paix directes après d’intenses efforts du secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui a réuni les deux parties pour une première rencontre à Washington le 30 juillet. Ils se sont ensuite revus à deux reprises courant août à Jérusalem. Le prochain round était prévu à Jéricho.

  • Chine: « Israël va expulser des demandeurs d’asile africains vers l’Ouganda », Xinhua

Israël va expulser des milliers de demandeurs d’asile africains vers l’Ouganda conformément à un accord que les deux pays viennent de signer.Aux termes de l’accord, l’Etat hébreu va payer l’Ouganda et lui fournira des équipements et des technologies agricoles.

Israël a cherché depuis des mois des pays voulant accueillir les demandeurs d’asile africains expulsés. Mercredi dernier, le ministre israélien de l’Intérieur Gideon Sa’ar avait informé un comité parlementaire de la conclusion d’un accord en la matière avec un pays dont le nom n’avait pas révélé.

L’expulsion des demandeurs d’asile pourrait commencer en octobre ou en novembre.Selon M. Sa’ar, l’accord serait appliqué par étapes. Environ 2. 000 à 3.000 ressortissants érythréens et soudanais seront transférés en Ouganda avant la fin de l’année.Quelque 55.000 Africains se trouvent actuellement en Israël, selon l’Autorité de l’immigration et de la population d’Israël. Plus de 90% d’entre eux sont Erythréens et Soudanais.L’année dernière, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Eli Yishai, a signé plusieurs décrets qui consistaient à rapatrier ou incarcérer les migrants africains.

  • Algérie: « risque de retour à la case départ », El Watan

Des forces de l’armée d’occupation israéliennes n’ont pas hésité à tuer de sang-froid trois Palestiniens et blesser une vingtaine d’autres, hier dans la matinée, dans le camp de réfugiés palestiniens de Qalandiya, près de la ville sainte d’El Qods.

La nouvelle tuerie israélienne a eu lieu lorsque des habitants du camp de Qalandiya ont essayé d’empêcher l’arrestation d’un jeune homme résidant dans le camp. Des heurts ont alors éclaté entre des jeunes de Qalandiya et les forces israéliennes qui ont répondu aux jets de pierres par des tirs de balles réelles et de balles en caoutchouc.

La majorité des victimes avaient reçu des balles au niveau de la partie supérieure de leur corps et certains ont été atteints par des balles explosives «dom dom», ont affirmé des sources médicales palestiniennes. Nullement gêné lorsqu’il s’agit de mentir, une porte-parole de la police israélienne a prétendu que les soldats ont utilisé des moyens antiémeute. «Tôt ce matin, une unité des gardes frontières a mené une opération dans la camp de Qalandiya pour arrêter un terroriste» et aussitôt après son arrestation, quelque 1500 habitants du camp s’en sont pris aux soldats en leur jetant des pierres et des cocktails Molotov et l’armée a riposté par des moyens antiémeute, a déclaré la porte-parole Louba Samri. Ce nouvel incident sanglant injustifié a été vivement dénoncé par la présidence palestinienne qui l’a rangé dans le cadre de la politique israélienne visant à faire exploser le processus de paix.

«Les massacres israéliens répétés et la poursuite des annonces d’appels d’offres pour la construction coloniale sont un message clair indiquant les véritables intentions israéliennes envers le processus de paix», a affirmé Nabil Abou Roudeina, porte- parole de la Présidence, qui a appelé la direction américaine à intervenir pour empêcher la démolition par Israël des efforts américains et internationaux au Proche- Orient.

  • Afrique: « inciter les citoyens arabes à servir Tsahal, le casse-tête d’Israël », Jeune Afrique

Comment intégrer la communauté arabe dans les institutions civiles et militaires de l’État juif, malgré les réticences de la classe politique arabe israélienne, sans avoir l’air de passer en force ? Tel est le casse-tête du Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Le 5 août 2013, le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanhayou, a rencontré le père Gabriel Nadaf. Anecdotique ? Pas vraiment. Ce prêtre grec-orthodoxe de Nazareth est l’un des rares religieux chrétiens de Palestine à se positionner en faveur du recrutement de ses coreligionnaires arabes par Tsahal, l’armée israélienne. L’État d’Israël « mérite que nous jouions notre rôle en le défendant », affirme-t-il, cité par le ministère des Affaires étrangères.

Des positions qui, selon la presse israélienne, lui vaudrait des menaces de la part de responsables politiques arabes israéliens. De son côté, Benjamin Netanyahou a renchéri en affirmant que « les jeunes chrétiens doivent avoir la permission de rejoindre Tsahal », tout en martelant : « nous ne tolérerons pas que l’on vous adresse des menaces et nous allons faire en sorte que l’on applique sévèrement la loi contre ceux qui vous persécutent ». Le Premier ministre israélien en a profité pour annoncer la création prochaine d’un forum pour la promotion de l’enrôlement au sein de l’armée et la participation de la communauté arabe chrétienne à « la vie de l’État ».

Depuis de nombreuses années, l’intégration des arabes, chrétiens ou musulmans, dans l’armée israélienne est un vrai cheval de bataille pour les autorités israéliennes. À l’été 2012, le gouvernement évoquait notamment un projet de conscription universelle, alors que la loi dite Tal, qui exemptait automatiquement tout jeune Juif ultraorthodoxe, prenait fin le 1er août 2012.Débats houleux à la Knesset, protestation de l’opposition, manifestations… Un an plus tard, les Arabes, qui représentent environ 20% de la population, bénéficient toujours d’un statut exceptionnel et seuls quelques volontaires rejoignent les rangs de Tsahal pour leur service militaire.

Revue de presse #8: la tragédie syrienne vue d’ailleurs

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  • Algérie: « Washington examine les options d’une intervention en Syrie », El Watan

Les Américains seraient-ils tentés d’intervenir militairement en Syrie ? C’est en tout cas un des périlleux scénarios mis sur le tableau de guerre du président Barack Obama. Le président américain, qui a convoqué, hier, une réunion du Conseil de la sécurité nationale à la Maison-Blanche, a examiné d’éventuelles options militaires contre la Syrie, si les accusations d’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar Al Assad étaient avérées. Après une première réunion jeudi dernier à la Maison-Blanche, le président Obama a de nouveau convoqué «son équipe de sécurité nationale ce matin (samedi) pour discuter des allégations d’attaque aux armes chimiques par le gouvernement syrien en Syrie, plus tôt cette semaine», a indiqué un responsable de la Maison-Blanche cité par le Washington Post.

Barack Obama avait ordonné à ses services de renseignement de «regrouper faits et preuves afin de déterminer ce qui s’est passé en Syrie dans la journée de mercredi» où pas moins de 1300 personnes ont été tuées dans un massacre imputé au régime de Damas. «Une fois que nous aurons vérifié tous les faits, le Président prendra une décision avisée sur la manière d’y répondre», a indiqué le responsable américain, rapporte Washington Post. D’après lui, Barack Obama dispose «d’une palette d’options sur la table. Nous allons agir de façon réfléchie afin de prendre des décisions en accord avec nos intérêts nationaux ainsi qu’avec notre évaluation de ce qui peut faire avancer nos objectifs en Syrie», a-t-il ajouté.

  • Russie: « Syrie/attaques chimiques: Moscou soupçonne une provocation », Ria Novosti

Moscou estime que les informations faisant état de la récente utilisation d’armes chimiques en Syrie pourraient constituer une action préméditée et revêtir un caractère provocateur, a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch. « On voit apparaître de plus en plus de témoignages attestant que cet acte criminel revêt les traits d’une provocation », lit-on dans la déclaration.

« Selon des messages circulant sur Internet, des documents consacrés à cet incident et rejetant la responsabilité sur les troupes gouvernementales ont été mis en ligne quelques heures avant l’attaque présumée », a poursuivi M. Loukachevitch. »Il s’agit donc d’une action projetée à l’avance », a constaté le diplomate.

Il a vivement critiqué les appels à faire pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU pour le contraindre à décider d’un recours à la force contre la Syrie. »Nous jugeons inadmissibles les appels émanant de certaines capitales européennes à exercer une pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU pour l’amener à adopter dès maintenant la décision d’employer la force armée », a conclu le porte-parole de la diplomatie russe.

  • Chine: « La Chine s’oppose fermement à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie », Xinhua

La Chine a déclaré vendredi qu’elle était résolument opposée à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. »La position chinoise est claire. Peu importe quelle partie a recours à des armes chimiques, la Chine s’y oppose résolument », a souligné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei, invité à commenter la probable utilisation d’armes chimiques par les forces militaires syriennes près de Damas et la position de la Chine concernant l’ouverture d’une enquête de l’ONU.

Hong Lei a fait savoir que la Chine soutenait la décision du secrétariat de l’ONU de mener une enquête indépendante, objective, impartiale et professionnelle sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques conformément aux résolutions relatives des Nations unies.L’équipe de l’ONU chargée d’enquêter sur l’utilisation des armes chimiques est arrivée en Syrie et la Chine espère qu’elle mènera d’étroites consultations avec le gouvernement syrien afin d’assurer le bon déroulement de l’enquête, a indiqué le porte-parole, notant que les parties devaient éviter de tirer des conclusions avant que l’enquête ne soit achevée.

« La situation actuelle montre une nouvelle fois l’importance et l’urgence d’une solution politique à la crise syrienne. La Chine appelle toutes les parties concernées à unir leurs efforts pour organiser la conférence de Genève II sur la Syrie le plus rapidement possible et lancer un processus politique inclusif de transition », a-t-il déclaré.

  • Liban: « Le chiffre insensé: un million d’enfants réfugiés… », L’Orient Le Jour

Le nombre d’enfants contraints à fuir la Syrie a franchi hier le cap du million, soit la moitié du nombre total de réfugiés syriens chassés de leur pays par la guerre civile, déclarent l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) et le HCR (Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés). En effet, sur les deux millions de réfugiés syriens recensés par le HCR, un million ont moins de 18 ans, dont 740 000 ont moins de 11 ans. Deux millions d’autres jeunes Syriens restés dans le pays n’ont plus de toit et sont souvent attaqués ou recrutés comme combattants en violation des lois humanitaires, soulignent encore les deux agences des Nations unies, accusant la communauté internationale de n’être pas parvenue à protéger toute une génération .

En attendant, un nouveau bateau transportant 140 migrants qui ont déclaré venir de Syrie et d’Égypte est arrivé hier en Sicile, ont indiqué les gardes-côtes et les médias italiens. Dans ce groupe d’immigrés clandestins se trouvaient 29 femmes et 31 mineurs. L’embarcation en bois en mauvais état, d’une quinzaine de mètres de long, a été interceptée par une vedette des garde-côtes au large de Syracuse.

  • Afrique: « Syrie: le grand malaise maghrébin », Jeune Afrique

De l’Orient à l’Occident, le cauchemar syrien, monstrueux avatar d’un rêve de liberté, déchire les consciences et déchaîne les passions. La fragile unanimité des sociétés arabes, révélée par la magie des révolutions de 2011, est en train de voler en éclats sur la dernière d’entre elles. En Afrique du Nord, la question confronte les anciens régimes toujours en place (Soudan, Algérie et Mauritanie) aux gouvernements issus des révolutions (Égypte, Tunisie, Libye), dresse les défenseurs de la laïcité contre les partisans de l’islam politique, divise les gauches et radicalise les engagements, les uns dénonçant un fantasmatique complot impérialiste pendant que d’autres prennent les armes pour aller défendre la foi en danger…

La Ligue arabe, hier club atone pour autocrates vermoulus, s’est soudain muée en terrain de lutte entre anciens et modernes. « Arrêtez de défendre la Syrie, parce que votre tour viendra », lançait, menaçant, le Premier ministre qatari, Hamad Ibn Jassem, au représentant de l’Algérie, qui refuse de reconnaître l’opposition syrienne comme représentante légitime du peuple. Mais comment l’immuable État-FLN pourrait-il soutenir une révolution sans se condamner lui-même ? Pour Alger, le Damas des Assad reste le phare de la résistance arabe au sionisme et à l’impérialisme occidental, et le dernier bastion séculier du Moyen-Orient contre la contagion islamiste.

« Complot ! » a répliqué l’Algérien au parrain qatari du Printemps arabe. Car beaucoup, au Maghreb, ne voient plus dans la crise syrienne une révolution nationale, mais une guerre sale pour les autres, où Turcs, Iraniens, Saoudiens, Américains, Russes se disputeraient à l’arme lourde le contrôle du Moyen-Orient. Victime d’un « axe wahhabo-takfiro-occidentalo-sioniste » pour les gauches panarabes anti-impérialistes, Assad est pour leurs adversaires islamistes le chien de garde de l’alliance chiite qui s’étend de Téhéran aux fiefs libanais du Hezbollah. Du Caire à Nouakchott, les adversaires les plus farouches de l’islam politique ont fini par faire leur le combat d’Assad contre une insurrection aux teintes jihadistes de plus en plus prononcées.

  • États-Unis: « Les prisons syriennes, un mélange explosif de chaos et de contrôle », The New-York Times

Ahmed Hamadeh a passé un an dans une prison de la banlieue de Damas. Un jour, les gardes l’ont enchaîné avec ses codétenus, les faisant défiler à un poste de contrôle militaire périphérique, leur ordonnant de creuser des tranchées pour les soldats.  Pour Ahmed Hamadeh,  le gouvernement aurait «perdu la tête», du fait de l’exercice d’une violence arbitraire.

Il précise que des groupes de cinq prisonniers sont restés enchaînés, même pour dormir  et satisfaire leurs besoins. Les plus épuisés ont été fusillés. M. Hamadeh, qui avait été ramassé à un point de contrôle pour les grandes manifestations antigouvernementales, affirme qu’il a été obligé de ramasser des corps sans vie.

Affaibli par un régime de coquilles d’œufs, d’écorces de melon d’eau et deux maigres morceaux de pain quotidien, il a attendu pendant 12 jours avant qu’un gardien l’avertisse qu’il serait le prochain sur la liste. Le lendemain, en pleine nuit de Ramadan, lorsque les prières sont soupçonnés avoir une force spéciale, M. Hamadeh et ses quatre codétenus utilisent pelles et  roches pour briser leurs chaînes avant de s’enfuir. Quelques jours plus tard, il se retrouvent de nouveau dans des manifestations et considèrent leur évasion comme « un miracle. »

revue de presse #8: Le chaos égyptien vu d’ailleurs

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  • Liban: « Égypte, vers une dissolution des Frères Musulmans? », L’Orient Le Jour

Le Premier ministre de transition égyptien, Hazem Beblawi, a proposé de dissoudre la confrérie des Frères musulmans, a déclaré samedi un porte-parole du gouvernement cité par l’agence Reuters.

M. Beblawi a soumis cette proposition au ministre des Affaires sociales, dont relève l’encadrement des activités des organisations non-gouvernementales, a précisé Chérif Chaouki. « Elle est actuellement à l’étude », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a d’ailleurs assuré qu’il n’y aurait « pas de réconciliation avec ceux qui ont du sang sur les mains et ont violé la loi », alors que les autorités multiplient les accusations de « terrorisme » à l’encontre des Frères musulmans, la confrérie du président déchu Mohamed Morsi.

Parallèlement, les autorités égyptiennes ont assuré que les islamistes n’ayant pas commis de violences pourraient participer à la transition dans le pays. « Quiconque, issu ou non des Frères musulmans, voulant rejoindre la marche pacifique des Égyptiens vers le futur est le bienvenu », a déclaré Moustapha Higazy, conseiller du président par intérim Adly Mansour.

  • Russie: « Égypte: un photographe de Ria Novosti agressé au Caire », Ria Novosti

Un correspondant photo de l’agence RIA Novosti s’est fait agresser samedi soir par des opposants du président égyptien déchu Mohamed Morsi près de la mosquée Al-Fath, au Caire, où il était en mission.

« J’étais en train de prendre des photos près de la mosquée Al-Fath où étaient bloqués des partisans des Frères musulmans. Des opposants des islamistes (des anti-Morsi), des soldats et des policiers étaient rassemblés devant la mosquée. Du coup, des anti-Morsi se sont jetés sur moi pour me faire passer au tabac », raconte le photographe Andreï Stenine.

Les soldats de la garde nationale sont venus en aide. Ils ont évacué le correspondant à bord d’un véhicule blindé, pour l’emmener à une base militaire.A l’heure actuelle, M.Stenine est dans sa chambre d’hôtel et se porte bien.

Les alentours de la mosquée Al-Fath ont été vendredi le théâtre des affrontements sanglants opposant l’armée aux partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi. Les tensions sont montées lorsque les islamistes ont tenté d’organiser la marche du million. D’après le bilan officiel, les troubles du 16 août ont coûté la vie à 173 personnes à travers le pays. Un millier d’islamistes ont été arrêtés.

  • Algérie: « L’avenir incertain ou le pire scénario », El Watan

«L’armée est en train de nous débarrasser de la confrérie des Frères musulmans et si elle échoue, nous le ferons.» Ces mots sont d’un jeune Egyptien d’une vingtaine d’années, qui se tenait à quelques mètres des forces de police à la place Ramsès au moment de son évacuation ; il résume en une phrase le chaos qui règne en Egypte. A l’heure actuelle, la police a évacué la mosquée Al Fath où s’étaient retranchés des pro-Morsi. De nombreux échanges de tirs ont eu lieu entre la police égyptienne et des membres des Frères musulmans. La place était saturée de gaz lacrymogènes. Les sortants ont été roués de coups par la foule qui attendait en face de la mosquée et apportait son soutien aux forces de l’ordre dans ce qu’ils appellent «la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme».Si la rage populaire est à son maximum à l’encontre des manifestants, elle n’est pas des moindres envers les journalistes. Couvrir l’actualité en Egypte est devenu pratiquement une impasse entre arrestations, confiscations de matériel et intimidations. Patrick Kingsley, correspondant du Guardian en Egypte, a été arrêté hier matin et emmené au poste de police d’Al Azbekaya.

Il explique, sur son compte Twitter, avoir reçu l’ordre de rentrer dans son pays.  Joint par téléphone par El Watan, Mahmoud El Sobky, traducteur cairote ayant travaillé avec plusieurs chaînes de télévision étrangères, confie : «J’ai essayé, en début d’après-midi, d’avancer vers la mosquée quand un groupe est venu vers moi en me criant ‘bande de menteurs, vous, les médias occidentaux, racontez des mensonges’. Tout d’un coup, ils m’ont poussé vers les forces de l’ordre. Ils ont tenté de confisquer ma caméra et mon ordinateur portable, je me suis défendu du mieux que je pouvais avant d’être secouru par des habitants du quartier qui m’ont demandé de quitter les lieux.» Les autorités égyptiennes ont clairement accusé les journalistes d’avoir un parti pris dans la couverture des événements et qu’ils ont contribué à la victimisation de la confrérie des Frères musulmans et la diabolisation de l’armée. «Pourquoi ils ne couvrent pas les événements et les attaques contre les églises coptes ?» s’insurge un policier, qui ajoute : «Pourquoi ils ne parlent pas des victimes policiers ou militaires ? Ces médias ont des agendas, ils sont payés pour salir notre image !»  Il est désormais difficile de circuler en tant journaliste, étranger ou encore barbu. Les histoires d’intimidation sont multiples et se ressemblent.  «Les médias ont complètement mis de côté les horreurs commises par la confrérie et surtout ignoré la volonté du peuple égyptien de mettre fin à ce régime fasciste», a déclaré la Présidence lors d’une conférence de presse hier au Caire.

  • Chine: « L’Égypte examinera toutes ses aides étrangères face aux critiques internationales », Xinhua

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmy, a annoncé dimanche qu’il a demandé un compte rendu objectif et responsable toute l’aide étrangère dont le pays a bénéficié. M. Fahmy a exprimé ces propos lors d’une conférence de presse télévisée tenue au moment où surgissent certaines critiques et pressions internationales sur l’évolution de la situation en Egypte.

« Je ne pense pas que l’aide étrangère soit une ingérence dans les affaires intérieures », a affirmé M. Fahmy, ajoutant que l’Egypte était reconnaissante pour toute aide et coopération internationales.Néanmoins, le chef de la diplomatie égyptienne a annoncé qu’il avait ordonné au ministère des Affaires étrangères de passer en revue l’aide fournie à l’Egypte afin de déterminer « si elle est utile, ou si elle constitue un moyen de pression ».

« Les efforts internationaux sont les bienvenus, mais la sécurité nationale relève des affaires intérieures », a-t-il souligné, avant de réaffirmer que l’Egypte restait ouverte à la communauté internationale tout en s’oppose à toute polarisation à des fins politiques. En outre, le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a appelé tous les organes de presse à être neutres, professionnels et à offrir une couverture équilibrée dans les reportages sur les incidents en Egypte.

  • Afrique: « Égypte: petits arrangements avec la révolution », Jeune Afrique

S´il est une qualité dont les nouvelles autorités égyptiennes ne semblent pas dépourvues pour le moment, c´est l´efficacité. Il faut dire qu´elles n´ont guère le choix. Moins de deux semaines après la destitution du président Mohamed Morsi, le 3 juillet, le pays s´est doté d´un président par intérim désigné par l´armée, Adly Mansour, d´une déclaration constitutionnelle détaillant les étapes de la transition à venir, et d´un gouvernement de technocrates qui a prêté serment le 16 juillet. Quatre jours plus tard, lors de son premier entretien à la télévision publique, le Premier ministre, Hazem al-Beblawi, ne manquait pas de souligner : « Ce gouvernement a la plus dangereuse des missions, il doit conduire le pays d´un ancien à un nouveau régime. »

Certains n´ont toutefois pas manqué de faire remarquer que plusieurs personnalités, parmi ses 33 ministres, étaient liées au régime de Hosni Moubarak, notamment la ministre de l´Information, Dorreya Sharaf Eddine, qui faisait partie du bureau politique du Parti national démocratique (dissous en avril 2011) du dictateur déchu, ou encore le ministre des Finances, Ahmed Galal, proche de Gamal Moubarak, l´un des fils de l´ancien président. Le parti salafiste Al-Nour estime quant à lui que le nouveau gouvernement réitère les erreurs commises par Mohamed Morsi et ses Frères, en ce qu´il est « totalement biaisé » au profit d´une seule formation politique : le Front du salut national (FSN). Principale coalition des partis libéraux et de gauche, le FSN est dirigé par des chefs de file de l´opposition, tel que l´ancien chef de l´Agence internationale de l´énergie atomique Mohamed el-Baradei.